samedi 27 février 2010

Hellblazer : Pandemonium

Ça y est, On a fait le tour des (nombreuses) sorties françaises de ce mois-ci. Difficile de ne pas parler du dernier Powers ou de Scalped. Cependant, les critiques de sorties françaises, il y en a qui font ça beaucoup mieux que moi. Parlons donc de sorties VO dont beaucoup moins de gens parlent, mais qui valent quand même largement le détour. Comme c'est le cas de ce Hellblazer : Pandemonium.

On a déjà consacré de nombreux articles sur Helblazer. Cependant, ce Pandemonium n'est pas un numéro ordinaire. Il s'agit d'un titre libellé "graphic novel" comme ce put être le cas pour Dark Entries. Néanmoins, la comparaison avec ce dernier s'arrête dès maintenant. Dark Entries était juste plaisant à lire mais sans plus, ce Pandmonium par contre est une tuerie pour tout fan de John Constantine qui se respecte.

John va croiser le regard d'une jeune femme mystérieusement couverte sous une burqa. Ce qu'il ne sait pas, c'est que les services secrets de sa majesté lui ont tendu un piège pour une mission forcée qui va l'entrainer en Irak, berceau de la civilisation ravagé par la guerre. Il devra d'ailleurs faire face à un vieil ennemi...

Côté casting, on a du très lourd. Delano est au scénario, Jock est aux dessins. Et là, le duo fait des étincelles. Delano est le tout premier scénariste ayant œuvré sur Hellblazer. Le bougre n'a pas perdu la main, il a même gagné en maturité.
Quant à Jock, si le choix pouvait surprendre, son trait colle parfaitement à l'ambiance apocalyptique de l'aventure. Jock est décidément quelqu'un plein de talents. Que ce soit pour des séries d'actions dans Losers, des couvertures de Scalped ou bien pour dépeindre un climat oppressant (à Londres comme en Irak), le bonhomme s'en sort avec brio. Le résultat ici donne quelque chose d'assez inédit en arrivant jusqu'à donner une âme aux décors qui entourent nos héros.

Dans cela, Delano n'y est pas pour rien non plus. C'est d'ailleurs la grande force de l'oeuvre, il s'agit plus de sociétés en perditions que sorcellerie. Vingt ans plus tôt, Delano nous peignait une Angleterre Thatcherienne. Londres a beaucoup changé depuis, mais pas forcément en mieux. Quand John se ballade dans ses rues, on sent une ville beaucoup plus oppressante avec sa vidéo-surveillance à chaque coin de rue, une mise au ban pour les fumeurs, c'est dans ses scènes de descriptions que l'on perçoit l'essence du message de Delano.
La deuxième partie de l'histoire en Irak n'est pas en reste non plus.Si le décor change radicalement, le message reste le même. Ce sont deux régions du monde aux symptômes radicalement différents mais souffrant des mêmes maux.

Ensuite, cela reste une aventure de John Constantine, attendez vous donc à des affrontements entre entités démoniaques dont notre héros sait tirer son épingle du jeu, plus par du bluff qu'autre chose. Untomedonc indispensable pour tout fan de la série qui se respecte. Pour les autres, ça ne peut pas vous faire beaucoup de mal non plus. Juste une bonne petite claque visuelle en pleine figure servie par scénario intriguant et intelligent.

Je précise quand même qu'un bon niveau en Anglais est exigé pour celui là. C'est pas aussi dur que du Ennis mais quand même.

2 commentaires:

Youtokine Toumi a dit…

Salut Matt!
Je l'ai lu y'a quelques jours celui-là. J'ai pas réussi à me le faire d'un seul trait, il m'a fallu trois séances de lecture. Non pas que ça m'a gonflé, j'ai toujours admiré le travail de Delano, mais j'ai retrouvé un truc que j'avais pas remarqué étant plus jeune mais qui m'avait frappé quand j'ai relu les vieux Hellblazer y'a 4, 5 ans: sous Delano, Constantine a vachement tendance à s'auto-apitoyer. Ca n'empêche pas que l'histoire soit très bien écrite mais je préfère le Constantine "bastard" d'Ennis ou "overconfident" de Diggle.
Mais bon, ça fait plaisir de voir que Delano, comme tu dis, n'a pas perdu la main.

h00ligan a dit…

J'espère vraiment un VF pour le cou tu m'as bien mis l'eau à la bouche.