dimanche 27 septembre 2009

Spider-Woman #1

Celui là, on l'attendait au tournant. Tout d'abord parce que l'attente était énorme. Cette nouvelle série reprend Bendis à l'écriture et Alex Maleev aux dessins. La winning team de Daredevil donc. De plus, c'est avec cette série que Marvel espère lancer sa toute nouvelle technologie de web motion comics. Bref, la publicité était très forte sur ce coup là. Et les nombreux retards n'ont fait qu'attiser notre impatience. Mais ce premier numéro est enfin là, il est sorti dans sa version numérique il y a 3 semaine et dans sa version papier mercredi dernier. L'occasion donc de comparer ces deux médias et de voir ce que cette série nous réserve.

Ce Spider-Woman raconte les aventures de Jessica Drew. Cela se déroule bien évidemment après la Secret Invasion (sans pour autant faire partie du Dark Reign). La pauvre Jessica ne sait plus vraiment où elle en est, après avoir été capturée par les Skrulls, elle se retrouve dans une monde qu'elle ne reconnait plus. De plus, elle est devenue le symbole malgré elle de l'Invasion Skrullienne. Bref, le moral est assez bas chez notre héroïne.
Mais voilà que l'on va lui offrir l'occasion de se venger de tous les torts qui lui ont été causés. Elle va devenir agente du S.W.O.R.D. (Sentient World Observation and Response Departement). Sa mission : chasser les derniers Skrulls réfugiés sur notre planète. Une mission aux vertues presque thérapeutique donc pour Jessica.


Ici, on joue beaucoup sur le thriller d'ambiance. Le tout est bien évidemment superbement desservi par les dessins de Maleev. On joue énormément sur les ombres et lumières et la colorisation donne un résultat assez époustouflant. D'ailleurs, notre héroïne voyagera (à Madripoor, ville fictive de l'univers Marvel) ce qui apportera pas mal d'exotisme à ce comics. L'occasion pour Maleev de nous montrer qu'il excelle dans n'importe quel domaine. Ses paysages et autres couchés de soleil, laissent béat d'admiration. Bref, c'est magnifique et le lecteur n'aura aucun problème à se laisser immerger dans les dessins.


Côté écriture, Bendis s'applique bien à nous peindre un portrait d'héroïne torturée. Pour l'instant, l'intrigue est quasiment laissée de côté pour bien nous faire comprendre à la place l'état émotionnel de Jessica. On a donc un premier numéro fort accrocheur, même si j'espère qu'une histoire un peu plus intéressante qu'une simple "chasse aux Skrulls" pointera le bout de son nez.


Maintenant, je me sens un peu obligé de parler de cette "nouvelle technologie de pointe" qui s'appelle en réalité un dessin-animé. Et oui, Marvel espère réinventer l'eau chaude avec ce "concept". Il s'agit en fait de remplacer les phylactères par des voix d'acteurs et de faire bouger d'animer les dessins. "Wahou, ça bouge ! C'est formidable !!" certains pourront se dire. Non, ça ne l'est pas. J'aime bien les dessins animé et j'aime bien les comics, mais ce n'est pas pareil. D'ailleurs, après avoir vu les deux a une semaine d'intervalle, je dois dire que les deux médias n'ont absolument rien à voir.


L'un fait stimule l'esprit du lecteur, l'autre est un simple dessin-animé, assez statique qui plus est. Paradoxallement, la version papier semble plus dynamique que la version animée. Ce web comics n'a absolument rien compris au matériel qu'il essaye d'exploiter. Un comics est un subtil mélange de découpage et de mise en scène qui permet aux formes papiers de prendre vie dans l'esprit du lecteur. La magie du comics n'est pas dans les dessins ou les dialogues, mais les liens invisibles qui se trouvent entre les cases. Ce que fait le web comics est supprimer ces zones magiques, ne laissant au lecteur plus aucune place à l'imagination.

En gros, la faute de Marvel dans ce projet a été de ne pas aller jusqu'au bout de son raisonnement. Ils auraient dût aller jusqu'au bout et faire carrément un véritable dessin-animé en respectant les codes qui vont avec. En cherchant ce juste milieu hybride et bâtard, on obtient un résultat qui ne satisfait personne. Ce n'est pas du bon comics, et c'est assez pauvre pour un dessin-animé.

Bref, comme vous l'aurez compris, pour moi la suite de Spider-Woman se fera par sa version papier.

mercredi 23 septembre 2009

Comment massacrer la poule aux oeufs d'or : juste 3 exemples

On souhaite toujours beaucoup de succès à une série de qualité. On en encourage fortement la lecture, on fait tout pour promouvoir le buzz. Parfois, il n'y a même pas besoin, la qualité de la série suffit à elle seule pour rencontrer immédiatement son public.

Mais parfois, le succès est la pire chose qu'il puisse arriver à un comics ou à une BD. Cela lui monte à la tête et devient ce gros produit adapté pour un public le plus large possible et qui perd tout se qui faisait son intérêt au premier abord.

Voici quelques exemples assez communs.On s'arrêtera à 3 seulement, même s'ils ne manquent pas. Je suis sûr que chacun a en tête un exemple qui lui est proche.

Prison Break

Cette série est l'exemple type des œuvres victimes de leur succès. On a une très bonne première saison. Comme c'est très bien, les gens regardent. Mais au lieu de s'arrêtter on prolonge le fil rouge de manière impossible jusqu'à ce que cela en devienne ridicule. On pousse le spectateur à bout jusqu'à ce qu'il ne soit plus humainement possible de regarder cette série sans avoir mal. Quand la saison 4 se termine, on est soulagé. Un peu comme voir une bête souffrir à l'agonie jusqu'à ce que quelqu'un se décide enfin à l'achever.


XIII


Il fut un temps où XIII était une bonne BD. On bon scénario digne des meilleurs romans. Des conspirations, du mystère. Les douzes premiers épisodes étaient d'une qualité indéniable. Mais comme la plupart des séries à succès, XIII ne sut pas quand s'arrêtter. Van Hamme continua sa série bien au delà de ce qu'il aurait dût.
Au final, les 5 derniers épisodes sont une lente torture. On regarde notre héros pédaler dans le vide face à un scénario inintéressant au possible. Il n'y a même plus de mystère et le méchant n'est qu'un bureaucrate mafieux corrompu. Pas de quoi foueter un chat. Le pire est la fin, les évènements s'enchainent sans aucune cohérence et la fin est banale au possible. Aucun intérêt pour une série qui n'avait pourtant pas peur de surprendre le lecteur à ses débuts.
La série XIII connait deux spin-off : après une bio de La Mangouste, Dargaud se met à éditer une bio de la vie d'Irina. Autant dire qu'à ce stade, la vie de ces persos là, on en à rien à foutre. Mais apparemment, comme ça marche ils n'ont aucune raison de s'arrêter là.


Kick-Ass

Mark Millar sait frapper fort. Il nous a pondu une très bonne série. Les lecteurs pour récompenser cette œuvre ont acheté en masse le comics. Mais voilà que le succès monte à la tête de la série. L'épisode #3 n'était même pas sorti qu'un film était sur les rails. La série est prolongée et les retards s'accumulent (probablement pour avoir un TPB qui sort en même temps que le long métrage).
Fort heureusement, la qualité de la série n'a pas souffert. Les épisodes restent très bons, voir excellent. Malheureusement, on a droit à un épisode tous les 5 mois. C'est une manière curieuse de remercier les fans qui ont rendu ce beau parcours possible.

Et vous, vous avez des exemples en tête ?

dimanche 20 septembre 2009

Powers, tome 5 : Anarchy

Dans le dernier épisode de Powers, nous avons vu l'inspecteur Christian Walker mettre à jour lié au super-groupe FG-3. Ce qui a eu pour conséquences de jeter la carrière de notre héros aux orties.

Cette fois, Deena se retrouve avec un nouveau partenaire et va enquêter sur un groupement dont la principale occupation est le massacre de super-héros.

Ce n'est pas le tome le plus palpitant de la série. Il reste d'ailleurs assez court puisqu'il ne regroupe que les épisodes #21 à #24. Néanmoins, il nous garde quelques moments forts intéressants. On découvrira par exemple ce que devient Walker suite à sa retraite forcée.

A part ça, pas grand chose ne change. Les dialogues restent toujours dans le pur style de Bendis et l'on conserve cette ambiance toujours assez glauque malgré les dessins très cartoonesques de Michael Avon Oeming.

Bref, le charme de Powers est toujours là, mais l'on sentait que cela commençait à s"essouffler. Mais fort heureusement, je vais vous rassurer, ayant lu toute la série en vo, je peux vous affirmer que le tome 6 sera bien au dessus et que la série ne fera que s'améliorer et nous surprendre à partir de maintenant.

Notons que pour compenser la courte durée de cette aventure, Panini a édité un bonus non négligeable. Il s'agit de conversations entre Bendis et Oeming qui changent pas mal des interviews en langue de bois. Les TPB vo regorgent de ce genre de bonus, espérons donc que panini prolonge cette initiative car ce ne sont pas les suppléments qu'il manque à ajouter. Certains TPB contiennent parfois même plus de bonus que d'histoire !



PS : vous pouvez accéder à un petit résumé des premiers tomes édités chez semic ici.

mercredi 16 septembre 2009

Trois ans de Daredevil par Brubaker...

On compte 38 épisodes. Si l'on compte les numéros anniversaires double cela fait 40 (On sera passé de l'épisode #100 à #500 après seulement un peu plus d'un an et demi). Il ne faut pas non plus oublier deux annuals (inédits en France). En tout Brubaker aura travaillé un peu plus de trois ans sur la série de l'homme sans peur. Cela donne en tout 7 TPB. C'est moins long que Bendis (59 épisodes) mais cela reste fort honorable tout de même. Il y aura eu des hauts et des bas. En tout cas Brubaker s'en va et l'heure est au bilan.

C'est un exercice difficile dont vous me pardonnerez les approximations et oublis.
Après plusieurs brouillons, j'ai choisi la facilité d'un plan chronologique.

Le run de Brubaker se découpe en trois grands cycles avec un petit interlude :

Arc 1 : The Devil Inside and Out

The Devil in Cell-Block D
The Devil Takes a Ride

Arc 2 : Hell to Pay
To the Devil, His Due
Without Fear

Interlude : Cruel & Unusual (co-écrit par Greg Rucka)

Arc 3 :
Lady Bullseye
Return of the King

Pour ce qui est des spoilers, rassurez-vous, je ne dévoile pas la fin de Daredevil. Je suis vigilant pour ce qui concerne les tomes encore inédit en France. Par contre, la fin de l'arc "Sans Peur" (le dernier sorti chez Panini) est dévoilé.



The Devil Inside and Out

Il y a 3 ans, Bendis quittait la série sur un cliffhanger franchement osé. Matt Murdock était incarcéré dans la prison haute sécurité de Rykers dans l'attente de son procès pour être le justicier Daredevil. Face à un suspense de cette ampleur, Brubaker se devait de ne pas décevoir. L'auteur de Criminal commence donc son run en plein milieu carceral. Le résultat fut une claque en plein figure. Un héros sur les nerfs prêt à tout pour venger la mort de son meilleur ami. De plus, c'est une avalanche de personnages clés pour la série qui feront leur apparition. Le Caïd, Bullseye et même le Punisher. La relation entre ces ennemis va évoluer d'une manière assez intéressante. Les rapports entre Daredevil et le Kingpin ne seront plus les mêmes après cet arc.

On notera la réintroduction du personnage de Carlos LaMuerto aka Black Tarentula auquel il consacrera deux annuals de qualité moyenne.

Brubaker ne nous offre un scénario riche en rebondissement avec un suspense à couper le souffle. Malheureusement, il ne réussira pas à renouveler l'exploit. Son premier tome restera le meilleur moment de son passage sur la série.

Dans la deuxième partie, c'est à un Daredevil fugitif auquel nous avons affaire. Notre héros fera un petit voyage en Europe, dont Paris. Ici, le rythme sera beaucoup plus lent. Cette histoire souffre évidemment de la comparaison avec les épisodes précédents.
Néanmoins, l'intrigue n'est pas trop mauvaise et nous réserve une grosse surprise en nous révélant qui tirait les ficelles depuis le début. C'est une révélation plutôt bien amenée de la part de Brubaker. Ce dernier arrive même à conclure l'histoire du FBI et de la presse de manière crédible sans avoir recours à la méphistoïerie.
La fin de cet arc apporte d'ailleurs une conclusion fort convenable à ce qui s'est passé sur la série depuis le début du run de Bendis. Cela aurait pu être un bon endroit pour les lecteurs souhaitant s'arrêter. Maintenant que cela est réglé, Brubaker peut passer à ses propres histoires.


Hell to Pay

Notre héros retourne à Hell's Kitchen où il s'aperçoit que la criminalité est en plein ébullition. A côté de cela deux vieux méchant vont refaire leur apparition. Le premier est Melvin Potter, surnommé le Gladiateur. C'est autour de lui que va se centrer le premier tome. C'est un méchant assez peu charismatique, mais cette histoire est surtout là pour permettre à l'auteur d'exploiter les difficultés du couple Matt/Milla (tant qu'il le peut encore). De plus, l'on se rendra compte qu'une véritable machination s'était mise en place pour faire souffrir notre héros.

En effet, Mr Fear tirait les ficelles. On ne le découvrira qu'à la toute fin de la première partie. Encore heureux d'ailleurs car sinon le ce premier tome aurait été complètement dépourvu d'intérêt.
la deuxième partie est beaucoup plus dramatique. Et c'est d'ailleurs là que l'apport de Brubaker sur la série va montrer ses limites. Suite à l'accident de Milla, nous allons retrouver un Matt Murdock au bord de la crise de nerf. Le même Matt Murdock qui semblait perdre la raison entre les mûrs de Rykers. Là où un héros est censé faire preuve de sang froid, Daredevil perdra toutes c
es facultés pour devenir le diable rouge colérique complètement dépourvu de ses moyens.
C'est en effet, le plus gros défaut du parcours de Brubaker sur cette série. Quasiment à chaque fois que Daredevil se trouve fasse à une difficulté, il adoptera cette attitude de passif/agressif névrosé qui ne pense plus que par ses poings. Et cela ne s'arrangera malheureusement pas durant les arcs suivants.

Malgré ce gros point noir, le tome Without Fear reste tout de même franchement bon. Brubaker a le mérite de faire ressortir un vieux méchant du placard pour le ranger immédiatement dans le top 3 des supers-villains de la série. De plus, cette aventure n'est pas dénuée d'émotion. Mr Fear (clone de Liev Shreiber sous les traits de Lark) a instauré la crainte chez l'Homme Sans Peur ce qui montre le talent scénaristique indéniable de Brubaker. Il nous rappelle également qu'un héros ne peux pas gagner à tous les coups, et que si les victoires sont savoureuses, les échecs eux, peuvent être catastrophiques.


Interlude : Cruel & Unusual

Après toute cette tension dramatique, notre héros avait besoin d'une petite pause. Cet Arc bien qu'il s'inscrive dans la continuité peut se lire de manière indépendante.
Big ben Donovan est accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. Pourtant ce dernier avoue être l'auteur de ces actes horribles et refuse l'assistance de tout avocat. Il est effrayé par quelque chose, c'est évident. Le rôle du gouvernement dans cet affaire est d'ailleurs on ne peut plus louche.
Avec Greg Rucka au scénario (Queen & Country) nous plongeons en plein milieu d'une affaire d'espionnage à la sauce super-héroïque. Mais le talent de Rucka ne réside pas dans la construction de cette conspiration mais dans l'attitude que son personnage principal, Matt Murdock va avoir face à celle-ci.

Celui-ci toujours traumatisé par les évènements de l'arc précédent va réapprendr
e pourquoi il enfile un costume. Il va un peu sortir de sa torpeur et se battre pour un idéal de justice. C'est cette évolution du personnage tout au cours de cette aventure qui fera la richesse de cette histoire.

Lady Bullseye/Return of The king

C'est avec Lady Bullseye que malheureusement Brubaker va se planter assez lourdement. Tout d'abord la version féminisée d'un des pires ennemis de Daredevil n'apporte pas grand chose. Cela aurait pu être n'importe quel autre bad guys, on aurait pas vu la différence. Ensuite, alors que Greg Rucka nous avait sorti un très beau scénario pour remettre le train Murdock sur les rails, Brubaker va le refaire dérailler aussitôt.
On va retrouver cette attitude du énervante de l'égoïste qui se met à penser que la terre entière lui en veut. Daredevil va encore une fois croire que tout tourne autour de lui et n'accordera pas d'importance à qui il blesse. A croire presque que Brubaker n'aime pas son héros.

Néanmoins, si la première partie est désastreuse, elle se rattrapera avec brio dans sur la fin. Brubaker ne rate pas tout. Loin de là. L'i
ntroduction du personnage de Master Izo, sensei-ninja-alcoolique, est par exemple fort réussie. De même, la réapparition de la Main et de ses remous après la skrullisation d'Elektra est fort bien développée. L'auteur orchestre également le retour du Caïd avec une assez grande habileté. Au final ce dernier arc ressemblera à un gigantesque échiquier dans lequel chaque clan poursuit un objectif distinct.

Mais il faut attendre l'épisode #500 pour que l'auteur rectifie le tir. L'attitude de notre héros prend plus de sens avec l'arrivée de cet ultime numéro.

Si chute de Daredevil a été si douloureuse
, ce n'était que pour mieux le faire se relever. Au dernier moment Matt se reprendra en charge pour faire ce qu'il faut. Et cela aura vraiment de très fortes conséquences sur la série et sur le long terme (mais je ne vous dirais pas ce que c'est hé hé hé).

Au final, Brubaker aura utilisé son plus gros défaut pour le retourner en avantage. La fin qui pourrait sembler tragique chez n'importe quel autre auteur est tournée en acte de rédemption. Notre héros est conscient de son comportement et du tort qu'il a causé à ces proches. Et il est prêt à prendre des mesures drastiques pour se faire pardonner auprès de ses amis et surtout de se pardonner à lui même.

Brubaker quitte donc cette série sur une note qui sonne parfaitement juste et donne furieusement envie de lire la suite, comme Bendis l'avait fait avant lui. On en viendrait presque à pardonner les quelques errements de l'auteur pour réaliser qu'au final il a accomplit un assez bon parcours.


Cher Andy Diggle, tu as du pain sur la planche...

samedi 12 septembre 2009

Ed Brubaker's Angel of Death

Brubaker écrit des comics. Mais pas seulement. Loin de la maison Marvel, il a écrit un téléfilm sorti directement en DVD intitulé "Ed Brubaker's Angel of Death". Non, cela ne s'appelle pas juste "Angel of Death", l'auteur a bien ajouté son nom dans le titre. Ce qui signifie deux choses : ou bien ce cher Ed essaye de capitaliser autour de sa base de fan pour vendre son dvd (ça a marché pour moi), ou alors le titre Angel of Death est vraisemblablement déjà pris et plutôt que de chercher un nouveau titre, on le modifie légèrement. A mon avis la réponse est un peu entre les deux. Mais passons, ce détail n'a que peu d'importance.

Nous voici au cœur d'une organisation de tueurs à gage. La tueuse la plus expérimentée, Eve (Zoë Bell) remplit toutes sortes de contrats pour diverses organisations mafieuses. Jusqu'au jour où une mission va mal tourner. Après cela, Eve ne sera plus jamais la même. En effet, notre héroïne recevra un coup de poignard qui lui traversera le cerveau dès le début du film. Dans son élan, elle tuera une petite fille innocente. Ce sera le déclic pour elle qui la poussera à venger ses victimes contre l'organisation qui l'a employée.

Si la comparaison avec Criminal semble flagrante au premier abord, on ferait bien de s'en éloigner. Bien entendu, les personnages évoluent dans un univers assez noir infestées par de petites frappes en tout genre. Mais la comparaison s'arrêtte là. Car Angel of Death n'est pas ce que l'on pourrait considérer comme un polar réaliste. C'est un téléfilm d'action fun, gore et ponctué par du Rock'n Roll.

C'est d'ailleurs ce qui sauve ce téléfilm (qui était à l'origine une mini-série), on sent que les acteurs ne se prennent pas au sérieux. Le cast est d'ailleurs pas trop mal malgré le faible budget. En plus de Zoë Bell (Grindhouse), nous avons droit à Doug jones (Abe Sapien dans Hellboy) et même Lucy Lawless. De ce fait, on en oublie les quelques longueurs entre les scènes d'action.


Car des longueurs, il y en a dans ce téléfilm qui ne dure pourtant un peu moins de 1h20. Bien que je suis heureux que Brubaker soit arrivé à se débarrasser de la fâcheuse habitude qu'il a d'utiliser la voie off dans ses comics, il ne la remplace pas par des dialogues particulièrement percutants. La réalisation de Paul Etheredge reste assez plate. On sent le manque de moyens. Cependant, Zoë Bell qui fait ses propres cascades ne se débrouille pas trop mal dans les scènes d'action. On sent que c'est elle qui tire cette production par le haut, d'ailleurs Brubaker avoue avoir écrit ce scénario pour elle.

On en retiendra donc un petit film pas mauvais et assez divertissant. L'idéal pour un samedi soir quand il n'y a rien d'autre à la tv. Mais entre le regarder quand ça passe et l'acheter en import, il y a un grand pas que je ne peux pas sérieusement vous recommander de franchir.

jeudi 10 septembre 2009

DMZ, tome 7 : War Powers

Les choses évoluent vites dans la DMZ. Après les élections mouvementées du tome 6, Brian Wood rééquilibre les différents rapports de forces.
Depuis le début de la série, nous avons rencontrés différentes factions : patriotes, militaires, yakuzas et mêmes des écolos. Il était venu le temps de les voir enfin interagir sur ce gigantesque échiquier politique qu'est ce New-York ravagé.

Parco Delgado, fraichement élu, décide de se faire sa place dans les différents cercles de pouvoir. Il bénéficie d'une certaine aura et d'un fort élan de popularité, mais cela va t-il durer ? Mais il doit se méfier, car ses adversaires n'attendent qu'un seul faux pas de sa part pour l'éliminer du circuit.

Quand à notre héros, Matty Roth, il ne sait plus vraiment où se situer. Il commence à avoir des doutes sur le candidat qu'il a jadis soutenu. En effet, Delgado est comme ces présidents d'Amérique du sud qui savent jouer sur la corde populiste sans que l'on soit vraiment sûr de leurs véritables intentions.

Et notre journaliste a pourtant perdu son "impartialité" journalistique pour ce candidat. Mais at'il misé sur le bon cheval ?

DMZ revient très en forme dans ce tome. La série avait connu une période creuse ces derniers temps, mais Brian Wood reprend ce qui avait fait le succès des premières histoires, à savoir des manipulations, des luttes de factions réservant de multiples rebondissement. Et au milieu Matty qui se fait balader tout en essayant de garder la tête hors de l'eau.

Mais contrairement à notre héros, chaque faction agit dans un objectif bien déterminé. Chacun de ces groupements à un agenda ou un but secret inavoué. Mais pas ce cher Roth. Qu'est ce qui le pousse donc à se mêler de ces conspirations qui ne le regarde pas. Quel but poursuit-il donc ? Sait-il seulement ce qu'il veut ?

Bref, il en ressort une histoire assez prenante, Wood soigne son intrigue sans délaisser ses personnages. Malgré le déferlement de personnages clés de la série, l'auteur prend le temps de bien nous faire saisir ce qui fait tiquer chaque protagoniste. On se rend compte à quel point en une quarantaine d'épisode, notre scénariste a su bâtir un univers extrêmement riche.

Avec ce War Powers, DMZ atteint le niveau très élevé qu'elle avait à ses débuts. Brian Wood a bien pris le temps de poser les bases de la série, il semblerait que maintenant l'on rentre dans une phase beaucoup plus intéressante.

samedi 5 septembre 2009

Ultimate Comics Avengers #1


Hier je me suis pris le Ultimate Comics Avengers numéro un. Grand bien m'en a pris.

Millar avait déçu certains (pas moi) avec son run sur les Quatre Fantastiques dans lequel il remplaçait l'action par des scènes de familles plus intimistes. Après sa petite expérience plutôt mal accueillie, il revient aux sources de ce qui fait sa popularité chez ses fans. A savoir : des scènes d'actions complètements barges ponctué par des dialogues insolents, drôles et bien sentis. En effet, c'est un Millar en pleine forme que nous avons là et c'est dur de ne pas tomber sous le charme.

Hawkeye se jette dans le vide pendant que Captain America traverse une fenêtre à moto du haut du Baxter Builing pour aborder un hélicoptère en plein vol. La scène d'action est rythmé et spectaculaire. Le tout très bien desservi par les dessins Pacheco. Mais une fois l'engin pris d'assaut, et que l'on croit la bataille terminée après nous en avoir mis plein la vue, on se rend compte qu'il y a un deuxième hélicoptère. Cap et Hawkeye se lance alors un "bon, on passe au suivant" et c'est reparti pour une deuxième scène d'action encore plus spectaculaire que la première.

Cette scène résume bien le talent de Millar sur la série. Il ne nous laisse pas le temps de souffler, il va toujours dans l'excès. Avec cet auteur, il en faut toujours plus. Une scène d'action avec un hélico ne suffit pas, il va donc nous mettre une scène d'action avec deux hélicos.

Certains pourrait y voir une forme de facilité, Millar chouchoute vraiment ses lecteurs en leur donnant sans modération ce qu'ils ont envie de lire. Mais il y a dans cet Ultimate Avengers quelque chose d'extrêmement jouissif, voir de libérateur. Cet auteur est un grand enfant
qui nous rappelle que les comics sont faits pour être fun et on le remercie pour ça.


PS : Il y a même un scénario !


Carol Danvers - You're insane. You know that ?
Hawkeye - I believe you mean awesome.



mercredi 2 septembre 2009

blogwithoutfear aura toujours une longueur d'avance !

Le 5 août dernier, j'avais rédigé un article sur l'action en justice visant à interdire Tintin des librairies françaises.

Quelques un de mes lecteurs s'interrogeaient sur cette actualité dont quasiment personne ne parlait. Et bien cette affaire s'apprête à prendre une tournure "officielle" puisque l'AFP a repris cette nouvelle avec plus d'un mois de retard. Et oui, j'ai battu l'Agence France Presse. I win !
J'ai battu le Figaro (pas très dur, ils avaient mis une photo de Batman pour illustrer le rachat de Marvel par Disney!).
J'ai battu l'Express, j'ai battu TF1 et France 2 réunis ! Bref, je les ai tous coiffés au poteau!

Maintenant, je n'écris pas cette article juste pour mon égo (un petit peu mais pas trop). De temps en temps, j'aime bien jouer les cyniques qui voient le mal partout et adepte des théories du complot.
Pourquoi donc l'AFP aurait mis un mois de retard pour publier cette info ?
Parce que au moment où la plainte a été déposé le 27 juillet, tout le monde s'en foutait. Les français étaient en vacances, l'actualité politique se résumait au jogging de notre président et les JT préféraient couvrir le décès de Michael Jackson plutôt que les élections en Iran. Bref, c'est pas au mois d'aout qu'on allait faire couler beaucoup d'encre là dessus.

Mais maintenant, c'est la rentrée ! Tout le monde est revenu, on va enfin pouvoir s'engueuler sur Tintin. Car avant d'être une opération juridique, il s'agit d'une affaire médiatique. Monsieur Mbutu a visiblement envie de faire parler de lui dans cette affaire pour des raisons qui nous sont étrangères.

"Oh, voyons Matt, tu vois le mal partout."
Quel est l'avocat en charge du dossier ?
Il s'agit de Maitre Collard, le profil parfait de l'avocat dont on a besoin quand on veut passer à la tv.

D'ailleurs la polémique commence à prendre. Voyez sur Jules, Philippe Bilger ou Aliocha y ajoutent leur contribution parfois fort intéressante.

Mais c'est amusant de voir comment une polémique nationale peut être aussi facilement orchestrée comme l'on choisirait une date d'un évènement quelconque sur un calendrier.

Philippe Bilger arrive résumer le cœur de ce que je pense de cette affaire en deux phrases :

"Ces péripéties au sujet d’une œuvre universellement connue seraient seulement ridicules si elles n’étaient révélatrices d’un délitement de la liberté d’expression, de l’absurdité de l’application du principe de précaution à celle-ci et, plus généralement, d’un abus de conscience. Il me semble qu’il y a un moment où, en effet, l'exigence morale invoquée à tort et à travers devient plus mécanique que profonde et dégrade l’éthique au nom de laquelle elle prétend intervenir."

C'est en effet, ce que moi, personnellement, je retiendrais de toute cette affaire.

Mais vous, surtout, retenez bien que je vous en avais parlé avant !! ;)

mardi 1 septembre 2009

Ultimate Comics Spider-Man #1


Attention. Cet article contient des spoilers à propos des éventuelles répercussions de la fin du volume 1 sur la série. Peter Parker serait-il une autre victime de la boucherie Ultimatum ? Cliquez donc à vos risques et périls.


Hop ! C’est reparti ! Bendis ne recommence pas à zéro. Rassurez-vous, pas de Mephisto, pas de clone ou d’autres stratagèmes débiles pour remonter dans le temps. Le début de ce volume 2 consiste juste à repartir sur de nouvelles bases sans faire abstraction des 135 numéros précédents.

On doit donc plus considérer ça comme une « saison 2 » que comme une nouvelle série. Encore heureux donc, puisque tout ce qui a déjà été fait ne part pas à la poubelle.

Par contre, l’on peut s’attendre à de grands changements. Si les aventures semblent les mêmes, Bendis change carrément de formule. Le lecteur attentif s’apercevra que les choix qui ont été faits ne sont pas anodins.

Tout d’abord, ce qui saute aux yeux c’est bien sûr le remplacement d’Immoen par David Lafuente. Et là, il faut dire que cela fait un peu un choc. Non pas que ce soit moche, loin de là. Mais la tonalité des dessins change radicalement. Le trait est léger, c’est très coloré. Ce mois-ci est d’ailleurs sorti en français un annual dessiné par Lafuente. Vous pourrez donc facilement vous faire une idée de ce qui vous attend. Moi, ce qui m’a marqué c’est la proportion des visages. Que ce soit dans les yeux ou les expressions, cela fait très manga, et je pense que c’est parfaitement voulu par les auteurs en question.

Mais la tonalité ne change pas que pour les dessins. Bendis instaure une nouvelle dynamique autour de notre héros. Là on rentre presque dans une forme de « tout le monde il est beau, tout le monde in est gentil ». Spider-Man est salué par les policiers, sa vie sentimentale (grosse surprise d’ailleurs !) est bien remplie. Parker à même la bénédiction de sa tantine. Pour nettoyer son costume, il lui suffit de le mettre dans la pile de linge sale et la brave May s’occupe du reste. Bref, ce premier épisode donne un ton pépère et très gentillet.

Autre détail qui fait un peu sursauter : on apprend que Peter a toujours 16 ans ! C'est-à-dire le même âge que quand il s’est fait piquer par l’araignée (a moins que ce soit 15, dites moi si je me trompe). Surtout que Bendis annonce une ellipse narrative de 6 mois entre le volume 1 et le volume 2.
D’accord, c’est important que le héros reste jeune, mais il ne faudrait quand même pas exagérer.

Bref, il ne s'agit pas vraiment d'une remise à plat, mais d'une réorientation. Il est encore trop tôt pour s'avancer, mais j'ai l'impression que ce volume 2 vise une nouveau type de public. Et peut être que je n'en fait pas parti.