D'ici deux semaines, toute la monnaie papier aura disparu des Etats-Unis. Plus de cash, donc plus de trafic ou de paiements clandestins. Toutes les transaction se feront par ordinateur et seront enregistrée et surveillées. Mais si pour la plupart des criminels, cela signifie la fin de leur business, pour Graham cela représente l'opportunité de faire LE casse du siècle.Mais tout va très vite se compliquer. Le gouvernement dans sa lutte contre le crime ne s'est pas arrêté là. D'ici deux semaines, il va secrètement diffuser un signal qui empêchera le cerveau humain de commettre un acte qu'il sait contre la loi. Graham se trouve forcé d'agir dans l'urgence avec des gens qu'il ne connait pas. C'est là qu'on fait des bêtises.
The Last Days of American Crime est un comics en trois parties dont la première vient d'être diffusée en France. Initialement publié chez Radical Comics, ce sont les gens d'Emmanuel Proust qui ont récupéré le bébé en nous sortant une plutôt jolie édition.

On pouvait s'inquiéter un peu en voyant Rick Remender au scénario. En effet, c'est à lui que l'on doit le Franken-Castle. Fort heureusement, les craintes se sont vites dissipées. C'est un bon polar noir bien mené que nous sort le bonhomme. Apparemment, l'auteur peut être très créatif lorsqu'il sort du cadre Marvel.
Mais il n'est pas tout seul et une grosse partie du mérite revient également à Greg Toccini dont les dessins contribuent parfaitement à l'ambiance voulue par la série. Que ce soit dans le coup de crayon très visible ou le choix des couleurs qui ont un effet très "pastel". La couverture est d'Alex Maleev, qu'on ne présente plus.
Flashbacks, effets de styles, plans larges, ce comics emprunte volontiers au cinéma. L'auteur ne s'en cache pas, tous les codes du genre sont réunis. D'ailleurs, les droits pour un film sont déjà vendus (c'est d'ailleurs à se demander si ce n'était pas le but dès le départ pour Radical). Mais quoi qu'il en soit, le comics n'en est pas moins réussi.
Là où Remender arrive à sortir du lot, c'est par sa manière de dépeindre un monde glauque et bien violent, tout en plaçant cette univers au cœur de son scénario. Graham est un dur à cuir et le comics n'est pas pour les âmes sensibles. Ce premier tome commence par une immolation dans une salle de bain, puis une scène de sexe dans un bar miteux sans parler de quelques fusillades bien senties. On ne nous épargne rien, mais ce n'est pas gratuit, et ces scènes collent parfaitement à la tonalité générale voulu par l'histoire.

Le tout est agrémenté par une dose d'humour noir fort bienvenue et des dialogues plutôt bien sentis presque à la manière d'un Azzarello. Bref Rick Remender s'est appliqué sur ce coup là et ça se sent.
Cela a beau être de la science fiction, on reste dans le registre du polar. Pas de jet-pack ou de pistolets lasers. C'est un univers auquel on peut s'identifier. Ce sont des histoires de gangsters, de braquages et de trahison. L'argument futuriste ne se ressent pas vraiment et reste avant tout en toile de fond pour étayer le scénario. L'auteur est avant tout au service d'une histoire et pas d'un message, nombreux sont ceux qui se plantent en essayant de faire l'inverse. Ce n'est pas le cas ici. On reste dans le thriller d'ambiance et ce n'est pas plus mal. Au moins on s'intéresse à l'intrigue et on ne décroche pas avant la fin.
Ce qui arrive malheureusement trop vite d'ailleurs. Ce premier tome est tout de même assez court. Précisions tout de même que les éditions Emmanuel Proust ont conservés les bonus contenus dans l'édition originale. A savoir une douzaine de pages de croquis et une petite interview de l'auteur.
La suite devrait sortir (en français) le mois prochain.
3 commentaires:
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Tu es dure avec Remember, il a quand même fait de très très bonne chose tels que Fear Agent et ces débuts sur le Punisher.
C'est vrai. Mais le coup du Franken-Castle m'est toujours un peu resté en travers de la gorge.^^
Enfin, avec ce LDOAC, je suis prêt à lui pardonner. Après tout, c'est pas comme si c'était le Punisher de l'univers Max.
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