lundi 31 août 2009

Face it, Tigrou, you just it the jackpot!


(je précise, les blagues ne sont pas de moi, mais des auteurs marvel sur twitter).

Si ça ce n'est pas un des premiers signes de l'apocalypse, je ne vois pas ce que c'est...

Quelques dessins humoristiques trouvées sur twitter (cliquez ici pour la source) :


Behold Moduck !

Le nouveau look de Daredevil :

mardi 25 août 2009

Hellblazer : Période Andy Diggle

Terminons notre « Saga Hellblazer » par le dernier run en date, celui de Andy Diggle qui d’ici septembre sera pleinement aux commandes de Daredevil. Il est donc intéressant de voir à quel type d’écrivain nous aurons à faire.

Alors, qu’a donc bien pu apporter Diggle au personnage ?
Eh bien pas mal de choses. On aurait pu croire qu’après près de 250 épisodes on a fait le tour de la série, mais il n’en est rien.

Tout d’abord, l’auteur va tenter de redonner à Constantine la classe qu’il avait d’antan. Beau costume, bien coiffé comme aux origines, les gants blancs en moins. Ce n’est plus le pochtron déprimant qui passe son temps à s’apitoyer sur lui-même. Notre héros va reprendre son assurance et son self-control. Cela tombe bien, c’est exactement ce dont Daredevil aurait besoin en ce moment.
Mais rassurez-vous, si le personnage reprend confiance en lui, son attitude égoïste, cynique et manipulatrice est toujours bel et bien présente.

Avec cela, nous aurons droit à une intrigue assez importante. Les 17 épisodes du run sont tous plus ou moins liés à la même intrigue. On se retrouve donc avec un scénario conséquent qui ne manque pas d’intérêt. John, en plus de devoir faire face à un mage sanguinaire terrifiant qui le traque persuadé qu’il est le « laughin magician ». Son but : lui prendre son pouvoir en lui dévorant la cervelle. Mais comme si cela ne suffisait pas, il devra contrecarrer les plans d’un politicien véreux prêt à tout pour arriver à ses fins. On se demande lequel est le pire, surtout que ces deux vilains sont plus proches qu’ils en ont l’air…

Côté dessins, Vertigo a eu la bonne idée de conserver Leonardo Manco qui avait déjà fait preuve de son art sur le run de Denise Mina. Les dessins sont toujours superbes, mais en plus cette fois Diggle lui donne des scènes bien gores à dessiner. Le traits est beau mais pas trop réaliste. C’est parfois assez proche du travail de Maleev, un auteur que j’adore.

Mais Constantine ne se contentera pas de déjouer les plans démoniaques de ses adversaires, il va également revenir sur les origines d’un de ses pouvoirs les plus mystérieux : la « Synchrnonicity ».
Cela ne vous a pas paru étrange que le destin amène toujours notre héros au bon endroit au bon moment. Que le hasard arrange les choses de manière à ce que Constantine soit aux premières loges de tous les évènements surnaturels se produisant dans son entourage. Toutes ces coïncidences trouveront une explication dans son dernier chapitre, « The Roots of Coïcidences ».

L’auteur a donc su marquer le personnage à sa manière tout en respectant la continuité de ses prédécesseurs. Je dirais même plus, qu’il s’en est servi pour le faire rebondir.

Un parcours presque sans faute donc pour Diggle qui me donne confiance dans le fait qu’il sera parfaitement apte à nous sortir de l’excellent travail sur Daredevil.


Voilà, s’en est fini de mes articles sur Hellblazer. On parlera de Peter Milligan, l’auteur actuel de la série, pour une autre occasion (ainsi que de Mike Carey). Je devrais bientôt revenir de mes vacances, alors patientez confortablement et profitez tranquillement de la fin de votre mois d’aout.



Au programme de septembre :
Daredevil 500 !
Ultimate Comics Spider-Man !!
Ed Bubaker's Angel of Death !
Little Crooked Vein de Warren Ellis.
Et plein d’autres choses bien entendu. Surtout que comme le Dark Reign arrive très bientôt en France je pourrais enfin me mettre à parler de « vous-savez-qui » sans avoir à spoiler tous les autres…

lundi 24 août 2009

Hellblazer : Empathy is the Enemy

Désolé, je saute la période Mike Carey. Elle est beaucoup trop longue pour être traitée en un seul article. Et comme elle est publiée en VF, je trouve dommage de la synthétiser. J'en parlerais donc à mon retour toute fin aout ou début septembre.

Passons donc à la période d'après : Denise Mina.



Empathy is the Enemy
(et The Red Right Hand)


Après Mike Carey, c’est au tour de Denise Mina de prendre le relai pour un petit run d’une douzaine d’épisode.

Cette dernière est réputée dans le monde de la littérature mais n’avais encore jamais écrite de comics. On pouvait craindre les erreurs de débutants, mais fort heureusement il n’en est rien.

John ne s’est toujours pas remis des évènements du run précédent. Il décide de mettre un frein sur la pratique de la magie. Mais un certain Chris Cole va lui demander de l’aide, celui-ci est frappée par une malédiction fort troublante. Il s’agit d’un sort qui rend les gens empathiques les uns aux autres. Chacun ressent les émotions de toutes les autres personnes rencontrées ou présentes dans une pièce.

Mais si certaines émotions sont fort agréables à partager, d’autres peuvent s’avérer plus dangereuses : haine, culpabilité colère, dépression. Si ces sentiments deviennent trop forts ils peuvent pousser au suicide voir même vous détruire l’esprit.

John va donc partir à la recherche du mystérieux magicien à l’origine de cette incantation. Notons que Mina n’est pas Britannique mais Ecossaise. C’est donc tout naturellement que John Constantine prendra la route de Glascow dans une histoire riche en rebondissements.

La qualité de toute la première partie du run de Mina est qu’elle sait conserver ce qu’il faut de mystère. Et elle nous dévoile petit à petit les bases de son intrigue. C’est donc une petite enquête assez prenante à suivre et plutôt bien menée.

L’auteur arrive également bien à nous faire comprendre que l’on est plus à Londres. L’ambiance « Scotish » est bien présente et adapte les mythes et attitudes qui vont avec. Paysages, architectures, on ressent bien le dépaysement.
D’ailleurs, le dessinateur Leonardo Manco ne manque pas de talent et parviens sans problème à imposer un climat envoutant.

C’est dans la deuxième partie du run de Mina que le ton change. L’arc The Red Right Hand fait directement suite à Empathy is the Enemy. Cependant, l’enquête est remplacée par une ambiance d’apocalypse assez classique. John va encore devoir sauver le monde pour une énième fois.

Cette deuxième partie ne manque pas non plus d’humour. On sent que notre héros est complètement blasé. D’ailleurs, s’il accepte d’aider uniquement pour éviter une pénurie de cigarette et son sevrage forcé. L’issu de l’humanité sera d’ailleurs étrangement lié à un match de football. Mina sait jouer sur les deux tableaux en apportant ce qu’il faut de tension mais en l’atténuant par des scènes presque comiques.
C’est de très bonne qualité, mais on sent le déjà vu. Il rappelle par certains aspects le Starring at the Wall de Carey.

Mais au final, l’auteur respecte bien la thématique de son œuvre, à savoir l’empathie. Qu’est ce qui nous pousse à nous lier aux gens ? Quels sentiments partager ? Mina suit tout le long cet angle et apporte des scènes intéressantes, voir même émouvantes.

dimanche 23 août 2009

Hellblazer : période Paul Jenkis

Après Garth Ennis et avant Warren Ellis vint Paul Jenkins sur un run qui est vite tombé aux oubliettes. Pour cause, il n’existe aucun TPB de ses arcs. Impossible de mettre la main sur son travail. Sauf sur internet bien sûr. J’avoue, c’est donc sans scrupule que j’ai téléchargé ce run. C’est d’ailleurs très pratique sur un pc de voyage.

Ensuite, il y a une raison pour laquelle ce run n’a jamais été éditée. Elle est très simple : ce n’est pas très réussi. Tout d’abord c’est beaucoup trop bavard, l’auteur en fait des tonnes là ou Ennis arrivait à résumer une idée en quelques phrases bien placées. Pourtant, Jenkis collaborait avec Sean Phillips (Criminal, Incognito) qui s’en sortait plutôt bien.

Donc on s’ennuie pas mal durant ces arcs. Jenkis nous sort toute une bande de copains sortis de nulle part dont on se fiche un peu. Mais surtout, le plus énervant, est qu’il va rater des moments clés pour la continuité de la série.

Il ne réussira pas à capter l’essence des personnages laissés avant lui. Le First of the Fallen perd toute son intensité dramatique, les choix d’Ellie sont incohérents. Bref, il casse un peu l’ambiance.

Mais tout n’est pas à jeter non plus. Son premier vrai arc sur son dédoublement est satisfaisant. D’ailleurs, s’en servir comme fil rouge était une plutôt bonne idée. Constantine créé un double de lui-même pour échapper au diable. Mais une fois cette copie effectuée, il ressent comme un vide. Cette idée était plutôt bien exploitée, mais ce fut le seul grand moment d’un run pourtant assez conséquent.

Paradoxalement, Jenkis s’en sort mieux sur les one shots que sur les grands arcs. Certains sont plutôt bien trouvés et très émouvants. Ils sont d’ailleurs plus nombreux que les arcs classiques.

Bref, c’est un échec, cependant, quelques passages auraient quand même mérités d’être édités. Mais pour le reste, comme ses délires sur le mythe du roi Arthur ou le pays imaginaire, c’est vrai que ça mérite la poubelle.





L'avis de Youtokine :


Au début, je ne pensais pas lire ce run par manque de temps. J'avais donc demandé à Youtokine qui connait bien cette série, s'il pouvait en parler à ma place. Comme il avait un avis défavorable sur ce le travail de Jenkis, j'ai voulu lire cette période par moi même avant d'en dire du mal. Finalement, nos avis convergent pour beaucoup...
Je poste l'article qu'il m'a écrit, comme ça son travail n'aura pas été vain. Vous pouvez aussi visiter son blog ici.


Paul Jenkins (Hellblazer #89 à #128)

Paul Jenkins aura passé plus de 3 ans à écrire 40 épisodes consécutifs de Hellblazer. La version Trade Paperback de son run est cependant introuvable, aussi bien aux Etats-Unis qu'en France, et pour cause: elle n'existe pas. De là à en déduire que DC a jugé le potentiel commercial de ce run comme trop faible pour se donner la peine de le sortir en TPB, il n'y a qu'un pas que, personnellement, je me permettrai de franchir allègrement.
La période Jenkins divise en effet les fans de Hellblazer en 2 catégories: d'un côté, ceux qui trouvent que ses histoires apportent une rupture de ton bienvenue par rapport au style grandguignol d'Ennis, et de l'autre, ceux qui se sont tout bonnement fait chier au point de décrocher de la série.
D'un point de vue purement quantitatif, la seconde catégorie semble être majoritaire (et donc donner raison à DC) puisque le run de Jenkins est caractérisé, entre autres, par une chute drastique des ventes de Hellblazer.
Qu'est-ce qui a bien pu autant déplaire aux fans?
Une première part de responsabilité pourrait être "attribuée" à la galerie de personnages secondaires introduits par Jenkins. En effet, alors que Garth Ennis, avec la gouaille qu'on lui connait, avait réussi à créer des personnages attachants et haut-en-couleurs pour seconder John Constantine, les seconds couteaux de Jenkins se sont révélés à l'image de ses histoires: banals. Seuls sortent du lot son ami Rich, rescapé de la période "punk" de Constantine, et Dani, une journaliste afro-américaine qui deviendra sa compagne. Face à Chas et Kit, cependant, les personnages de Jenkins ont autant de charisme que des lampadaires et Jenkins ne parvient pas non plus à créer de "vilain" aussi marquant que le First of the Fallen d'Ennis ou le Nergal de Delano.
Une deuxième cause du déclin d'intérêt pour Hellblazer sous Jenkins est probablement aussi à rechercher dans le désir de ce dernier de se distinguer de ses prédécesseurs en s'éloignant du genre horreur qui avait pourtant contribué au succès de la série jusqu'alors. Jenkins, afin de marquer son passage dans la série, décide en effet de puiser son inspiration dans la mythologie celtique (légendes Arthuriennes, Merlin...) et le folklore britannique (Jack in the Green, Abaton...) plutôt que dans les thèmes de prédilection Dieu/Diable/Enfer/Paradis propres à Hellblazer qu'il continue cependant d'utiliser mais, semble-t-il, plus par obligation que par réelle inspiration.
Malheureusement, ce changement d'orientation, plombée de plus par une narration insupportablement lente et des intrigues d'une platitude affligeante, ne convainc pas les lecteurs qui décrochent impertubablement de la série. S'ajoute à cela un timing totalement défavorable à Jenkins puisqu'en 1995 DC/Vertigo sort un nouveau titre appelé... "Preacher", d'un certain Garth Ennis, qui se charge de rallier les déçus de Hellblazer à la recherche du gore qui fait maintenant défaut à la série. Paul Jenkins jettera l'éponge au 128ème numéro de Hellblazer, non sans avoir, comme pour s'excuser de son "échec", fait table rase de sa trop insipide galerie de nouveaux personnages.


Les "points forts" de la période Jenkins:
- arc "Critical Mass" (#92 à #96): Constantine se divise en deux et envoie sa "mauvaise moitié" en enfer
- arc "Difficult Beginnings" (#102 à #104): Constantine se rend compte qu'il ne peut fonctionner correctement sans sa moitié sombre mais, devant le refus de celle-ci de le réintégrer, "souille" son âme en copulant avec Ellie (la démone créée par Ennis)
- arc "Last Man Standing" (#110 - #114): Constantine est chargé de trouver le descendant du roi Arthur et découvre qu'il s'agit de l'un de ses propres amis.
- épisode #120: épisode anniversaire pour les 10 ans de Hellblazer. Cet épisode ne vaut que pour le petit jeu qui consiste à reconnaitre qui est qui parmi les anciens scénaristes et autres membres de DC caricaturés par Sean Philips.
- arc "How to Play with Fire" (#125 - #128): un ami de Constantine est convaincu par le fantôme de son épouse morte que Constantine est responsable de la mort de celle-ci. Le fantôme se révèle en fait être Ellie qui désire se venger de ce que Constantine lui a fait dans "Difficult Beginnings".

samedi 22 août 2009

Hellblazer : Quelques Spin-off

Comme toutes les séries à succès, l’éditeur tente de vendre quelques épisodes supplémentaires par-ci par là. L’intérêt de ces minis séries reste très variable. Parfois c’est une franche réussite, parfois le projet manque cruellement d’intérêt.

Je n'ai pas lu Papa Midnite, c'est donc assez logiquement que je n'en parle pas...


All His Engine
(Toutes ces machines)

Ce premier spin-off existe en français chez panini. Il est écrit par Mike Carey et d'une grande qualité. D’ailleurs, je ne comprends pas vraiment pourquoi il est considéré comme un spin-off puisqu’il rentre parfaitement dans la continuité de la série.
Peut-être qu’il est sorti au moment du film (l’histoire dans celui là se déroule comme par hasard à Los Angeles) et que vertigo espérait avoir un titre supplémentaire à vendre.
Dans ce tome, John va devoir contrer une mystérieuse épidémie frappant le monde entier. Cette épidémie est bien entendu liée à un démon et est bien évidemment vraiment dangereuse contrairement à certaines grippes très à la mode à la tv ces derniers temps…
Bien que ce soit un spin-off, les éditeurs se sont vraiment appliqués. Les dessins sont magnifiques et l’intrigue plutôt bien ficelée.
Malgré tout, cela reste une histoire assez banale de Hellblazer. Je dirais même que le scénario respecte la structure « type » de cette série. On a droit à un accrochage classique entre Constantine et un vilain démon. Le tout étant de savoir qui manipule qui. En fait, ce tome est parfait pour se faire une idée de à quoi ressemble la série.
Toutes ces Machines ne sort pas des sentiers battus, mais reste d’une qualité indéniable.



Lady Constantine

Là, ça se gâte. Durant la série, on apprend qu’il y a eu de nombreux Constantine avant ce cher John. Vertigo en profite donc pour nous parler des aventures de Johanna Constantine, alchimiste de talent, 200 ans avant notre ère. Cette dernière est embauchée par la royauté pour retrouver la fameuse boite de Pandore.
C’est un Andy Diggle malheureusement peu inspiré qui se charge ici du scénario. Cette histoire manque cruellement d’intérêt. Le but était de montrer une héroïne proche de John. L’aventure est parsemée de nombreux clins d’œil vers la série mère, je pense d’ailleurs que c’était l’unique but de cette mini série.
L’humour bien présent tente de sauver les meubles, mais cela ne suffit pas face à la linéarité du reste de l’intrigue.
La fin n’est même pas satisfaisante, puisqu’elle reste très ouverte pour une suite que l’on n’aura même pas envie de lire.
Bref, on peut s’en passer. Fort heureusement, Diggle fera du bien meilleur travail lorsqu’il sera sur la série "mère".


Chas : The Knowledge


Everyone’s going somewhere… …except for the bloody driver.

Pour les profanes, Chas est chauffeur de taxi. Il est le meilleur pote de John et détient un record de longévité. En effet, les amis autour de Constantine ont tendance à disparaître assez rapidement.
Difficile de considérer Chas comme un sidekick. Ce dernier est grognon, râleur et se contente surtout de conduire John d’un endroit à un autre, ce dernier étant apparemment incapable de se conduire lui-même. Chas est souvent à l’écart, il reste spectateur et se mêle rarement des problèmes de John. Il conduit, c’est tout.
Sauf que pas de bol, John va partir « chasser le démon » à Ibiza aux cotés d’une très jeune et plantureuse demoiselle.
Pas de bol, c’est justement à ce moment là qu’un démon va faire son apparition dans les rues de Londres.

La réussite de cette mini série vient du fait que l’on sent que ce n’est pas juste un spin-off pour rien. L’auteur va réussir à imposer un concept intéressant : le knowledge. Il s’agit d’un examen officiel que tous les taxis londoniens doivent passer. Ils doivent apprendre les 25 000 rues de Londres par cœur. Les origines de ce test sont très anciennes et l’intervention de ce démon sera mystérieusement lié cet examen.

Cette histoire est intercalée avec quelques passages hilarants des vacances de Constantine qui se la coule douce pendant que son pote devra ménager vie conjugale et chasse au démon.

Chas : The Knowledge ne révolutionne rien du tout. C’est juste une petite histoire plaisante avec action, suspense et beaucoup d’humour.
J’en demande pas plus.

vendredi 21 août 2009

Hellblazer : Highwater

Dernier arc du run d’Azzarello. L’auteur ne change pas de style mais arrive quand même à relever un petit peu le niveau.

Ce tome est en deux parties. Durant la première, John va enfin retrouver la personne qu’il recherchait : la veuve de l’homme qu’il aurait tué. Grosse surprise pour John lorsqu’il découvrir que cette dernière est maintenant affiliée à un groupe de néo nazis.
Encore une fois, tout en restant passif, John arrive à bouleverser tout son entourage par le seul fait de sa présence. Cela reste tout de même assez décevant, car beaucoup trop proche de ce qu'il aait fait deux tomes plus tôt.
On aura quand même droit à quelques phrases assez bien senties digne du talent de dialoguiste d'Azzarello.

- Please don’t hate me, John. - Hate you? Thas’a lot a trouble, takes commitment. Perhaps I should. But you jus’ain’t worth me effort.
C’est dans le dernier arc que l’auteur se montrera un petit peu plus brillant. Azzarello va nous construire une grosse manipulation assez compliquée. Toute l’histoire fonctionna par flashback et vraiment il faut bien s’accrocher pour suivre. Cette fois l'intrigue est bien construite et l'on a droit à un semblant d'explication sur le fil rouge que l'auteur avait développé tout du long.
D’ailleurs c’est dommage que ce dernier tome n’est pas été traduit car ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile à lire en anglais.

La fin de son run parait très abrupte, cependant, j’aime beaucoup la façon dont l’auteur arrive à clôturer parfaitement son intrigue juste par une petite phrase comme Azzarello sait si bien les sortir.

En résumé, ce ne fut pas un mauvais run, mais il déçoit par moments. Cependant, il ravira sans aucun doute les inconditionnels de l'auteur.

On continue...

Après une petite pause de deux jours, reprenons notre rétrospective sur ce bon vieux John Constantine. Mes lecteurs remarqueront paradoxalement que c'est quand je ne suis pas là que mon blog est le plus souvent mis à jour...


Au programme donc :
- Azzarello : Good Intentions/Freezes Over (publié)
- Azzarello : Highwater (ce soir à 21h)
- Quelques Spin-off (demain à 12h)
- Période Paul Jenkis (le 23 à 12h)
- Période Mike Carey (le 24 à 12h) (pas sûr encore)
- Periode Denise Mina (le 25 à 12h)
- Période Andy Diggle (le 26 à 12h)

Et ça ira comme ça je pense...

Sinon, Hooligan me demande quels sont les tomes qui ont été publiés en français.
C'est simple, il y a :

- Le tout début publié chez Panini qui reprend la période Delano. Il y a deux gros tomes de 25 euros chacun environ. Ils sont bien mais il faut lire les deux pour avoir l'histoire complète, ce qui fait un peu cher quand même surtout que ça aurait pu être réuni dans un seul.

- Les 3/4 de la période Azzarello. Publiés aux éditions TOTH en grand format. Ils sont encore trouvables pour ceux qui savent les chercher. tome 1 : Hard Time, tome 2 : Good Intentions, tome 3 : Freezes Over (critique demain). Le prix est entre 20 et 25 euros pour un album de 150 pages en moyenne (mais grand format). Cependant, la fin du run est uniquement en Anglais, ce qui est très dommage car c'est assez dur à comprendre en vo. D'ailleurs, les tomes en VF sont franchement bien traduits, et ce n'est pas évident du tout de traduire du Azzarello.

- Toutes ces Machines de Mike Carey (critique après demain). Il s'agit d'un Spin-off mais qui rentre parfaitement dans la continuité. Il est plutôt bon et donne une bonne idée de ce qu'est la série pour ceux qui n'ont jamais lu un Hellblazer.

- Le run de Mike Carey. Ce sont ceux là que Panini publient en ce moment (dans un format normal). Le run va de 175 à 215. Là panini en est au 195 environ. Ce qui correspond à la fin de la première intrigue de ce run. Cela comprend : Le sépulcre Rouge, Fleurs noires et Droit dans le mur. C'est un run pas désagréable et facilement accessible. Mais pas révolutionnaire non plus.

Tout le reste, je ne crois pas qu'il existe une publication français. Ce qui est très dommage vu la très haute qualité du run de Garth Ennis.

Sinon, Constantine fait une petite apparition dans le tome 1 de Sandman.

Hellblazer : Good Intentions/Freezes Over

Allez, on continue avec la suite du run d'Azzarello.

Si la première partie du run était plutôt réussie, la suite se gâte un peu. Non pas que ce soit mauvais, loin de là, juste que le fil rouge qui va guider toute cette période n’arrive pas à susciter l’intérêt du lecteur.

John va parcourir l’Amérique à la recherche d’anciens amis à lui pour s’excuser de la mort de la personne dont il a été accusé du meurtre.

Durant les deux arcs suivants, il se rendra dans une petite ville particulièrement glauque, puis se retrouvera coincé dans un motel avec un serial killer lors d’une tempête de neige.
Ces épisodes sont malheureusement assez lents. Il ne s’y passe pas grand-chose et Constantine se retrouvera plus comme un spectateur passif des évènements autour de lui. Mais surtout, la magie semble quasiment absente de ces arcs. Un peu plus de surnaturel n’aurait pas fait de mal, ici, cela intervient de manière presque trop subtile.
Enfin, comme dirait John : « la magie est l’art de faire croire aux gens ce que l’on veut. »

Notons que ces épisodes n’en restent pas moins très bien écrits, Azzarello n’a pas perdu son talent pour mettre en scène des échanges verbaux plutôt bien sentis.

Notons que ces deux premiers arcs sont disponibles en français aux éditions Toth et sont plutôt bien traduits.
Le tome Freezes Over contient également deux « One shot ». Le premier est dessiné par Steve Dillon mais n’a pas vraiment d’intérêt. Azzarello ne profite pas vraiment du talent de l’artiste qui est à sa portée. A quoi ça sert de le faire venir si ce n’est que pour faire parler les personnages pendant 22 pages ? Quand on a Dillon, la moindre des politesses, est de lui faire dessiner des trucs crades…

Le deuxième one shot est par contre très bon. C’est d’ailleurs le meilleur moment de tous le run selon moi. Il revient sur la jeunesse de Constantine du temps où il était une rockstar. Ce dernier va monter un de ses coups foireux comme il en a le secret. D’ailleurs, cela aura pas mal de conséquences sur les mésaventures de notre héros.



Extrait (j'ai pas eu le temps de vous le scanner, ce sera à mon retour) :
John se fait prendre en stop par un dénommé Craig. Il va lui foutre la trouille de sa vie.

Craig Alors, quoi ? Votre voiture est tombée en panne ?

Constantine Ma voiture ? Non, je conduis pas.

Craig Vraiment ? Vous n’avez pas l’air…J’veux dire, d’habitude je prends pas les auto-stoppeurs. Vous savez ce qu’on dit ?

Constantine J’ai entendu. D’habitude je prends un taxi.

Craig Par ici, y’en a pas. Vous venez d’où d’ailleurs ?

Constantine Prison.

Craig Quoi ?

Constantine Pour meurtre. Tiré à bout portant en pleine face. Son cerveau est sorti de son crane pour se répandre partout sur le mur. On aurait dit un tableau de Jackson Pollock.

(Craig est livide)

Constantine Ça vous dérange si j’fume ?

mardi 18 août 2009

Hellblazer : Hard Time

Période Azzarello

Ellis s’en va un peu précipitamment. Brian Azzarello vient le remplacer à la grande stupeur des fans. Car oui, l’arrivée d’Azzarello vient rompre une longue tradition qui voudrait que seul un britannique puisse écrire Hellblazer.

C’est pourquoi Azzarello ne va situer son run à Londres mais dans ses bons vieux US of A.


Cela commence assez fort. La première histoire se déroule dans une prison de haute sécurité. John débarque dans cette prison sans trop que le lecteur sache pourquoi. Il va devoir jouer avec les différents gangs. Entre les black, les islamistes, les bikers et les nazis, dur de choisir son camp.
Mais pas besoin de choisir lorsque l’on est John Constantine. Sa seule présence va vite inspirer la crainte dans le regard des autres détenus.

Pour son premier arc, Azza s’offre Richard Corben. Inutile de dire que les dessins sont assez particuliers. Certains n’aiment pas, d’autres adorent. Il faut dire que le style est assez déstabilisant, néanmoins cela colle bien avec cette ambiance carcérale et cela permet à Corben de faire des jeux d’ombres et de lumières assez réussis.

Si la suite de son run se gâte quelque peu par la suite, ce début est néanmoins assez réussi. Azzarello est très habile lorsqu’il s’agit de bâtir une structure de scénario solide. Ainsi, la façon dont il prend au fur et à mesure le contrôle de la prison est plutôt bien amenée.


Sinon, je tiens à signaler que les trois premiers tomes du run sont disponibles en Français aux éditions Toth. Ce sont des bd en grands formats. Les ayant tous lus en Anglais et en Français, je recommande l’édition française que j’ai trouvée franchement bien traduite. Du beau travail d’édition qui mérite donc d’être signalé.
Pour ce qui est du prix, c’est un peu cher (25 euros), mais à certains endroits comme les quais de la Seine, vous pourrez en trouver à 20 euros. D’ailleurs celui qui les vends a participé à l’édition de ces bouquins et sera ravi de vous parler de son travail en tant qu’éditeur. Même si c’est avant tout pour Richard Corben et non Azzarello ou Hellblazer, que cet arc a vu le jour en français.



Mes prochains articles sont toujours en mode « brouillon ». Pas sûr donc qu’un article sorte dans les prochains jours. On verra si j’arrive à me trouver une connexion internet de là où je suis…

lundi 17 août 2009

Hellblazer : L'adaptation & l'adaptation de l'adaptation

L’adaptation

Comme vous le savez, Hellblazer a été adapté au cinéma sous le titre de Constantine avec Keanu Reeves dans le rôle titre.

Que vaut ce long métrage ? En trois mots : Pas grand-chose.

Si ce n’est le nom du héros, on peut difficilement faire le lien avec le comics. Car ce film n’est pas du tout, mais alors là pas du tout fidèle au personnage d’origine.
L’action est déplacée de Londres à Los Angeles. Tout le charme British disparaît. L’univers fantastique très vaste de la série se limite dans le film à la traditionnelle lutte anges/démons. On a même droit à quelques leçons de catéchismes protestantes pour que John comprenne enfin « que dieu a un plan pour chacun de nous ». Et le jeu de Keanu se limite à un héros blasé qui se fout de tous. Alors que le personnage du comics sait se comporter comme un vrai enfoiré manipulateur qui n’hésite pas à trahir son entourage.

Mais tout n’est pas à jeter dans ce film non plus. On ne passe pas un mauvais moment. Ce n’est pas une bouse, même s’il échappe à ce titre de peu. Il y a un semblant de scénario, un ou deux rebondissements sur la fin, et quelques bonnes idées par-ci par-là. D’ailleurs, notons que ces quelques bonnes idées sont elles tirées directement du run de Garth Ennis.

Il y a selon moi dans ce film une scène qui veut tout dire et qui montre clairement le gouffre entre les deux matériaux. Dans le comics, après s’être débarrassé de son cancer, John continue de fumer plus vigoureusement que jamais. Alors que le Keanu échange ses clopes contre des chewing-gum. C’est de mon point de vue le signe de soumission ultime qui prouve que le John du film n’arrivera jamais à la cheville de notre vrai Constantine.


L’adaptation de l’adaptation

Ce que vous ne savez peut être pas, c’est que qu’il y a un TPB intitulé « The Hellblazer Collection » qui reprend les évènements du film en comics.

Bien entendu, le héros reprend les traits du Keanu et il s’y passe exactement la même chose que dans le film. On ne voit pas trop l’intérêt. Scène par scène il s’y passe la même chose.
Donc résumons : on a une très bonne bd qui a été mal adaptée en un film très moyen. Et ce film très moyen a été réadapté en un comics franchement nul. C'est le niveau zéro de la bande-dessinée.

Je crois que l’on atteint ici des summums de la connerie.


Le reste du TPB, conscient de son inutilité, essaye de rattraper les pots cassés en mettant quelques épisodes par-ci par là venant d’autres histoires plus connues. Seulement, ce sont des histoires incomplètes. Bien entendu, le but est de vous faire acheter les autres TPB reprenant des histoires complètes. En gros, on nous fait payer pour recevoir de la publicité. Ils ont fait très fort sur ce coup là…

Notons tout de même la présence d’un épisode en stand-alone de Neil Gaiman qui est lui très réussi et édité nulle part ailleurs. Mais ça fait cher les 22 pages, car le reste n’a vraiment aucun intérêt.

dimanche 16 août 2009

Hellblazer : La trop courte période Warren Ellis

Faisons un gros saut dans la continuité. Je saute délibérément le run de Jenkis pour la bonne raison que je ne l’ai pas encore fini. Je n'en suis qu'à la moitié, j’y reviendrais donc un peu plus tard.

Warren Ellis débarque donc sur la série pour le 134ème numéro. Il y fit du très bon boulot mais ne resta que pour 9 épisodes seulement. Qu’a-t-il donc bien pu se passer ?

Haunted
Son premier arc est pas mal du tout. Quelques longueurs par ci par là, mais dans l’ensemble très bon. Une amie de Constantine est décédée récemment par la faute d’un magicien rival. John va donc tenter de la venger afin que son fantôme puisse enfin reposer en paix.

Mais à travers l’enquête de John, beaucoup vont questionner ses motivations. Veut-il vraiment aider cette pauvre fille à trouver la paix, où est-ce par besoin compulsif de se frotter à un nouvel adversaire. Constantine est un accroc à la magie. C’est ce qu’il le fait vivre. Est-ce vraiment par altruisme que John agit ? Cette histoire se déroule dans les milieux privilégiés de notre héros, et Warren Ellis va apporter un regard assez intéressant sur la profession qu’il exerce.

L’intérêt de cette histoire réside presque dans sa simplicité. On pourrait penser qu’il s’agit d’une histoire de vengeance. C’est du moins ce que John va croire. Mais en fait, il s’agit juste de donner à un fantôme un peu de répit. Et parfois, les fantômes se foutent pas mal de la vengeance, un simple sourire, une main amicale pour vous guider dans l’au-delà peuvent suffire à vous faire franchir le pas.

Pas de rebondissements de dernière minute, pas de tour de passe-passe machiavélique de Constantine, juste une histoire plutôt clairvoyante sur la condition humaine.


Setting Sun
Mais c’est son deuxième tome que je préfère le plus. Pas de grand arc, mais quelques petites histoires très typiques de l’auteur.

Warren Ellis avait parfaitement saisit le personnage. Ses petites histoires, parfois horrifiques, parfois complètement déjantées (souvent les deux à la fois) étaient là pour le prouver. Bref, on sentait que ça collait.

Cependant, l’auteur a voulu faire une histoire sur une tuerie dans une école. Vertigo l’a refusé car trop proche du massacre de Colombine. Warren Ellis l’a assez mal pris et a donc quitté la série.

Dommage. Pour moi, il revient quand il veut…


“Now hold on.
You are telling me that Kennedy Killed himself after seeing his wife enjoying sex with a snake demon whose travel-tunnel opened up under the White House?
You are telling me that London is the capital of the world, that the royal family eat the souls of immigrant children…

…that Diana was killed by them to prevent the world discovering she had been physically altered to bear reptile babies?
Okay.”

samedi 15 août 2009

Hellblazer : La période Garth Ennis

Si Delano a su mettre en place la série, Garth Ennis lui est allé beaucoup plus loin et a réussi à poser les bases du personnage pour les années à venir. Ennis a réussi à se placer comme la référence de l’univers d’Hellblazer.

Il me faudrait une bonne trentaine de pages pour vous résumer l’impact du run d’Ennis sur la série. Comme je n’ai évidemment pas le temps, je me contenterais d’un bref résumé en un seul article. C’est un peu dommage, mais je ne peux malheureusement pas écrire une encyclopédie à moi tout seul.


Royal Blood
Ennis revisite le mythe de Jack l’éventreur. Version Constantine bien sûr, ce qui signifie qu’un vilain démon sera impliqué dans l’histoire. Mais l’intérêt de cet arc vient surtout des manières irrévérencieuses de John à l’égard de la famille royal.

Mortal Clay

Ce run va aussi permettre au duo Ennis/Dillon de voir le jour. J’aimais bien le dessinateur de Dangerous Habits, Will Simpson, cependant, je suis bien obligé d’avouer que Dillon n’a pas son pareil lorsqu’il s’agit de mettre en scène des séquences bien gores sur le papier.
Cette petite histoire en deux parties sur des mutilations de cadavres me laisse penser que cet arc a été écris spécialement pour lui.

Guys & Dolls
L’auteur n’est pas du genre à laisser ses personnages secondaires de coté. Avec l’introduction de Kit Ryan, Ennis va établir une relation adulte entre les deux personnages.
Mais on découvrira aussi Ellie, une succube aux charmes mortels. Mais son histoire est plus tragique qu’elle n’en a l’air. Cet arc permet de revenir sur ses origines et permet une nouvelle petite escarmouche entre John et le First of the Fallen.

Mais n’allez pas croire que ce ne soit que des histoires de démons. Garth Ennis se permet d’incruster de nombreuses scènes du couple. Ou même des réunions de famille, que ce soit avec sa sœur ou bien avec son ancêtre fantôme décédé que John va déterrer presque pour faire la conversation. Notons également un épisode hilarant durant lequel John fête ses 40 ans. Car Constantine est un des rares héros de bandes-dessiné qui vieillit en même temps que le lecteur. Il a aujourd’hui près de 55 ans !



Fear & Loathing
L’archange Gabriel n’est pas en reste non plus. Le snob qui avait envoyé balader Constantine dans l’épisode précédent va découvrir à ses dépends que notre héros est fort rancunier.
C’est également l’occasion de découvrir pourquoi une bande de néo-nazis s’intéresse de si près à cet ange.


End of the Line
Mais tout ne sera pas rose dans ce run. Ennis transformera notre héros en SDF. On a souvent vu Constantine au bout du rouleau, mais jamais aussi sévèrement que dans ce run. Cette fois le démon à affronter sera intérieur. Mais comment le combattre si l’on a même pas la volonté de se relever. Il y a une sensation très satisfaisant lorsque l’on touche le fond : celle de ne pas pouvoir tomber plus bas, d’être la chose la plus insignifiante sur cette terre. Mais jusqu’où doit-on tomber pour atteindre ce fond ?
L’auteur arrive justement à apporter une réponse très pertinente à cette question.


"There is always somwhere lower you can go…
But if you do…
Why’d you even bother in the first place ?"




Fear & Loathing

Constantine se rend à New-York. Mais il a baissé sa garde, Papa Midnite en profite pour lui jeter une malédiction. Il va s’en suivre un long voyage spirituel dans les entrailles de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique.
Une aventure psychédélique durant laquelle John affrontera les démons de toute une nation. D’ailleurs, Ennis adapte son style d’écriture à l’histoire et l’on est étonné de voir comment il arrive à donner à une vision cauchemardesque une dimension presque poétique.



Rake at the Gate of Hell
Voici venue l’heure de la confrontation finale entre John et le First of the Fallen. L’heure des comptes à sonné et le bain de sang parait inévitable. D’ailleurs, Ennis préviens le lecteur d’emblé :

“If anyone wants to pray for him, now’s the time.”

Le diable vient de trouver un moyen de faire payer Constantine de son affront. Son plan se met en place et fait un carnage (littéralement) dans la ville de Londres. John n’a que peut de moyens pour se défendre. Surtout que le First va éliminer, les uns après les autres, tous les atouts que John gardait dans sa manche. Notre héros se retrouve à court de cartes et est à la merci du démon le plus puissant des enfers. A moins que…

On sent la tension qui s’installe crescendo. Cela commence de manière presque trop calme. Mais on sent qu’il fait lourd dans l’air. En même temps que les émeutes grandissent dans les rues de Londres, John se sent de plus en plus isolé.

Le diable est vraiment terrifiant sous les traits de Dillon, mais en même temps tellement humain… A faire froid dans le dos.


Bref, ce long séjour sur la série n’est pas passé inaperçu. Les fans continuent encore de ne jurer que par lui.

vendredi 14 août 2009

Hellblazer - Dangerous Habits (#41-#46)

Période Ennis.

Là on s'attaque à du lourd. Du très lourd même. C'est un arc qui a défini toute la série. Et c'est peut être même mon préféré. Pour son premier numéro, Garth Ennis frappe très fort. Il va donner à notre héros un cancer des poumons en phase terminale. Il ne s'agit de l'œuvre d'un démon cette fois, mais du fait que Constantine fume cinq paquets par jours.

Le pire n'est pas la mort, mais que le diable en personne, le First of the Fallen, l'attend personnelement pour lui faire subir les pires souffrances.

Juste une précision : Le First of The Fallen n'est pas Lucifer. En effet, le Lucifer de l'univers Vertigo était déjà réservé par Neil Gaiman dans son Sandman.

Mais l'on y gagne pas au change. Ce nouveau gardien de l'enfer est encore plus cruel, surtout sous la plume de Garth Ennis.

Comment va donc faire Constantine pour se sortir de cette situation inextricable. Il a combattu les pires démons, mais peut-il vaincre le cancer ?


On a là du très bon Ennis. L'épisode est horrifique à souhait et nous avons droit à un héros qui sent que la fin est proche et joue ses dernières cartes. Il est malade, à bout de nerfs et prêt à tout pour s'accrocher à ce qu'il lui reste de vie. Certains passages sont purements jouissifs pour le lecteur.

Du grand Constantine à couper littéralement le souffle, dans une histoire qui ne manque pas de rebondissements. Bref, si je devais ne conseiller qu'une seule histoire, je crois bien que ce serait celle là.








Extrait : Ici, Constantine demande de l'aide à l'ange Gabriel, surnommé "le snob". Fidèle à sa réputation, Gabriel le traite avec mépris et l'envoi balader.

C'est un passage assez mineur,mais je n'avais pas envie de vous mettre les moments clés de l'intrigue. De plus, c'est un passage assez subtil que j'aime beaucoup. Gabriel s'avère être un ange détestable mais sait frapper juste.

jeudi 13 août 2009

Hellblazer : Fear Machine & Family Man

Terminons rapidement la période scénaristique de Jamie Delano sur ces deux tomes. L'auteur continue d'écrire quelques épisodes après ça mais aucun d'entre eux n'a vu le jour en TPB.


The Fear Machine


Constantine, poursuivi par la police se réfugie auprès d'un clan de nomades. Il y découvre la vie en harmonie avec la nature, les veillées autour du feu, les champignons hallucinatoires. Bref, la vie de hippie. Touts se passe à merveille jusqu'au jour où la police fait irruption et enlève la gamine du clan. De plus, ce n'était pas la police mais une mystérieuse société très branché dans la science de l'occulte. L'heure vient alors pour John de retrouver son trench coat et de se raser la barbe. Il reprend du service.

L'histoire de cet arc n'est pas franchement mauvaise, mais personnellement je l'ai trouvée trop longue, voir ennuyeuse. C'est assez brouillon et ça manque de cohérence. Pourtant, plein de choses se passent dans cet aventure, mais la magie ne prend pas vraiment. La période "hippie" des 3 premiers épisodes était à la limite plus intéressante.
Il en reste donc un tome tout à fait dispensable, faute pour Delano de ne pas avoir bien su rythmer ses épisodes.
Ou alors c'est juste moi qui n'ai pas du tout accroché.


The Family Man


Là on rentre dans quelque chose de beaucoup plus intéressant. John va croiser le chemin d'un serial killer. Ignorant sa véritable identité, il le laisse partir, et se retrouve involontairement responsable du massacre de toute une famille.
Il va s'en suivre un jeu du chat et de la souris qui aura des conséquences dramatiques pour l'entourage de Constantine.

Cet arc est tout de suite beaucoup plus palpitant. Les évènements s'enchainent de manière assez dramatique et la tension monte jusqu'à un final assez percutant pour notre héros. Même si l'on ne retrouve pas l'émotion des premiers épisodes, cette histoire s'avère efficace et a un impact intéressant sur l'évolution du personnage.

Seul reproche : la quasi absence de surnaturel. C'est un thriller toutefois assez banal. Pas beaucoup de magie, juste un ou deux fantômes par ci par là, on en oublierait presque qu'il s'agit de Hellblazer.

mercredi 12 août 2009

Hellblazer - The Devil You Know

(épisodes 10 à 13 + Annual + The Horrorist)

Ce deuxième tome est lui aussi publié en français chez panini et est plutôt bon.

Constantine continue son affrontement contre la secte des langues de feux et a quelques comptes à régler avec le démon Nergal.
mais surtout, on apprend un élément crucial dans le passé de Constantine :les évènements de la tragédie de Newcastle. Qu'a t-il bien pu se passer de si horrible pour transformer notre héros à ce point ?

Plein d'évènements son révélés, et John, bien que mortel à quelques tours dans sa manche et sait tenir tête aux démons les plus redoutables. Que ce soit par la ruse, l'intimidation ou la tromperie. C'est d'ailleurs ça qui rend le personnage de Constantine tellement humain et attachant. A chacun ses armes, mais pas besoin de force brute pour venir à bout de ses ennemis quand on sais se servir de sa cervelle.

Ce sont donc des épisodes indispensables à la série. Par contre, l'on peut vivement regretter la manière dont ce tome a été édité. Car les épisodes indispensables en questions, ne sont que les 3 premiers de ce très gros pavé de 26 euros.
Il aurait mieux valu les mettre dans le précédents pour avoir un vrai tome avec une histoire complète. Panini n'a fait que reprendre l'ordre d'édition des épisodes de Vertigo. mais un petit remaniement aurait été fort utile pour épargner le lecteur de payer deux fois 26 euros pour une histoire qui tenait en un seul tome. Ca fait quand même 52 euros au final (enfin moi j'ai trouvé ça d'occasion, mais ça reste cher). Mais quelque chose me dit que le but des éditeurs n'est pas de nous faire économiser notre argent.

Mais cependant, les autres histoires qui suivent valent quand même le coup. On a d'abord un petit détour de John à la plage qui va avoir des visions cauchemardesques d'un holocauste nucléaire. Un épisode très dérangeant au message écolo plus qu'évident.

Ensuite nous avons droit à un annual qui revient au temps du roi Arthur et de Merlin l'enchanteur pour revenir sur les ancètres des Constantines. L'épisode n'est pas mauvais mais manque beaucoup d'intérêt car il n'apporte pas grand chose à la série.

Ce tome se termine par du très bon. John Constantine va suivre les traces d'une "Horroriste" au regard vide et noirci. Qu'est ce qu'un horroriste ? C'est une personne qui partage la misère des autres avec ceux qu'elle rencontre. Elle laisse toujours derrière elle une nuée de tristesse et de désespoir. Un concept intéressant au message assez touchant et superbement rendu par les dessins de David Lloyd.

Bref, ce tome est bon dans l'ensemble et indispensable pour les fans. Néanmoins, on peut regretter les choix opérés dans la répartition des épisodes.

mardi 11 août 2009

Hellblazer - Original Sins (#1 à #9)

Période Delano. (édité en français par Panini)

C'est à Jamie Delano que revient l'honneur de poser les bases du personnage de John Constantine. Ce dernier va dresser un portrait peu flatteur du personnage.

La toute première histoire semble être de la "routine" pour John. Il doit lutter contre le démon de la faim. Ce démon faisait rage en Afrique où il était très puissant. Il a été enfermé mais Gary Lester, un ami de Constantine l'a malencontreusement libéré et il sévit maintenant dans les rues de New-York. Remettre les démons à leur place est le quotidien de notre héros. Cependant, on va vite s'apercevoir qu'il n'y a rien d'héroïque là dedans. Pour arriver à ses fins, Constantine va devoir manipuler tout le monde, y compris ses amis, et les trahir au besoin.

C'est le genre d'attitude qui devrait horipiler le lecteur. Pourtant Delano va bien s'y prendre et rendre le personnage presque émouvant. Hanté par les fantomes de ses amis, Constantine porte un lourd poid sur ses épaules. L'auteur laisse deviner un passé lourd et mystérieux ayant marqué à jamais le personnage.

Un autre élément frappant dans ce tome est le cynisme que Delano prête à son personnage. Nous sommes à Londres à l'époque de Margaret Thatcher et l'auteur n'hésite pas à placer quelques charges politiques bien sentis contre une société qui déshumanise ses habitants. On notera un épisode très amusant durant lequel notre héros va tenter de faire crasher la bourse démoniaque en faisant chuter le marché des âmes. Les éléments fantastiques sont toujours liés à notre contemporain. Et beaucoup de critiques de ce bouquin écrit il y a 20 ans maintenant restent d'actualité.

D'ailleurs, si les dessins ont un peu vieillis, l'émotion est toujours présente. Certaines scènes entre John et ses fantômes m'ont bien marqués, ce qui me fait dire que Delano est bon auteur.

Notons que si les petites histoires sont légions dans ce premier tome, elles laissent entrevoir un fil rouge un peu plus consistant. D'ailleurs, la dernière page s'achève par un assez gros suspense.

lundi 10 août 2009

Swamp Thing, t.3 - The Curse

"I'm a nasty piece of work, chief, ask anybody."
J. Constantine


C'est à l'épisode #37 que tout commence. Alan Moore créé le personnage de John Constantine pour venir en aide au Swamp Thing. John va distiller à ce dernier quelques indices sur sa véritable nature et lui indiquer des pouvoirs très pratiques, comme la faculté de se réincarner dans n'importe qu'elle matière organique ou végétale.

Mais Constantine ne va pas faire ça par bonté de coeur, et c'est ce qui va faire tout son charme. On sent déjà on sent que cet anti-héros mériterais à lui tout seul sa propre série. Le personnage fait une sacré impression auprès du public et vole carrément la vedette au Swamp Thing.

C'est d'ailleurs à cause de son caractère assez particulier. Dès sa première apparition il utilise le chantage pour arriver à ses fins. Il fait tourner Swamp Thing en bourrique et s'avère être un gros manipulateur. Il s'agit du premier allié de John Constantine, et celui-ci ne l'aimera pas. Ce qui deviendra, nous le verrons, une habitude.

Moore évoque aussi par quelques allusions le lourd passé du personnage sans rentrer vraiment dans le détail.

Constantine donne donc tout son intérêt à ce troisième tome. Car sans lui, on se retrouve avec une histoire peu passionnante. Swamp Thing n'est pas des plus charismatiques (les aventure d'un gros légume, bof quoi) et sa romance avec Emma n'est pas des plus passionnantes (ou crédible). D'ailleurs, ce tome date de 1985 et a pris quelques rides. Les lourdeurs que Moore apporte à l'écriture n'arrange rien à la chose.

Bref, ce John Constantine vient donc apporter un peu de méchanceté presque salvatrice face à un héros un peu pompeux et pas très futé. Vertigo décèle très vite le potentiel du personnage et c'est tout logiquement que Hellblazer sera créé peu de temps après.

Extrait :

A demain, même heure, pour le prochain épisode.

samedi 8 août 2009

Les 4 Fantastiques de Millar (#554 à #569)


Le run de Mark Millar s'est achevé la semaine dernière. Il a connu des hauts et des bas. Son parcours d'un an et demi étant terminé, voici l'occasion de revenir dessus.


Tout d'abord, je dois dire que l'idée de mettre Millar à la tête des FF était très bonne. En effet, l'auteur était surtout connu pour son esprit rebel et un peu racoleur. C'est toujours bien de mettre un auteur qui rentre en contradiction avec l'esprit de la série, c'est souvent là qu'on obtient les résultats les plus surprenant. Un peu comme mettre Warren Ellis à la tête des Thunderbolts.

On pouvait s'attendre à pas mal de remue ménage dans cette petite famille bien gentillette que représente les Quatre Fantastiques. Fort heureusement, il n'en est rien. On pourrait même dire que au contraire, la grande réussite du run de Millar est qu'il arrive à écrire avec justesse les scènes finalement assez simples de la vie de famille.

Reprenons la série arc par arc pour nous en rendre compte.


Durant la première partie, on a droit à un scénario complètement naze au premier abord. Un vilain robot chargé de s'occuper d'une terre de remplacement débloque et se met à zigouiller tout le monde.Rien de bien original.

Mais en même temps :
Ben se met à fréquenter une institutrice.
Johny a son émission de tv réalité et a un coup de foudre sur une super-criminelle.
Sue prend le thé avec Janet Van Dyke et She-Hulk.
Bref,on a droit à plein de petites scènes de leurs vies quotidienne qui bien que surnaturelles au premier abord, sont en fait tout à fait banales.

Mais surtout, l'histoire ne va pas tourner autour du méchant robot, mais Reed et son ancien amour de jeunesse, Alyssa. Ces deux là ont les mêmes qualités, les mêmes passions. Alors pourquoi ne sont-ils pas ensembles ?

L'auteur détourne complètement l'intrigue de base, pour se concentrer sur quelque chose de plus intimiste.



Mais c'est dans l'arc suivant, The Death of The Invisible Woman que l'on rentre dans le meilleur passage du run de Millar. Finalement, les évènements de l'arc précédent servent de tremplin efficace pour nous concocter un bon scénario plutôt riche en bonnes idées et en rebondissements.

Dr Doom se fait enlever alors qu'il faisait intrusion dans le Baxter Building pour demander de l'aide à son ennemi juré.

Cet épisode trouve un juste équilibre entre action et scènes de famille. Les funérailles à la fin de cet arc sont par exemple presque drôles et à la fois très sensibles. C'est plutôt mature venant d'un auteur comme Millar.

Millar s'offre même le luxe de nous sortir un épisode de noël (en février). Bien entendu, les vacances en Écosse (Millar est écossais) ne se passeront pas comme prévu et un gros monstre tentaculaire viendra troubler la fête. Mais tout ça reste presque secondaire.


Sur la fin, le run s'essouffle.Millar nous sort un super-villain ultra puissant : le "maître de Doom". C'est un peu brouillon et très confus. Les personnages sont complètement délaissés au profit de scènes d'actions incompréhensibles. Heureusement, la dernière scène, se terminant par un mariage assez spécial, rattrappe l'ensemble. Ce sont justement ces petites scènes intimistes qui valent tout le détour.

Paradoxalement, les meilleurs moments de ce run qui me resteront sont le mariage et l'enterrement. Et cela plutôt que n'importe quelle scène d'action.

Le changement de dessinateur entre Hitch et Immoen ne dérange pas du tout par contre, les deux étant d'excellents artistes,le style de la série est conservé de bout en bout.

Vous l'aurez compris, le run de Millar n'est pas centré sur les prismes spatio-temporelles et autres dimensions parallèles. Il s'agit des petites aventures d'une vie de famille.

Des aventures simples, émouvantes...et fantastiques à la fois.




D'ailleurs, il parait que la série a eu de nombreux problèmes et controverses. Je n'ai pas trop suivi de quoi il s'agissait (si quelqu'un peut m'expliquer).