Ce film a fait un bide. Les critiques sont unanimes pour dire que c'est un ratage. Personne n'a aimé. Même à Toulouse, qui est quand même une assez grande ville, le film n'était projeté dans aucun cinéma. J'aurais été prêt à payer pour voir un film que je savais mauvais, a tel point j'étais curieux du résultat de la transposition du comics de Greg Rucka.On a beaucoup parlé de cet auteur. Ce blog lui a consacré tout un dossier, la critique de Whiteout est ici. Cela va sans dire que j'étais très curieux de voir le résultat. J'ai donc attendu la sortie du DVD pour me le faire prêter...
J'ai enfin pu juger par moi même. Le verdict est clair, c'est un film raté. Mais franchement, je m'attendais à pire. Disons que c'est le genre de films parfaits quand y a rien à la tv un samedi soir.
La faute ne viens pas de Kate Beckinsale qui nous sort une prestation plutôt correcte. Le
réalisateur, Dominic Sena, fait lui aussi ce qu'on attend de lui avec des plans lisses et lisibles sans jamais risquer de prendre le spectateur au dépourvu. Le scénario, qui colle à peu près au comic, nous sort une trame assez classique avec un whodunit (coupable à trouver) et pas des révélations de dernière minutes bien placés. Bref, tous les ingrédients sont là. Tout le monde fait le boulot qu'on attend d'eux sans en rajouter.Bien entendu la sauce ne prend pas. Tout simplement parce que même si chacun fait la prestation qu'on leur demande, le film n'a aucune âme.
Kate joue bien. Mais si on compare la Carrie Stekto du comics et celle du film, un gouffre les sépare. La véritable Carrie a une véritable personnalité, du caractère. Et c'est ce qui manque cruellement à ce film : du caractère. Le film est tellement lisse que tous les personnages sont déshumanisés, ce sont des clichés. Sena nous sort des beaux plans, mais il est incapable d'y faire passer la moindre émotion. On voit notre héroïne se faire poursuivre par un type armé d'un pic à glace, mais on ne peut pas s'empêcher de regarder sa montre et se demander combien de temps de film il reste.
C'est d'ailleurs assez paradoxale d'obtenir un tel résultat pour une adaptation d'une œuvre de Rucka. En effet, c'est un des auteurs qui sait le mieux faire ressortir des émotions autour de ses personnages. Rucka sait bâtir une intrigue, un scénario solide dans lequel ses personnages peuvent évoluer et émouvoir le lecteur. Queen & Country est en majeur partie des intrigues de couloirs ou de bureaux, avec des dessins en noir & blanc minimalistes, pourtant ses histoires sont captivantes et je ne me rappelle pas m'être ennuyé une seule fois en le lisant.Domini
c Sena a lui une caméra en couleur et en haute définition avec des paysages recouverts de neiges éblouissants, mais rien ne transparait.Whiteout est donc plus un échec collectif dans lequel chacun a bien sagement joué son rôle sans jamais avoir tenté d'insuffler un peu d'humanité dans un projet qui aurait pu se révéler prometteur. C'est aussi dur de dire que c'est une bouse, car cela reviendrait à dire que j'ai détesté ce film. Et pour détester un film, il faut ressentir quelque chose en le regardant.
Pour faire du cinéma, il faut mettre du cœur à l'ouvrage. Car quand on voit un film sans tripes, on pourrait tout aussi bien regarder la neige tomber et trouver cela beaucoup plus divertissant.
4 commentaires:
Et c'est vrai je voulais allez le voir, tellement j'avais aimé le Comic mais je l'ai même pas vu passer.
Je vais quand même essayer de le voir... La BA était plutôt engageante, mais c'est souvent trompeur! Dans le genre mec à pioche, choppe-toi Les Cold Prey! Il y a de la neige, du sang, et c'est excellent!
Ou même Fargo, ça c'est un film génial avec de la neige :)
Ça Fargo, je l'ai vu. Ainsi que tous les autres films des Coen.
J'ajoute Cold Prey à ma liste.
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