jeudi 3 novembre 2011

Osborn - Evil Incarcerated

Ce comics n'a rien d'exceptionnel. Pourtant, je suis particulièrement bien rentré dedans. La plupart de ceux qui liront cette histoire l'apprécieront, mais sans plus. Moi, j'ai vraiment accroché, sans que je sois bien sûr de pouvoir expliquer pourquoi. Je vais essayer de le faire quand même.

Osborn est une mini série de 5 épisodes. Elle fait directement suite aux évènements de Siege. Après avoir dirigé les Thunderbolts puis le H.A.M.M.E.R., Norman Osborn est allé trop loin et se retrouve en prison. Mais pour le gouvernement Américain, l'ex Bouffon Vert est un prisonnier bien embarrassant. Comment le juger ? L'inculper, d'accord, mais de quoi ? Pourrait-il plaider la folie ? (D'ailleurs, Norman était sous l'influence de Loki au moment de Siege). De plus, la dimension politique n'est pas à négliger. Osborn garde un nombre impressionnant d'adeptes partageant sa sinistre (mais réaliste) vision du monde.

Quelques sénateurs vont se réunir en comité secret et trouver la solution miracle : envoyer Osborn dans une prison secrète, une sorte de Guantánamo pour Super Vilains où il ne gênera plus personne. Bien entendu, cette idée ne plait pas du tout à notre cher Norman qui va devoir utiliser tous ses talents de manipulateurs pour retourner sous le feu des projecteurs.

Les dessins sont d'Emma Rios. Ils ne frappent pas par leur qualité, mais l'ambiance est travaillée et les visages sont expressifs. Kelly Sue DeConnick est au scénario. Et il faut dire que celle-ci va mettre un point d'honneur à bien travailler ses personnages, mêmes secondaires. D'ailleurs chaque chapitre commence par un petit monologue d'un des protagonistes. L'intérêt de cette histoire ne se situera pas dans les rares scènes d'actions, mais dans les manipulations que s'exercent les personnages les uns sur les autres.

En ce sens, les dialogues sont très bons car ils arrivent à parfaitement faire ressortir la psychologie des personnages. J'avoue qu'après avoir finie cette mini série, j'ai eu l'impression de mieux connaitre Osborn, ce qui l'anime, ce qui le motive. Pour lui, l'oubli et la perte de dignité sont des châtiments pires que la mort. Bien que grand opportuniste et mégalomane, le bonhomme a des principes, des convictions, bien que son code moral soit très éloigné du notre. Bref, DeConnnick dresse ici le portrait d'un très bon méchant.

D'ailleurs, l'histoire donne une très grande place à Norah Winters (vu dans Spider-Man). Entre les coups de couteaux dans le dos de politiciens et les ripostes d'Osborn, la pauvre journaliste va comprendre à ses dépends qu'elle ne pèse pas grand chose. La morale de l'histoire est au final assez sinique. Nous vivons dans un monde sans pitié où le moindre signe d'humanité est une faiblesse que nos ennemis s'empresseront d'exploiter.

Le récit m'a beaucoup plus donc. Pas pour ses scènes d'actions assez rares. Pas pour son rythme assez lent. Mais plus pour son intrigue par son jeu de chat et de la souris et surtout pour le sens des dialogues et la psychologie travaillée qu'a eu l'auteur à l'égard de ses personnages.