dimanche 26 décembre 2010

Sous le sapin

Le papa noël et passé. Comme j'ai été très sage cette année et que je suis très sérieux, voyons ce qu'il a eu la gentillesse de m'apporter en comics et autres.

Hellblazer : Vertigo Resurected

Le label vertigo publie quelques ouvrages qu'il n'avait pas eu l'envie (ou le courage) de publier pleinement à l'époque.
Dans le Vertigo Resurected #1 on a notamment l'histoire "Shoot" de Warren Ellis qui était intervenu au moment de la tuerie de Columbine. Ellis l'avait écrite avant, mais le drame s'était produit juste avant sa diffusion. Le refus de Vertigo de la publier avait entrainé le départ prématuré de l'auteur sur la série. L'erreur est maintenant réparée. A la lecture de cet épisode on comprend que la raison de la censure ne venait pas du thème en lui même ou de la violence graphique (sur un sujet aussi sensible, l'auteur avait fait preuve de retenue). Ce qui aurait dérangé était l'explication donné par Ellis qui lui cherché à comprendre la cause de ce phénomène. Comment la perte de repère chez les jeunes les conduisait à de tels actes qui nous paraissent insensés.
C'était en effet une explication qui dérange, qui pousse à nous remettre nous même en cause, plutôt que de porter la faute sur les jeux vidéos/films/comics ou autres.

Le Vertigo Resurected #2, lui reprend quatre épisodes d'Hellblazer publiés en single, mais non repris en TPB. Il s'agit de deux arcs, le premier de Garth Ennis et Steve Dillon avec au menu du jour des mutilations de cadavres en tout genre. C'est plus le genre d'épisode où l'on reconnait plus la touche toute particulière de Dillon lorsqu'il s'agit de faire dans le gore.
Le second est de Jason Aaron et Si Spencer. Je sais, je sais, Aaron est Américain, ce qui est contraire à la tradition qui veut que Hellblazer soit écrit par un Anglais. Mais pour deux petits épisodes, on peut faire une exception, surtout quand les épisodes en question sont bons. Une équipe de tournage vient faire un reportage sur le groupe Mucus Membrane dont John faisait partie. Mais ils vont s'aventurer dans un lieu qu'ils n'auraient pas dû explorer...


Iron Man : Extremis

Je connaissais déjà l'histoire. Mais cette fois, j'ai eu droit au hardcover en VO. L'histoire est particulièrement intéressante à plusieurs égards. D'une part Warren Ellis fait évoluer le personnage à travers son armure (quand la personnalité de Stark change, l'armure change aussi) ce qui aura des conséquences notables pour la continuité de la série. Mais aussi, l'auteur sait parfaitement sur quels boutons appuyer pour exploiter les failles et contradictions de son héros. Il créé une brêche et rentre dedans pour bien l'exploiter.
Le méchant ne semble pas si intéressant que ça au premier abord, mais il se montrera particulièrement retors pour Tony Stark, par de par sa force mais aussi de par tout ce qu'il représente.
Bref, un très bon récit avec une très grande intelligence dans l'écriture comme Warren Ellis le fait si bien.


The Punisher Max : Naked Kill

Il ne s'agit pas d'une mais quatre petites histoires sur le Punisher de l'univers Max. Notons que Frank n'est pas toujours le personnage principal de ces petites "aventures". L'histoire se place par exemple sous le point de vue d'une mystérieuse tueuse à gage ou d'un des rares rescapés d'une tuerie du Punisher. Ensuite on aura droit à des histoires plus classiques, par exemple une dans laquelle Frank va s'introduire dans un studio ultra sécurisé de films "snuffs". Ma préférence va à GET CASTLE dans laquelle le Punisher va "prendre des vacances" chez nos amis britanniques. Enfin, pour Castle, prendre des vacances, cela veut dire éliminer un commando corrompu pour venger le fils de son ami Yorkie en faisant le plus de dégâts possibles.
Quatre petites histoires au final pas indispensables mais néanmoins fort sympathiques.


Inception

Je sais c'est pas un comics. Mais c'est mon tout premier blu-ray. J'en parle car même si ce n'est pas le plus grand chef d'œuvre du monde, cela reste néanmoins un sacré bon film. Cela m'énerve d'entendre des gens se plaindre en disant des trucs du genre "oui mais Matrix c'est mieux". Mais qu'est ce qu'il vous faut ??? On a un sacré bon film avec un concept original, une grande inventivité dans la mise en scène, de bonnes scènes d'actions, un suspense qui tient en haleine tout le film et qui s'offre même le luxe d'apporter une réflexion philosophique fort intéressante sur le thème développé ici. Que certains soient déçus car on leur avait promis le film du siècle, à la rigueur je peux le comprendre, mais se plaindre "car c'est pareil que matrix en moins bien", grrrrrrrr.


Droit Pénal, Procédure Pénale
De Thierry Garé et Catherine Ginestet

Cet ouvrage a été écris par deux professeurs de droit Toulousains. Il couvre le programme de deuxième et quatrième année de droit, mais surtout, il est assez pratique pour les étudiants préparant le CRFPA (moi) qui ont besoin de revoir certaines bases avant de pouvoir approfondir leurs connaissances. Il ratisse large traitant des conflits de lois dans le temps ou dans l'espace jusqu'au rôle du parquet depuis l'arrêt Medvedyev. Attention, il ne couvre ni le droit pénal spécial, ni le droit pénal des affaires, ce qui peut poser problème lors de certaines épreuves. Il est... euh, comment ça je m'éloigne du sujet de ce blog ? Bon, ok, ok, j'arrête.

samedi 11 décembre 2010

Ultimate Avengers : le Punisher de Millar

J'ai toujours autant de mal à cerner Marc Millar. D'un côté il a ce petit côté irrévérencieux anti-conformiste, mais de l'autre il donne toujours à son lectorat ce qu'on attend de lui en nous servant action et hémoglobine comme s'il remplissait un cahier des charges. Millar, c'est du trash qui fait vendre.

Mais en même temps, le mec apporte toujours un petit plus à ses histoires, même si ce n'est pas immédiatement perceptible.

Prenons par exemple son dernier arc complet d'Ultimate Avengers qui met en scène le Punisher recruté par Nick Fury pour faire équipe avec Hawkeye pour arrêter the Ghost Rider.

Tout ça forme un joyeux bordel. Ça part dans tous les sens et on se dit que l'histoire est finalement pas terrible. Mais à les relire tous d'un coup à la suite, on s'aperçoit de quelques petits détails entre les personnages qui ne sautaient pas tout de suite aux yeux au premier abords.

Car quand je l'ai lu pour la première fois je me suis dis "bof". Mais après une deuxième lecture en les enchainant à la suite j'apprécie beaucoup plus cet arc.

Millar va en fait nous donner sa version du Punisher. Ce n'est pas la même que celle de Garth Ennis, ni celle de l'univers 616. Ce Punisher a donc un côté un petit peu plus mystique que les autres versions. En fait sa version est à mi chemin entre Hawkeye et le Ghost Rider. L'auteur va se servir de cette histoire pour montrer ce que Castle a de commun avec eux.

Hawkeye voit en Frank ce qu'il était auparavant. Un ancien rebelle, maintenant à la botte de Nick Fury. Castle voit parfaitement ce que le SHIELD a fait de Hawkeye, un être soumis, et il ne veut surtout pas devenir comme lui.

Et de l'autre côté, il y a le Ghost Rider. Un homme qui a vendu son âme pour venger ses proches. Mais qui, en vendant son reste d'humanité a acquis la force nécessaire pour accomplir sa mission. Frank Castle prend le même chemin bien qu'il ne s'en rend pas forcément compte.

Bref, tous ces trois personnages sont damnés d'une manière ou d'une autre. Ils ont vendus leur âme, que ce soit au diable, à Nick Fury ou autre. Tous sont des pantins. Même le Punisher, dont Millar a eu la bonne idée, à la toute fin, de nous laisser planer un certain doute sur sa supposée indépendance.

Bon, je vais pas dire non plus que ce deuxième arc post Ultimatum des Avengers est une réussite. Mais ce que j'essaye de dire c'est que même lorsque l'histoire ne semble pas sortir des sentiers battus, Millar essaye toujours d'apporter un petit plus, un second degré de lecture qui donne une âme à son histoire.

mercredi 8 décembre 2010

Superman : Earth One

Avant que je m’absente, on avait parlé du nouvel arc de Superman écrit par J. Michael Straczynski. Il se trouve que ce dernier était assez controversé puisque nous avions ici un super héros reniant ses pouvoirs afin de rester plus proche « des petites gens ». S’il faut malheureusement bien avouer qu’il ne se passe pas grand-chose pour le moment dans cet arc, j’avais quand même tenté de le défendre en soulignant qu’un superman mou mais proche des gens cela vaudra toujours mieux qu’une bataille inter-dimensionnelle ou personne ne comprend rien et dont tout le monde se tape (d’ailleurs, si quelqu’un pourrait me donner des explications de Final Crisis, je lui en serais reconnaissant car j’ai toujours rien compris).

Mais faut-il vraiment avoir à choisir ? Apparemment pas puisque JMS va avec Earth One nous sortir une version musclée de Superman sans jamais non plus négliger l’aspect humain du personnage. On pourrait voir dans ce Earth One, une tentative de faire une version « Ultimate » de Superman. On reprend tout à zéro pour pouvoir se revenir quelque peu sur les origines du personnage.

Clark Kent quitte Smallville pour la grande Metropolis. Il y va sans réel projet en tête. Sans ambition, toujours à se demander de ce qu’il va faire de sa vie. Notre Clark ne raisonne pas comme un Peter Parker. Après tout, ce n’est pas parce qu’on a des super pouvoirs que l’on doit forcément les utiliser à combattre le crime. Il pourrait faire ce qu’il veut dans la vie, mais au final, a-t-il vraiment le choix ?

Et c’est là que ce situe le dilemme du personnage. Si au final, il voudrait être Clark Kent, et avoir un bon boulot, subvenir aux besoins de sa mère et mener une vie à peu près normale, il sait qu’au fond de lui-même il sera toujours différent. Il est Superman qu’il le veuille ou non, Clark est juste le masque qu’il sera obligé de porter pour le restant de sa vie.

Le talent de JMS n’est plus à démontrer. Car tout en mettant en place une histoire musclée dans laquelle la planète connait une menace sans précédent, l’auteur va donner une âme à Superman. Chose qui faisait cruellement défaut à la série. Il nous prouve au passage que l’on peut faire une histoire riche en action sans négliger ses personnages.

Au final, l’auteur va dépoussiérer le mythe de Superman, en lui donnant des traits beaucoup plus humains. Il apporte ce qu’il manquait au héros sans le dénaturer. Je sais qu’il y a eu une polémique là-dessus dans certains médias Outre-Atlantique qui ne supportait pas que l’on touche à un morceau de la culture Américaine. Qu’il s’agissait d’un Superman « Hipster branché à la twilight ». Ce genre de réflexions relève tout simplement de la débilité profonde. Tout d’abord je suis convaincu que ceux qui formulent ce genre de critique n’ont vraisemblablement pas lu le comics ou même qu’ils aient jamais ouvert un comics dans leur vie.

Ce sont les mêmes excités qui en ont fait des tonnes lorsque Wonder Woman a changé de costume car la nouvelle version du costume leur semblait moins patriotique. Pour eux, Superman est une icône, un objet statique auquel il interdit de toucher voir de le faire évoluer. C’est un symbole qui est là pour représenter des valeurs une idée, même si personne n’est jamais sûr desquelles on parle exactement.

Le Superman de Straz, échappe à cet écueil et nous offre un vrai héros, quelqu’un d’intéressant, qui doute de lui-même et qui finit par agir même si cela lui en coute. Le but ici était d'éviter que Superman reste un héros statique sans âme. L'auteur lui a donné une véritable personnalité et de fait l'histoire en devient très bonne. Sans même parler des dessins de Shane Davis tous simplement époustouflants.

Donc à tous ceux qui s'insurgent sur le fait que l'on revienne sur les origines de Superman comme si c'était une vache sacrée : messieurs, vous n'avez rien compris aux comics. Il est probable que vous le l'ayez même pas ouvert. Alors allez chez votre retailer le plus proche, lisez-le, et ensuite faite nous savoir ce que vraiment vous en pensez. Car c'est vraiment un sacré bon comics.

mercredi 1 décembre 2010

Wikileaks : les dossiers du Shield décrivent Daredevil comme un personnage borné, susceptible et caractériel

Après les fuites massives provenant des fichiers du SHIELD/HAMMER, les journalistes n'ont fait qu'érafler les 5 000 fichiers balancés illégalement sur le net.

Alors que Steve Rogers a dénoncé un crime contre la sécurité nationale et internationale (voir galactique et inter-dimensionnelle), les révélations continuent de fleurir, et elles ne font pas plaisir à tout le monde.

C'est aujourd'hui au tour de Daradevil de tomber sous le feu des projecteurs. D'après les dossiers, ce serait bien Matt Murdock qui se cacherait derrière le masque de l'Homme sans Peur. Ça alors, qui aurait pu s'en douter ?

Mais ce qui est le plus frappant est la description qui en est faite par les Avengers dans les dossiers du SHIELD. Et là, qu'est ce que ça balance ! L'impression générale qui ressort de ces dossiers est celui "d'une tête brûlée rongée par une culpabilité catholique".

Tout d'abord, Captain America parle d'un personnage arrogant qui aurait par plusieurs fois refusé de rejoindre les Avengers. Il se croit trop bien pour nous ajoute-t-il.

Iron Man parle d'un "type dépassé", toujours plus intéressé par "ses conneries mystiques Ninja à la con" que par "la vraie technologie".

Wolverine a lui décrit Murdock comme "un type rongé par la folie des grandeurs et perdant le sens des réalités au profit de son intérêt personnel" en faisant référence à sa récente alliance avec la Main. "Il m'a toujours senti venir à 3 kilomètres, comme si je puait" a t-il ajouté.

Pour Spider-Man, Daredevil l'a "toujours regardé de haut". Comme s'il se croyait meilleur que nous. "On reste pote", a t-il ajouté.

Mais au final, c'est Luke Cage (surprise!) qui vient dire le plus de mal de son "ami". Pour lui, Daredevil est ""un enfoiré menteur égocentrique qui n'a aucun sens des responsabilités". En dehors Hell's Kitchen "il en a strictement rien à foutre". En finissant par un "tu parles d'un héros!".


Le chef de Shadowland a bien sûr condamné les méthodes de wikileaks en assurant que cela ne compromettait en rien ses relations avec les Avengers. Officieusement, selon nos sources à l'intérieur du clan de la Main, Murdock aurait déclaré à ses disciples qu'il "en avait rien à battre de toute façons" et qu'il n'était pas surpris venant d'une bande d'hypocrites tel que les Avengers, et surtout Luke Cage qui sera toujours "un enfoiré moralisateur à deux balles".


Norah Winters, Frontline