samedi 28 novembre 2009

Transmetropolitan, tome 5 - le Remède

Est sorti cette semaine le cinquième tome de la série culte de Warren Ellis. Spider Jerusalem et ses sordides assistantes sont de retour dans une nouvelle lutte acharnée contre le Sourire dont l'ambition diabolique semble ne plus avoir de limites.
Mais cette fois, Spider va devoir lutter contre autre chose : sa propre mort. En effet, c'est un héros malade dont les capacités mentales sont en pleine dégénérescence. Mourir, ça il veut bien l'admettre,mais pas avant d'avoir accomplit sa mission.

C'est un très bon tome. L'intrigue avance à grand pas, on a droit à pas mal de petites révélations sur l'intrigue principale. Bref, on se rapproche de la fin. Je n'ai pas vraiment besoin de m'étendre sur les qualités de volume. Il fait directement suite aux tomes précédents et il va de soit que si vous lisez cette série, vous vous ne passerez pas à côté de celui là.

Warren Ellis est toujours aussi inspiré et arrive à soigner son intrigue, rendre son héros plus humain tout en conservant le côté bien crade de cette série. Darrick Robertson (The Boys) est toujours là pour notre plus grand plaisir, bref tout va bien me direz vous.

Et bien non, tout ne va pas bien. Le problème ne vient pas d'Ellis ou de Robertson, il vient comme d'habitude de Panini qui se fout de notre gueule mais vraiment dans les grandes largeurs (comme Neault j'ai le droit moi aussi de me plaindre de l'éditeur).

Transmetropolitan contient 60 épisodes. Warren Ellis a choisit d'étaler son histoire sur 5 ans en marquant bien les différentes années (elles sont indiquées sur les couvertures d'origine). Au départ, chaque tome de Panini correspondait à une année et contenait donc 12 épisodes. Mais à partir de la quatrième année, les tomes 4 et 5 ne contient plus que 8 épisodes. Et ce tome, aurait dût en fait être le dernier, mais ces chers éditeurs de panini ont décidés de faire durer le plaisir avec un 6ème tome.

Bien entendu Panini a décidé de réduire le prix de ses ouvrages, ah ah ah je déconne. Bien sûr que non, le prix de 29 euros reste le même. Moins de pages pour plus cher, quels petits coquins ces éditeurs. Le français c'est pas leur fort mais les maths, ça ils savent.. Notons tout de même que ce tome 5 est imprimé sur du plus beau papier et que la traduction est correcte (c'est Jérémy Manesse,qui s'en est chargé, pas de Geneviève Coulomb à l'horizon).
Mais bon, c'est un peu énervant de voir la sandwicherie bousiller une cohérence éditoriale juste pour sortir un tome de plus. Surtout que ce tome 4 ne contient pas l'ombre d'un bonus, pas même une préface. Juste les couvertures à la fin, ce qui est le stricte minimum syndical.

Bref, un très bon tome, un temps fort de la série, mais qui perd de son éclat du fait de la charcuterie des vendeurs d'autocollants.

jeudi 26 novembre 2009

Hellblazer : Dark Entries

Vertigo nous sort un nouveau label intitulé "Vertigo Crime". C'est une petite série de bouquins assez atypiques. C'est en format livre de poche, mais ça reste du comics à l'intérieur. Le tout en noir et blanc. En effet, ce nouveau label se veut très orientée "polar".

C'est notre cher John Constantine qui ouvre le bal. Je ne vais pas me fatiguer à vous le présenter, je pense avoir fait suffisamment d'articles sur le personnage...
Pour marquer le coup, la maison d'édition a fait un appel à Ian Rankin, un écrivain plus connu pour ses romans que dans le milieu des comcis.

Cette démarche de faire des comics au format "roman" intrigue pas mal (à défaut d'être pertinent). Mais l'expérience mérite que l'on se penche un peu dessus, juste pour voir. Et puis de toute façon, c'est du Hellblazer, il faut bien que je vous en parle.

On imaginait pas ce cher John travailler pour la télévision. Mais notre héros cède facilement à l'appât du gain. Le voilà convaincu par un mystérieux producteur d'enquêter sur une maison hantée dans laquelle se déroule une émission de tv réalité. Le voilà obligé d'intégrer l'émission parmis les autres candidats afin de découvrir ce qui se trame vraiment dans cette maison qui a plus de secrets qu'elle n'en a l'air.

Sans être mauvais, les dessins sont vraiment minimalistes. Vertigo tente sans doute de justifier par là le format "Roman". Mais le tout manque clairement de style et n'est pas vraiment compensé par le talent littéraire de Ian Rankin. En ce qui concerne ce bouquin là, je suis plutôt de l'avis de Neault en ce qui concerne les dessins : ça manque d'effort.

Du côté de l'intrigue elle même, ça met du temps à démarrer. Bien que l'on soit intrigué par le concept de départ (TV réalité) ça patine un peu les 100 premières pages. Il faut vraiment attendre la moitié du bouquin avant que le twist soit révélée et que l'on comprenne vraiment ce qui se trame. La petite révélation sur ce qu'il se passe vraiment est plutôt bonne, mais elle aura mis le temps à venir.

Au final, ce n'est pas une mauvaise histoire de Hellblazer. Mais cela reste loin d'être indispensable non plus. Ce que l'on en retiendra surtout, est que le format roman-comics est assez vain. Si encore c'était un vrai livre de poche à 5 euros, alors là j'approuverais sans hésiter, mais là c'est encore plus cher qu'un comics classique (13€50, 220 pages mais en petit format n&b). Donc même là l'effet roman de gare perd tout son intérêt car on nous présente ça comme un objet de collection. A réservé donc aux fans inconditionnels de John Constantine. Pour les autres, attendez que le prix baisse un peu et rentre en adéquation avec ce que ça vaut vraiment.

Le label Vertigo Crime ne m'a donc pas convaincu dans son format, mais je risque de persévérer avec le Fithy Rich de Brian Azzarello. Je vous tiens au courant.

mercredi 18 novembre 2009

Dark Reign : The List


Ares - Qu'est ce qu'on fait aujourd'hui ?

Osborn
- Aujourd'hui, on fait une liste. Une liste de choses qui dans ce monde doivent être différentes que ce qu'elles sont aujourd'hui. Il y a la façon dont les choses étaient avant que l'on soit en charge et il y a les choses tel qu'elles devraient être maintenant que l'on est actuellement au pouvoir.

Ares - Du genre ?

Osborn - La situation mutante par exemple. C'était un problème et nous avons règlé ce problème. Alors maintenant je dois me demander (et toi aussi d'ailleurs) : Pourquoi est ce que le Hulk est toujours en train de courir partout détruisant tout sur son passage ? Pourquoi Tony Stark n'est pas en prison pour ses crimes de guerre ? Pourquoi est ce que Spider-Man est autorisé à se déplacer librement ? Pourquoi on laisse Nick Fury former en cachète de jeunes terroristes ?

Ares - Cela ressemble plus à une liste de cibles à abattre ?

Osborn - Non. Je te parle de changer le status quo. parce que d'après ce que j'en ai vu, le status quo tel qu'il était sous Nick Fury et Tony Stark et les Avengers avant nous...ne marche pas. Si cela marchait, je ne serais pas aux commandes maintenant. Si cela marchait, il n'y aurait pas eu de Civil War ou de Skrull Invasion ou d'Hulk attaquant la ville de New-York. On a besoin d'une liste. Mais ce n'est pas une liste de cibles à abattre mais de choses à faire. Des choses impératives. Sinon, à quoi bon se fatiguer à prendre ce boulot.


On fait tous des listes. Acheter le pain, payer les factures, aller chercher machin à la gare...
Seulement quand c'est Norman Osborn qui fait sa liste, cela donne une sorte de mini crossover causant de gros remous dans l'univers marvel.
C'est sûr que si Osborn a pris le contrôle du feu SHIELD rebaptisé HAMMER, ce n'est pas pour se tourner les pouces.
Cet évènement Marvel est décomposé en 8 épisodes de 22 pages chacun découlant tous d'une série différente. Chaque épisode est écrit et dessinée par un auteur différent. La qualité est variable ce qui rend assez dur d'apprécier la chose dans son ensemble.


#8 - Neutraliser Clint Barton
par Bendis et Djurdjevic

Bendis se sert de cet épisode "hors série" des Avengers pour bien mettre en avant l'état d'esprit d'Osborn et de pourquoi il a besoin de faire cette liste.
Mais paradoxalement, cet épisode ne sera pas centré sur un plan diabolique d'Osborn pour mettre hors d'état de nuire ces Avengers qui lui cherchent des poux dans la tête. Ce sera un épisode sur le colérique Barton Clint dont l'ascension d'Osborn au pouvoir passe très mal.
Clint décide de faire ce qu'il estime que Spider-Man aurait dût faire il y a des années, c'est à dire tuer Osborn et mettre fin à ses agissement une bonne fois pour toute. Pour cela, rien de tel qu'une petite escapade nocturne dans la tour des Dark Avengers.
C'est donc un bon épisode bien dynamique et presque trop court. Mais on aurait espéré un rôle n peu plus actif de la part d'Osborn. Au final, cette liste n'a pas beaucoup d'influence sur cet épisode.


#7 - S'occuper de Daredevil
Par Diggle et Tan

Cela faisait longtemps que l'on avait pas vu Daredevil faire partie d'un évènement Marvel. Voici donc le retour du héros à corne dans la continuité. DD est d'habitude un personnage plutôt centré sur Hell's Kitchen et ne sort de son quartier que pour les grandes occasions.
Mais à la fin du #500 il se passe un assez gros trucs qui change pas mal de chose pour notre héros et qui n'est pas sans incidence sur l'univers Marvel. Cet évènement n'est pas passé inaperçu aux yeux d'Osborn.
En réalité, il s'agit du tout premier épisode d'Andy Diggle succédant à Ed Brubaker. Cet épisode est en quelque sorte un numéro #0,5 à caser entre le #500 et #501.
Ce n'est pas mauvais, mais pas très original. Osborn envoi Bullseye ce qui nous donnera un énième combat entre les deux. En fait, cet épisode sert plus à donner quelques pistes sur la tournure que va prendre la série. Les dessins de Billy Tan ne parvienne pas vraiment à convaincre et bien que cet épisode soit plutôt bon, il laisse quelques doutes sur ce qui est à venir.
Heureusement, le numéro #501 dissipera toutes les inquiétudes avec un Diggle en très bonne forme et un De La Torre époustouflant.


#6 - Remettre les pendules à l'heure avec Namor

par Fraction et Alan Davis

Osborn aura quelques petits problèmes avec les X-Men. Et Namor, faisant pourtant partie de sa cabale va se monter fort peu coopératif. L'heure est venu pour Osborn de lui rappeler qui est le chef en lui envoyant un gros monstre marin n'ayant qu'une seule mission : casser de l'atlante.
Ce qui est marrant avec la liste de Norman, c'est que l'on se rend vite compte qu'il ne s'agit pas de changer le monde, mais de règles des comptes auprès de vieux ennemis. Ici, il n'est pas question de pouvoir, mais de vengeance.
Ici, on a affaire à deux fortes têtes, avec des personalités plus que bornées. La confrontation par arme interposées est intéressante, mais n'atteint pas le niveau d'un Bendis dans son Dark Avengers (dans lequel on a droit à une vraie prise de tête entre les deux). Ici, c'est plaisant, mais rien de plus.


#5 - Mettre Bruce Banner hors d'état de nuire
Par Greg Pak et et Ben Oliver

Banner n'est peut être plus le Hulk, mais il n'en est pas moins gênant pour le nouveau directeur du HAMMER. Surtout depuis qu'il se ballade toujours accompagné de son fiston qui lui est capable de faire de gros dégâts.
On a ici un épisode plutôt réussi. Tout d'abord parce qu'il joue pas mal sur la relation entre Moonstone et Victoria Hands. Ensuite parce que Osborn à pour une fois faire preuve d'une grande subtilité à travers un plan diabolique. Le scénario est plutôt soigné et les dessins de Ben Oliver fort réussis.


#4 - Fury...
Par Hickman et Ed McGuiness

Bizarrement, Osborn n'est pas vraiment à l'aise avec le fait que Nick Fury ait sa propre équipe d'agents secrets sous le coude en dehors de toute autorisation gouvernementale.
Sau
f que bon, Hickman ne joue pas vraiment le jeu. Il s'agit plus de Nick Fury ici, qui se retrouve forcé de collaborer avec Osborn le temps d'un interrogatoire concernant la sécurité nationale.
Ici, on a un Osborn plutôt pris au dépourvu pendant que Fury m
ène la danse. Notons quelques très bons passages, surtout que Fury a lui aussi fait une liste assez rigolote.



#3 - Mettre en pièce le Punisher

Par Rick Remender et Romita

Bon, puisque The Hood ne semble pas capable de s'en occuper, Osborn va lui envoyer l'artillerie lourde dont Daken, le fiston de Wolverine.
Bon, alors disons que c'est un bon épisode, les dessins de Romita sont bons comme à son habitude et l'action est forcément au rendez-vous.
Ensuite, c'est à travers cet épisode que Rick Remender tente de donner un tout nouveau tournant à la série. Et c'est avec cette nouvelle direction que j'ai un problème. Car oui, sur la fin, on approche du grand n'importe quoi. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler mais un très grand virage s'apprête à être pris. Et franchement c'est assez débile comme concept.
Heureusement il y a le label Max pour se consoler.

#2 - Contrôler l'arme X
Par Jason Aaron et Esad Ribic

Osborn se demande comment ça se fait qu'il ne contrôle pas le programme de l'arme X. Et il a bien entendu l'intention d'y remédier. heureusement Wolverine va être là pour se mettre en travers de son chemin.
L'épisode est écrit par Jason Aaron qui nous sort ici quelque chose à milles lieux de ses polars comme Scalped (lisez Scalped !). Ici, on est dans le team-up sympathique dans lequel les vannes vont bon train. Même si je dois avouer que certaines blagues touchent juste, l'ensemble de cette histoire m'a laissé de marbre. Mais apparemment cela doit venir plus de moi car beaucoup ont aimé. De très nombreux fans étaient d'ailleurs ravis du retour du personnage de Fantomex.
Bref, un épisode mêlant l'étrange, l'humour et l'action. Avec plein de mutants crades aussi. Un bon épisode mais pas ma tasse de thé.


#1 - Tuer Spider-Man...
Par Dan Slott

Au moins, ce dernier élément de la liste a le mérite de la clarté. Ce n'est pas pour changer le monde, ce n'est même pas indispensable. C'est juste que Osborn a vraiment envie de tuer Spider-Man...
Ça tombe bien, Spider-Man a lui aussi vraiment envie de se débarrasser d'Osborn. Et il va concocter un petit plan avec ses amis du Frontline pour lui porter un sale coup.
On est très agréablement surpris par cet épisode. Alors que la série classique est sur une pente très glissante depuis ces derniers mois (disons les choses tel qu'elles sont : c'est médiocre), ce one-shot va se révéler le meilleur moment de The List.
Tout d'abord on adroit à un vrai combat entre Spider-Man et l'Iron Patriot dans lequel Spidey arrive à bien exploiter les faiblesses du vil Osborn. Ensuite, les évènements de cet épisode ont enfin un impact sur le Dark Reign de manière globale.
Bref, Dan Slott nous sort enfin quelque chose largement au dessus de la moyenne qui conclut intelligemment ce crossover.


Conclusion
Alors, au final, est ce que The List vaut le coup ? Oui et non. Chaque épisode est différent, il y en a pour tous les gouts. Néanmoins, la grande force et la faiblesse de The List est d'être une forme hybride de crossover sans réel fil narrateur. Chaque épisode est complètement indépendant et il n'est pas nécessaire de tous les lire pour avancer dans le Dark Reign. Chaque lecteur peut se contenter du petit bout de série qu'il lit déjà et laisser de côté tous les autres.
Car en fait, The List aura pour beaucoup servit d'épisode additionnel, voir de tremplin pour faire avancer leur propre série. A partir de là, l'intérêt de se mettre à lire ceux que l'on ne lisait pas déjà est beaucoup plus limité.
The List vise souvent à côté mais au moins aura eu le mérite de faire revenir de bonnes séries dans la continuité Marvel. Pour le meilleur et pour le pire...


samedi 14 novembre 2009

Punisher Max #1 : Kingpin

Quand Garth Ennis a quitté la série après 60 numéros de bons et loyaux services, un grand vide s’est fait ressentir. La série a continué jusqu’au #75 avec divers auteurs qui ont fourni un travail, certes correct, mais largement inférieur à celui de leur prédécesseur. Et oui, passer après Ennis n’est pas chose facile.

Donc plutôt que de tenter vainement de suivre ses traces, Marvel va avoir la bonne idée de repartir complètement sur de nouvelles bases. Changement de volume, on reprend la numérotation à zéro avec la volonté d’apporter un souffle nouveau.


Pour cela, Marvel va sortir deux gros calibres : Jason Aaron et Steve Dillon.

Aaron est connu pour nous sortir des bon gros polars noirs comme Scalped (lisez Scalped !) ou Wolverine. Maintenant que l’annonce a été faite, cela me parait plus que logique de voir un auteur tel que Jason Aaron atterrir sur cette série.


Steve Dillon, lui, est quelqu’un qu’on ne présente même plus, d’ailleurs il est bien familier avec le personnage de Frank Castle. Certains aiment, d’autres moins. C’est sûr que son trait est grossier et que les personnages ont des proportions parfois étranges, mais personne ne l’égale lorsqu’il s’agit de sortir quelques scènes bien gores.


Mais Aaron et Dillon ne sont pas venus les mains vides. Avec eux, ils ont une bonne histoire, un bon concept qui devrait occuper Castle un bon moment. Il va s’agir de l’ascension du Caïd. Ou plutôt, comment Wilson Fisk va gravir les échelons en se servant du Punisher à son insu comme arme de pouvoir. Il semble que Fisk ait un plan et que Frank va y jouer malgré lui un rôle central. Bref tout cela semble très prometteur.

Pour l’instant ce premier numéro met les pièces de l’échiquier en place. On se rend très vite compte que l’épisode est plus centré sur Wilson Fisk que sur le Punisher lui-même. On le voit à ses tout débuts en tant que garde du corps avec sa femme et son gosse. Bref, un personnage humain mais un salaud tout en même temps.

D’ailleurs, cela fait un petit choc car on se rend compte à quel point la ligne Max est hors continuité. Dans l’univers classique, Fisk est déjà très bien connecté au plus haut de la pyramide, là il n’a encore jamais fait parler de lui. Jusque là, la ligne Max n’était que légèrement en dehors des évènements Marvel, on pouvait toujours presque les rattacher. Mais là, le pas est franchit et on est sûr que ce sont deux mondes différents. C’est un peu dommage car on sent que avec un petit effort, ça aurait pu coller. Et ça donne un mauvais message disant que quand une série est un temps soit peu réaliste, elle est forcément détachée du monde des super-héros Marvel. On y perd un peu en richesse je trouve, mais bon, d’un autre côté vu ce qu’ils sont en train de faire au Punisher 616 (Frankencastle, sic!) on se rend compte que ce n’est pas plus mal.

Quoi qu’il en soit, il s’agit un premier numéro très prometteur. On sent qu’une bonne histoire va s’installer et j’ai toute confiance en Jason Aaron pour la mener jusqu’au bout. D’autant plus qu’il s’agit apparemment plus qu’un simple arc mais d’un véritable fil rouge qui va perdurer un très long moment. Moi, je salive.

mercredi 11 novembre 2009

Fantastic Four : "Solve Everything"

Is this total arrogance? Or is it honesty meeting responsability?
For too long I have hidden behind false humility and as a result ran from the things I was supposed to do.
I am the most brillant man in the known universe--my mind is a gift-- and when problems present themselves, it falls to me--I have a responsability to them.

I have failed everyone... and now the time has come to fix it.


Et si nous pouvions connaitre l'impact qu'auraient nos choix, que changerions-nous ? N'y a t-il pas ici le moyen pour retransformer le monde, le réparer de tout ce qui ne va pas. On essaye tous de rendre le monde meilleur, avec énormément de volonté, mais pourrait t-on arrêter tous les conflits, tout soigner, "tout résoudre" ?

Tout résoudre.
C'est ce qu'a en tête Reed Richards. Après la Secret Invasion, il ne peut pas s'empêcher de penser qu'il a eu une grande part de responsabilité sur ce qui est arrivé sur sa belle planète. Il se rend compte que ses actions peuvent avoir une portée sur les évènements de l'univers 616 plus importantes que quiconque.
A partir de ce constant, il fait une machine. Une machine pour tout résoudre, qui va lui donner les évènements de toutes les dimensions qui existent afin de pouvoir en retenir les variables et de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas et comment son rôle dans l'univers a peu servir de facteur. Une entreprise très modeste donc.

Bon, je vous préviens d'emblée, ceux qui sont allergiques aux décalages temporels, voyages inter-dimensionnels et autres bizarreries métaphysico-galactiques peuvent s'éloigner tout de suite de ce tout nouveau départ que semble prendre la série. Je sais que justement ce qui énerve dans cette série ce sont les grandes manipulations cosmiques. Pourtant l'auteur ne va pas hésiter à s'emparer de ces concepts délicats, qui laissent souvent le lecteur de marbre, et les pousser à l'extrême. Le résultat est à double tranchant, si beaucoup de lecteurs resteront allergiques à ces voyages inter-dimensionnels, d'autres adhèreront à ces concepts mais seulement pour nous les voir sous un jour nouveau.

Après le run de Mark Millar, beaucoup (pas moi) s'étaient ennuyés en disant qu'il ne se passait pas grand chose, trop de scènes de famille, peu de bastons. Ici, Jonathan Hickman (Secret Warriors) va faire l'inverse : robots, Galactus, Celestials, clones, gantelets de l'infini... Et le tout simultanément à travers différentes dimensions.
Son run commence en réalité par une mini série labellisée à tort "Dark Reign". Certes, Osborn y fait une apparition, mais ce n'est pas vraiment le cœur de l'intrigue.

Il s'agit en fait d'un gigantesque "what if ?". Que ce serait il passé si les Illuminati n'avaient pas été formés, si la Civil War avait été évitée. Et surtout que ce serait-il passé si Reed Richard avait agit différemment ?
Reed essaye de trouver la réponse à toutes ces questions afin de comprendre ce qu'il peut faire pour changer le destin du monde qui n'a fait qu'empirer. Cette mini série n'apporte pas vraiment de réponse et n'est qu'une sorte de prélude au premier arc d'Hickman qui débarque sur la série à partir du numéro #570. Il se débrouille pour l'instant pas mal du tout et arrive malgré la surenchère de paradoxes inter-spatio-tempo-dimensionnels et autres à coller avec l'esprit de la série.

Bien sûr, tout n'est pas parfait dans ce début de run. Déjà que l'on frise l'overdose de dimensions, c'est dur de rester crédible lorsque l'on met des galactus et des gantelets de l'infini dans la même histoire. On sent par moment que c'est un peu too much. Mais au final, on arrive quand même à une histoire assez humble sur Reed Richards et son sens des responsabilités.

Le concept de "tout résoudre" est bon, l'auteur l'utilise à bon escient, mais on sent qu'il pourrait pousser la chose un petit peu plus loin. Il faut voir quelle tournure prendra la suite de son run mais pour l'instant Hickman me laisse l'impression que sa série est entre de bonnes mains.

mercredi 4 novembre 2009

Daredevil : un bon gros pavé signé Frank Miller

Est sorti aujourd'hui une très belle édition de Daredevil publiée en français d'un volume assez conséquent. Etant donné que ce blog s'intitule "Journal de Matt Murdock", on ne va quand même passer à côté sans dire quelques mots.


Y a quoi dedans ?
Ben y a du lourd justement, pas moins de 550 pages laissant une assez libre part au bonus. Je l'ai feuilleté en librairie, c'est un bel objet. C'est en gros la contribution de Frank Miller sur la série à l'exception de son run principal de 1981 à 1983 (c'est à dire les épisodes #158 à #191) qui ont déjà été publiés en France sous la forme d'intégrales à l'année.
Ce qu'il y a en revanche, c'est 2 épisodes en stand alone, Man Without Fear, Love & War et surtout, surtout, surtout, l'arc Born Again (!!!) qui mériterait à lui seul l'achat.


Man Without Fear
Il s'agit d'une histoire hors série qui revient sur la jeunesse de Matt Murdock et de tous ses évènements traumatisants qui ont fait qu'il est devenu Daredevil. Par contre, cette aventure a déjà fait l'objet d'une réédition il y a pas si longtemps que ça dans la collection "des incontournables". Et en effet, c'est vraiment un incontournable quand on est fan de la tête à corne. C'est très bien, et ça permet de revenir sur les origines du perso sans se retaper les premiers épisodes qui ont quand même bien vieilli. C'est du hors série, mais comme par magie, Miller arrive à revenir sur des éléments clés sans bousiller la continuité de la série. Ensuite, c'est du Miller à une époque où il était en très bonne forme, on peut se jeter dedans les yeux fermés. De plus Romita tiens les crayons, je ne sais pas ce qu'il vous faut de plus.
Je ne vais pas m'étendre des heures non plus car Neault en a déjà fait un article plus nuancé mais qui correspond en de nombreux points à ce que j'en pense.


Love & War
Celui là est déjà un peu plus dispensable mais pas moins intéressant. Le ton est tout de suite très différent, on est même proche de l'expérimental. Les dessins sont de Bill Sienkiewicz ce qui donne une approche beaucoup plus abstraite des dessins.
Cette histoire tourne autour du Caïd prêt à tout pour soigner sa tendre Vanessa.
La narration est très décousue, tout est fait pour déstabiliser le lecteur.Ensuite, expérimental ne veut pas forcément dire réussi. C'est une expérience visuelle, certes, mais cette partie s'adresse avant tout aux fans de l'artiste dessinateur et non des amateurs des grands thrillers dont Miller nous a habitué.


BORN AGAIN !
Justement à propos d'excellents thrillers digne de Miller, l'arc Born Again a enfin droit à une réédition.Il était temps diront certain. Car oui, à partir de là on a droit à du grand Miller, de l'excellent Miller. Pas le Miller nous exaspère avec ses délires à la DK2. Non, là c'est du Miller digne du The Dark Knight ou du Batman : Year One. Oui, c'est du très lourd.
D'ailleurs, la comapraison avec Year One n'est pas anodine puisque c'est l'excellent Mazzucchelli aux dessins.
De quoi s'agit-il au juste ? Tout simplement du moment où le Caïd à découvert la véritable identité de Daredevil. Et comme c'est un vicelard, il ne va pas le balancer aux médias comme l'a fait la petite frappe dans le run de Bendis, il va préférer le faire souffrir.
Il va user de ses connections pour rendre sa vie misérable. Et il va le faire avec succès. C'est une très longue descente en enfer qui se prépare pour Matt Murdock.
Je ne vous en dis pas plus, mais les surprises seront de taille. L'auteur va nous offrir dans cet arc des passages cultes qui marqueront l'esprit des fans à jamais. C'est du thriller maitrisé avec des personnages complexes et des scènes choquantes, violentes, bref, on n'en ressort pas indifférent.


Donc j'achète ou pas ?
Ben, moi non. Le truc c'est que je les ai tous déjà. Born Again je l'ai déjà en VO (en double même !), Love & War je me suis trouvé une vieille édition en français et Man Without Fear je l'ai aussi en VO et ils se trouve facilement en incontournable pour pas cher. même un des épisodes en stand alone (le #219 est présent dans l'intégrale de 1983). Donc au final beaucoup risquent de se retrouver avec comme seul nouveauté le Born Again. Alors oui, il vaut vraiment le coup, mais c'est un gros pavé à 65 euros. Donc ensuite, ça dépend de vous. C'est un très bel objet, il y a pas mal de bonus et il fera très bien dans votre bibliothèque, c'est évident.
En tout cas,pour ceux qui aiment Daredevil, qui aiment le volume 2 et qui ont envie de se plonger dans la période Miller, c'est alors vraiment un indispensable.
Par contre, je ne l'ai pas lu en tant que tel, je ne peux pas attester de la traduction. Et c'est traduit par Geneviève Coulomb. Vous tapez son nom sur google et la première page qui tombe est celle de Neault, et ce n'est pas pour en dire du bien, vous vous en doutez...


En résumé
Un très bel objet, d'excellentes histoires, du Frank Miller en très grande forme. Mais peu de nouveauté pour le fan averti.
D'ailleurs c'est un peu dommage que Panini n'aille pas chercher ailleurs que chez Frank Miller pour ces rééditions. Mais il y a Born Again dedans, et ça, ça fait toute la différence.

mardi 3 novembre 2009

Hellblazer, par Mike Carey

Durant tout le mois d'aout, j'avais mis en ligne une grosse rétrospective sur le personnage de John Constantine. J'avais passé en revue tous les grands arcs sauf un des plus importants : celui de Mike Carey.

Pourquoi est-ce un des plus importants ? Tout d'abord car c'est un run assez long (7 tomes environ) et d'une grande qualité. Et de plus, c'est un run qui est en train d'être publié en Français chez panini. C'est donc un peu nul de ma part de parler longuement de la série Hellblazer une des parties les plus accessibles pour le lecteur français. Réparons donc cette erreur, surtout que l'avant dernier tome vient de paraitre en librairie.

Carey n'apporte pas vraiment de nouveauté sur la série. Peu de nouveaux personnages, presques pas de nouveaux méchants. Mais en même temps il va changer beaucoup de choses en se servant de ce qu'on fait les autres auteurs avant lui.

L'exemple le plus frappant est ce qu'il va apporter à Gemma, la nièce de Constantine. On ne la connaissant que comme enfant, la voilà en pleine fin d'adolescence prête à suivre les traces de son tonton John. Elle a déjà la malice et le sarcasme qui va avec, on la verrait sans mal succéder à notre héros.

Côté nouveauté, on tout de même le personnage d'Angie qui installera un peu de romance fort bienvenue dans la série. C'était pas gagné d'avance vu qu'Ennis avait tellement bien marqué le lecteur avec la très regrettée Kit Ryan. Jenkis après lui s'y était bien cassé les dents. Heureusement que Peter Milligan semble avoir pris une approche fort intéressante dans son run actuel.

Mais ce qui est bien dans le run de Mike Carey c'est que se sera de bonnes et très longues intrigues qui arriveront à bien s'entremêler entre les différents tomes.

On distingue deux grandes périodes dans ce run.

Sur les traces du Shadow Dog...
Les tomes Sépulcre Rouge, Fleurs noires et Droit dans le Mur sont liés par un mystérieux chien fantôme qui apparait avant chaque signes d'apocalypse. Il s'agit sans doute d'un démon extrêmement puissant que John va se mettre à traquer.
Son enquête le fera voyager pas mal autour du globe et donnera lieu à des rencontres surprenantes. D'ailleurs, Mike Carey aura la bonne idée de nous ressortir ce bon vieux Swamp Thing, un des tous premiers "ami" de Constantine.
Au final, ce sera une intrigue plus riche en rebondissement que ce qu'elle laissait supposer. Le milieu de Droit dans le Mur offre un bon gros retournement de situation plutôt bien pensé.
Constantine devra redoubler d'efforts pour échapper au piège dans lequel il s'est si vite précipité.


Down in the Ground Where the Dead Men Go
La première partie était fort satisfaisante, mais c'est dans cette second période que Carey va se surpasser. Avec Chemin de Croix (qui fait la transition entre les deux histoires), De Quoi se Réjouir (sorti très récemment en France) et Down in the Ground Where the Dead Men Go (pas encore traduit) on rentre dans un arc beaucoup plus porteur pour les fans que nous sommes.
Afin de se sortir d'une situation périlleuse, John va faire un pacte avec une démone aux intentions vraiment sournoises.
A partir de là, c'est vraiment la catastrophe pour notre héros. Le tome De Quoi se Réjouir aborde le numéro #200 de façon assez originale. Mais les répercussions seront assez gigantesques. Je n'en dis pas trop, mais le périple conduira John jusqu'au fin fond de l'enfer, et je le dis littéralement.
C'est aussi là que l'on se rend compte à quel point Carey se sert des auteurs avant lui pour faire évoluer son personnage. La famille de Constantine est mise au premier plan, mais l'on retrouve aussi des nemesis bien connus de la série dont le retour du First of The Fallen qui n'avait pas été aussi bon depuis le départ d'Ennis. Mais il n'y a pas que ça. Aussi il est recommandé d'avoir lu le tout début de la série montrant le clash entre John et Nergal. Carey ira même jusqu'à utiliser certains éléments de l'ère pourtant assez peu glorieuse de Paul Jenkis. Qu'elle soit bonne ou mauvaise, Carey ne fait pas abstraction de la continuité et s'en sert comme base pour rendre la série meilleure. Un concept qui n'a pas vraiment été compris chez certains arachnophiles.
Bien sûr, le profane pourra apprécier cet arc sans connaitre toutes les subtilité des 200 épisodes précédents, mais pour les fans, la valeur ajouté est immense.


Le Don
Notons qu'à la fin de ces histoires, Carey termine son run par deux petits épisodes en stand alone qui nous montre qu'il a tout compris à l'essence du personnage. C'est avec brio qu'il quitte la série, mieux que comme il avait commencé, la toute dernière scène étant très belle.

Mike Carey aura donc fait du bon boulot sur Hellblazer avec des épisodes qui tout en étant assez accessibles pour les néophytes, deviennent très vites incontournables pour les fans.

lundi 2 novembre 2009

Dossier Hellblazer

Afin que mes chroniques Constantiniennes ne tombent pas dans l'oubli, j'ajoute cette rubrique "dossier" sur Hellblazer (accessible dans le menu à droite de l'écran).

Ces sont des articles écrits assez rapidement qui étaient diffusés durant le mois d'aout pendant que j'étais en vacances.
J'en suis d'ailleurs assez content. Tous les articles ne sont pas forcément intéressants, l'intérêt était plus d'avoir une vue d'ensemble que de faire des dossiers vraiment de fond. Mais au final on obtient quelque chose de vraiment complet qui recouvre quasiment l'ensemble de la série.

Les titres en gras sont ceux qui méritent le plus d'être lus.

Hellblazer :


Alan Moore : Swamp Thing, tome3 (#0)

Jamie Delano (#1 à #33) :
- Family Man/Fear Machine
- The Devil You Know
- Original Sins

Garth Ennis (#41 à #83) :
- Dangerous Habits - Le reste du run (j'aurais pu faire un article par épisode tellement sa période est riche, mais par manque évident de temps, j'ai fait un trop bref résumé).

Paul Jenkins - (#89 à #128)

Warren Ellis : (#134 à #143) Haunted, Setting Sun

Azzarello (#146 à #174) :
- Hard Time
- Good Intentions/Freezes Over
- Highwater

Mike Carey : (#175 à #215) Sépulcre rouge, fleurs noires, Droit dans le mur, chemin de croix, de quoi se réjouir, le don


Denise Mina (#216 à #228)- Empathy is the Enemy, The Red Right Hand.

Andy Diggle (#230 à #249) - Joyride, Laughnin Magician, Roots of Coincidences, etc...


Quelques Spin-Off
(hors-séries): Toutes ces machines, Lady Constantine, Chas : The Knowledge.
Le film de la Bd et la Bd du film.
Les tomes actuellement publiés en français.

Dark Entries de Ian Rankin

Pandemonium