Voici un article assez éclectique aujourd'hui. Ces séries sorties le même jour, n'ont pas énormément de liens entre elles, mis à part le fait qu'elles traitent de personnages torturés, pris entre le biens et le mal, et effrayés par la part sombre d'eux mêmes.
Que ce soit un justicier qui chavire du côté obscur, un tueur qui ne supporte plus le meurtre, ou même les deux mélangés dans élan schizophrène, nos héros de la semaine sont en perte de repères.
Daredevil #501
Celui là, c'est vraiment un incontournable. Après une petite mise en bouche dans
The List,
Andy Diggle prend vraiment les rennes de la série. Je ne vais évidemment rien dévoiler du scénario,
Brubaker ayant laissé son successeur sur un cliff de folie comme l'avait fait avant lui
Bendis.
Je me contenterais de vous dire que bien qu'il soit trop tôt pour former un avis définitif, le début s'annonce très prometteur. Le côté sombre de notre héros est plutôt bien exploré, ce qui devrait rendre la suite encore plus palpitante.
Et côté dessin, c'est la grande claque visuelle.
Roberto De La Tore y fait un travail magistral. On est plus proche du
Maleev que
Lark, ce qui n'est pas pour me déplaire, mais la transition se fait en douceur. On sent également un vrai talent pour le découpage, il arrive à nous faire des plans de ninjas qui sautent du cadre de façon assez hallucinante. En tout cas on rentre très vite dans le trip. D'ailleurs, le talent de coloriste de
Matt Hollingsworth ne passe pas inaperçu et sait très bien mettre en valeur son camarade crayoniste. Seul petit reproche : les visages sont façonnés parfois un peu curieusement. Mais sinon, c'est du tout bon et on trépigne d'impatience pour lire la suite.
Criminal - The Sinners
Que les fans de
Brubaker ne désespèrent pas. S'il est parti de
Daredevil, il revient en très grande forme sur
Criminal. La série avait connu un petit hiatus pour laisser place à
Incognito qui je dois l'avouer était un sous-criminal mais avec des costumés peu convaincants.
Mais ce nouvel arc qui introduit le
volume 3 puise aux sources de la série.
On y retrouve
Tracy Lawless, le héros du
tome 2 qui œuvre désormais pour le parrain de mafia locale en tant que tueur à gage.
Tracy a tué des gens toute sa vie, mais cette fois ci le cœur n'y est plus. Ce dernier va devoir accomplir une dernière mission pour se libérer de l'emprise de son patron. Mais rien n'est jamais gratuit, et Tracy risque de vite comprendre que les problèmes ne s'effacent jamais derrière eux.
Bref, on sent le duo
Brubaker /
Philips bien rôdé, ce qui devrait ravir les fans. Les autres qui n'aiment pas
Criminal mais aiment
Brubaker n'auront plus qu'à se rabattre sur
Captain America.Haunt #1
Kirkman est un bon scénariste de comics. Et il a apparemment très bien compris la recette à appliquer pour les faire se vendre.
Haunt est une toute nouvelle série et notre auteur a su comment bien créer l'évènement. Cependant, je ne vais bien sûr pas m'en plaindre puisque la qualité est définitivement au rendez-vous.
Tout d'abord, il ne s'agit pas de
Kirkman seul mais d'une collaboration avec
Todd Mc Farlane, d'ailleurs, l'influence
spawniesque de la couverture n'aura échappée à personne.
Haunt parle tout d'abord de deux frères, l'un est un commando d'élite au grand cœur, l'autre est un prêtre à la moralité plus ou moins extensible. Un évènement va les amener à se rapprocher de manière plutôt inattendue...
La violence est au rendez-vous, mais elle est plutôt bien amenée et n'a pas ce petit côté gratuit où l'on donne des gerbes de sang au lecteur comme l'on donnerait une sucette à un gosse. On peut faire un comics gore et fun sans que ce soit nécessairement racoleur
(oui Millar, c'est à toi que je parle).
Des flingues, des monstres, du sang, tout cela respire un peu le déjà vu. Heureusement, pour tenter de jouer la carte de l'originalité, les auteurs vont s'appuyer sur l'ambivalence des deux frères. C'est d'ailleurs ce que le costume symbiotique de la couverture représente : le blanc/noir, le bien/mal, le prêtre/le militaire. Le plus doux des deux n'étant pas forcément celui que l'on croit. Le concept est très bien résumé par Todd :
One dies, haunts the other, and together they become a superhero. Deux individus dans le même corps à la moralité fort différente et qui vont zigouiller du bad guy ensemble dans un élan schizophrénique. Je sens venir des scènes à la
Deadpool. Difficile de résister donc.
Bref, c'est une bonne série qui semble bien partie. D'ailleurs les dessins de
Greg Capullo et
Ryan Ottley sont pas mal du tout. Et oui, deux scénaristes, deux dessinateurs
(Capullo au découpage et Ottely aux dessins). Ce concept de la dualité/collaboration semble pris très au sérieux. C'est ce qui s'appelle ne pas faire les choses à moitié.