mercredi 29 juillet 2009

Plumes et crayons

Vous préférez quand c'est beau ou quand c'est moche ?
La question semble mise sur le tapis. Autant éclaircir mon point de vue puisque le sujet est abordé.


Pourquoi je ne parle que des auteurs ?
Quand on regarde la rubrique dossier de mon blog, on peut voir Bendis, Brubaker, Rucka, Azzarello, etc...J'ai commencé à faire une rétrospective sur Bendis car je me suis rendu compte que si beaucoup de gens se disent "fan" de Bendis, peu d'entre eux connaissent son travail "hors marvel". C'est un peu dommage de prétendre aimer un auteur lorsque l'on n'a lu qu'un tiers seulement de son travail.
Il m'arrive d'en faire trop. Par exemple, j'ai dis beaucoup de bien de Rucka qui est un très bon auteur, mais j'ai pas mal occulté ses défauts. Mais il est vrai que quand j'examine un comics, je le fait souvent à travers l'optique de leurs auteurs. C'est pour moi le meilleur moyen d'en parler. Je laisse souvent (à tort) de côté le travail des dessinateurs. Certains pourtant mériteraient d'être soulignés, mais je ne le fais pas, je ne me place que dans l'optique de l'écriture. C'est mal, je sais.

Mais ais-je complètement tort ?
Oui et non. D'un côté, un comics c'est un tout. Il y a du texte et des images. Et les deux vont nécessairement ensemble sinon on y comprend plus rien. Ou alors si on comprend, on peut difficilement appeler ça une BD. Mais quand je parle de l'écriture d'une série, j'inclus aussi bien le texte que les images.

Alors pourquoi je ne parle quasiment jamais des dessins ?
Ce n'est pas tout à fait exact. Pour faire un comics, l'ordre c'est : l'auteur écrit un script et le dessinateur met le script en image. On a jamais vu un type faire ses planches et le scénariste qui y colle du texte après coup. Ce pourrait être un jeu amusant remarque...
Quand on voit un dessin, une image, cela est censé évoquer une idée ou une sensation. Mais cette idée a toujours été voulue par le scénariste qui avait besoin à ce moment précis de faire passer un message à travers le mode d'expression de l'artiste.

Et c'est là que mon point de vue diverge avec d'autres amateurs de comics. Je n'accorde que peu d'attention à la beauté esthétique des dessins, mais plus au message qu'ils essaient de faire passer.
Pas besoin que les dessins soient beaux, il suffit qu'ils aient du sens.

Je peux ouvrir un comics, y trouver les dessins magnifiques mais l'histoire chiante à mort. Il est possible que je ne le finisse pas (enfin, si , je le finirais, mais plus pour le principe parce que j'aurais dépensé des sous dedans).

A partir de là, c'est vrai que j'y accorde moins d'importance quand c'est bien raconté. Mais à partir du moment où l'histoire est bien, les dessins sont forcément bien puisque ce sont d'eux que découle cette histoire. J'adore Fortune & Glory ou les polars en noir et blancs de Bendis. C'est pas forcément beau, mais c'est expressif, et cela arrive à nous faire rire ou réfléchir.

C'est vrai que certains Queen & Country de Rucka sont assez limites niveau dessins, mais quand l'histoire est bonne, quand un effort de mise en scène comble ce vide, et que chaque case à pour but de traduire un sentiment du personnage, j'en oublie les défauts.

C'est pour cela que je préfère Wake Up à Echo, tous deux de David Mack, tous deux forts bien dessinés. Je trouve que les dessins de Mack ont bien plus d'impact lorsqu'ils sont portés par la plume de Bendis qui me parle beaucoup plus.

"Mieux vaut avoir des beaux dessins plutôt que des dessins moches".
Je caricature un peu. En noir et blanc c'est triste mais en couleur c'est rigolo. D'ailleurs quand il n'y a pas d'explosions dans un film qu'on va voir au cinéma ça fait chier. Donc en gros No Country for Old Men c'est chiant et Terminator Salvation est un chef d'œuvre.

Bon, ok, j'exagère. Mais quand j'ouvre un comics ou une BD, que je regarde les dessins, je ne me dis pas "wahou, c'est beau" ou "beurk, c'est moche". Mais je regarde si les types de dessins collent avec le type d'histoire.

L'exemple de Maus me rappelle une vieille polémique cinématographique.
Le film Kapo de Gillo Pontecorvo avait fait scandale à sa sortie. Le camp de concentration y était filmé de manières esthétique. On parlait notamment de ce grand travelling avant sur une femme mourant sur des barbelés. Beaucoup étaient choqués par un traitement esthétique sur un sujet qui aurait demandé plus de retenue ou d'humilité. Je ne dis pas que c'est bien où mal de faire telle ou telle histoire comme cela, mais je tiens à préciser que souvent, le minimalisme est un choix. Et ce choix est réfléchi. Un auteur s'est posé la question en se demandant quelle était la formule la mieux adaptée pour traiter son œuvre. N'allez pas croire que les gens font des polars en noirs et blancs car ils ont la flemme de se payer un coloriste ou d'imprimer en couleurs.

On ne va pas demander à Romita Jr , Steve Dillon ou à Bagley de redessiner Maus. Je ne pense pas que Spiegelman apprécierait d'une part, et de plus, il en perdrait tout son impact émotionnel.

Comme tout le monde, j'aime bien avoir des beaux dessins. Mais ce n'est pas le critère déterminant pour moi. Ce que je veux, ce sont des dessins qui retranscrivent de l'émotion, des dessins qui me parlent. Et j'écoute toujours de la même manière que ce soit joli ou minimaliste.

Là où je me trompe.
Il y a quelque chose dont je ne tiens pas compte dans mon raisonnement. C'est qu'un dessinateur peut, s'il a du talent, ajouter une réelle valeur ajoutée à l'œuvre originale. Je pense à des gens comme Eduardo Risso, Giraud, Colan par exemple. Dont la beauté ne saute pas forcément aux yeux, mais qui dans l'expression, les visages, par plein d'éléments qui forment une alchimie complexe apportent beaucoup plus à l'œuvre originale. Évidemment qu'un dessinateur talentueux apportera toujours un plus à l'ensemble. Mais ce talent ne peut exister que lorsqu'il est brillamment porté par une histoire. Je n'ai jamais accroché à des dessins, aussi beaux soient-ils lorsque l'histoire est merdique et les personnages mal inspirés.


On peut faire une distinction entre comics "mainstream" ou "underground", mais quand je lis les deux, j'ai le même niveau d'exigence. Vous remarquerez d'ailleurs que l'on retrouve les mêmes têtes aux commandes des deux. C'est parce que Bendis a eu du talent dans Jinx, Torso ou Goldfish que Quesada a eu la bonne idée de le recruter.
Ce qui est beau, n'est pas forcément ce qui est joli ou esthétique. Ce qui est beau, c'est quand le scénario, l'ambiance, le découpage, la mise en scène et les dessins forment un tout indissociable. Quand le lecteur n'en est plus à évaluer les qualités ou défauts mais est directement aspiré dans un univers dont il, même durant un court instant, croira faire partie.

Pour moi, des dessins qui racontent une belle histoire sont forcément des beaux dessins.


Sources des dessins :
- Greg Horn pris sur Google image
- Fortune & Glory de Bendis
- Kapo de Pontecorvo prise sur DVDclassik
- L'art invisible pris chez Neault
- Echo de David Mack
- Johny Double, Risso
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samedi 25 juillet 2009

Eisner Awards : résultats légerments commentés


Tout comme les oscars, les comics ont leur propre cérémonie récompensant les meilleurs titres de l'année. Bien entendu, certains y verront un festival d'auto-félicitations pas vraiment important pour les comics et ils n'auraient pas tout à fait tort. Ce n'est pas une raison non plus pour bouder cet évènement qui permet de donner envie de découvrir de nouvelles séries.

Je ne publie que les résultats qui m'intéressent. Si vous les voulez dans leur globalité, vous pouvez aller à cette adresse :
http://www.comic-con.org/cci/cci_eisners_main.shtml

Meilleure série régulière : All Star Superman. de Grant Morrison et Frank Quitely (DC)

Je n'ai lu que les deux premiers, mais j'en ai entendu des bons échos. Si cette série est aussi bien que le Batman & Robin que nous pondent ces deux auteurs, la victoire semble tout à fait justifiée. Ils semblent même très bien placés pour gagner le même prix l'année prochaine.


Meilleure série limitée : Hellboy: The Crooked Man, de Mike Mignola et Richard Corben (Dark Horse)

Pas encore lu (et oui, j'ai quand même un budget moi). Mais quand je lis Mike Mignola et Richard Corben je pense que l'on peut sauter sur ce titreles yeux fermés. Mignola est connu pour faire ressortir un graphisme époustouphlant de ses oeuvres, si Corben est derrière, le résultat ne peut être qu'excellent. (On reviendra surement sur Corben durant le mois prochain concernant un autre titre écrit par Azzarello...)


Meilleure nouvelle série: Invincible Iron Man, de Matt Fraction et Salvador Larocca (Marvel)

C'était un peu un coup de coeur. J'ai remis au gout du jour un article plus bas sur son premier arc.


Meilleure Publication pour ados: Coraline, de Neil Gaiman, adapté par P. Craig Russell (HarperCollins Children's Books)

Tout ce que fait Gaiman me rend curieux. J'essaierais de me renseigner là dessus d'ici peu.


Best Webcomic: Finder, by Carla Speed McNeil, www.shadowlinecomics.com/webcomics/#/finder/

La mélancolie du mexicain de l'espace n'a pas gagné. La critique de celui là viendra ce soir (comprendre : demain).


Meilleur réimpression d'album graphique: Hellboy Library Edition, vols. 1 and 2, by Mike Mignola (Dark Horse)

Deuxième victoire pour Mignola. Mmmh, c'est louche ça !


Meilleur scénariste: Bill Willingham, Fables, House of Mystery (Vertigo/DC)

Je ne l'ai pas encore lu Fable, mais je ne suis pas surpris. Je m'en suis pris quelques uns pour me les lire cet été. Mais vu tout le bien que m'en dit Neault, ce doit être forcément une victoire méritée.

Meilleur écrivain/Artiste: Chris Ware, Acme Novelty Library (Acme)

Meilleur pinceaux ou encreurs : Guy Davis, BPRD (Dark Horse)

Encore du Mignola !


Meilleures artiste de couvertures: James Jean, Fables (Vertigo/DC); The Umbrella Academy (Dark Horse)

Deuxième prix pour Fables


Meilleur coloriage: Dave Stewart, Abe Sapien: The Drowning, BPRD, The Goon, Hellboy, Solomon Kane, The Umbrella Academy (Dark Horse); Body Bags (Image); Captain America: White (Marvel)

Quatrième victoire pour l'univers Hellboylien.


Meilleurs périodiques/journalistes liés aux comics: Comic Book Resources, produced by Jonah Weiland (www.comicbookresources.com)

Pas étonnant que ce soit sur leur site où j'ai trouvé en premier les résultats...


Meilleur "Design" de publication: Hellboy Library Editions, designed by Cary Grazzini and Mike Mignola (Dark Horse)

Hellboy. Quelle surprise !


Voilà ! Il y a eu d'autres résultats que vous pouvez accedez à l'adresse mise plus haut. En gros, Mignola, Willingham, Fraction et Morrison étaient les grands gagnants de la soirée.

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The Invicible Iron Man #1-6 (rediffusion)

C'est l'été. Et comme vous le savez, c'est la période des rediffusions. J'en profite pour remettre un article que j'avais mis en ligne il y a une dizaine de mois. La raison : Invicible Iron Man vient de gagner un Eisner Award pour "meilleure nouvelle série". C'est à mon sens tout à fait mérité. J'ai relu le hardcover du premier arc récemment, et je l'ai trouvé toujours aussi bon. Une réflexion très intéressante sur le monde de terreur dans lequel nous vivons. Avec un Tony Stark seul dans son armure pour endosser des responsabilités qui le dépassent. Du très bon Matt Fraction. Le deuxième arc, très lié au Dark Reign apporte une nouvelle perspective assez intéressante. Toujours très bon, bien qu'il me plaise un peu moins.


Les 5 cauchemars de Tony Stark


Ce qui me connaissent savent que je n'ai jamais été un grand fan de la boite de conserve. Mais cette toute nouvelle série et particulièrement ce tout premier cycle m'ont fait changer d'avis sur ce héros controversé. Une personne en particulier est responsable de ce regain d'intérêt sur Iron Man. Cette personne s'appelle Matt Fraction.

Tony Stark ne dors jamais vraiment très bien la nuit. C'est un peu normal, si moi aussi je possédais les même responsabilités que ce monsieur, je crois bien que j'aurais craqué depuis longtemps. Il s'avère qu'il fait cinq gros cauchemars en particulier...

Nightmare number one : that I get drunk tonight
(cauchemar n°1 : que je sois bourré ce soir)

La Marvel avait profité du film pour relancer son cinquième volume sur la série Invicible Iron Man. Pour cela elle emploi les grands moyens : elle fait appel au duo Fraction/Larroca.
L'un a fait de l'excellent travail sur la série Immortal Iron Fist, l'autre fait partie des dessinateurs des nouveaux Spider-Man : Brand New Day.

Inutile de préciser que le duo fait de l'excellent travail. Larroca nous offre de très beaux dessins, réalistes et personnels à la fois. Le ton des couleurs est très soigneusement choisi et forme un tout très agréable à regarder. Que ce soit aussi bien pendant les dialogues que durant les (nombreuses) scènes d'action.

De l'autre côté, le talent de Matt Fraction n'est plus à prouver. La preuve est qu'en 6 épisodes seulement il m'a fait adhérer à ce héros qui d'ordinaire m'horripile par de nombreux aspects. Ici, on a une histoire cohérente avec des personnages bien étudiés. Fraction s'offre même le luxe d'apporter à ce cycle une thématique intéressante.

Second nightmare : that Iron Man become easily and affordably replicable
(que Iron Man devienne facilement et pour pas cher duplicable)

Nous vivons dans une époque dangereuse. Afin de nous protéger, le SHIELD utilise la pointe de la technologie pour faire face à tous types de menaces. Mais il va s'avérer que de nouveaux ennemis vont s'aligner à leur niveau. Stark va devoir faire face à une toute nouvelle sorte d'adversaire qui ne rentre pas forcément dans la catégorie qu'il a l'habitude de traiter.

Il va devoir lutter contre une toute nouvelle ère de terrorisme de haute technologie. Un ennemi invisible et mobile. Le genre de personnes que l'on ne sait pas comment affronter. Ces gens vont même jusqu'à se servir de Stark Industries pour créer leurs armes de destruction massive. La technologie d'Iron Man se retrouve employée au service de la terreur. Voilà de quoi faire froid dans le dos.

Tony
parviendra t-il à s'adapter et jusqu'où sera t'il prêt à aller pour cela ?
Thématique qui semble encore aujourd'hui bien trop d'actualité...


Third nightmare : someone other than Rhodey or me will start piloting the Iron Man
(que quelqu'un d'autre que moi ou Rhodey se mette à piloter l'Iron Man)

A la tête de cette vague de méchants, notre scénariste nous construit un Bad Guy particulièrement bien fichu qui représente toute les peurs d'Iron Man réunies en un seul individu. Il s'agit d'un sale jeunot arrogant et sans aucun scrupule qui s'est lancé dans une vendetta personnel contre notre héros. Il est plus fort, plus agile et plus évolué. Mais il est surtout très intelligent et sait comment avoir toujours une longueur d'avance sur Tony Stark. Cet Ezekiel Stane incarne un Némésis sur mesure. Et oui, j'ai bien dit "Stane", ce nom ne devrait pas laisser les fans indifférents...


Fourth nightmare : that Iron Man becomes disposable.
(que Iron Man devienne dispensable/jetable)

Mais au delà de tous les bons rebondissements que nous réserve le scénario, c'est le traitement du personnage principal qui fait la réelle valeur ajoutée de cette série. L'auteur nous fait réellement partager les peurs et angoisses de notre Tony qui a un fardeau plus lourd que quiconque sur ses épaules.

Cet Invincible Iron Man est à mon gout une réussite incontestable. Et au delà de la série en elle même, c'est une autre preuve que Mat Fraction fait partie de ces "grands auteurs" au même titre que Bendis, Brubaker et autres Rucka. Ce son des gens qui savent raconter une histoire en y ajoutant un fond, sans en délaisser la forme.


And then, there is the fifth nightmare. The big one. The Bad one. That the person who would made the Iron Man cheap, easy to use and disposable... Wouldn't be me.
(Mais le cinquième, le plus gros, le plus dangereux serait que la personne qui rende Iron Man duplicable, pas cher et dispensable...ne sois pas moi.) Lire la suite...

vendredi 24 juillet 2009

Speak No Evil : mélancolie d'un mexicain de l'espace

En regardant du côté des nominés pour les Eisner Award, j'ai vu qu'il y avait une catégorie pour les comics en ligne. J'ai donc fait un petit tour là dessus. Le premier que j'ai lu a pas mal attiré mon attention.

Voici l'adresse :
http://www.theoryofeverythingcomics.com/SNE/

C'est une histoire courte, 38 pages dans un format très carré. Je suppose que c'était diffusé au rythme d'une page par jour. Heureusement, on peut apprécier cette histoire dans sa totalité.

Mais notons que si l'histoire connait un certain fil conducteur, chaque case pourrait se lire presque indépendamment. Chaque page reflète une idée, ou une émotion. On sent donc que l'auteur, Elan Trinidad, a donc réfléchit au format de son support et cela fait plaisir.

Il s'agit d'un mexicain que l'on va envoyer faire plein de taches ingrates sur quelques planètes ou autres astéroïdes. Mais pour que cette main d'œuvre soit encore moins chère, on va procéder à un système ingénieux : on va laisser leur bouche sur notre planète pour qu'ils se nourrissent et respirent sur terre tout en travaillant à l'autre bout de l'espace. Cela fait d'énormes économies en oxygène et ravitaillement. Ingénieux, non ?

Mais suite à un incendie, sa bouche va disparaitre. Ce qui est tout de suite beaucoup moins rigolo pour notre immigré mexicain sans argent et maintenant sans bouche.

La comparaison sur la situation des immigrés clandestins est évidente. Mais l'on peut pousser la comparaison un peu plus loin. Selon Trinidad, il s'agit plus d'une parabole sur comment même les gens les plus travailleurs peuvent se voir complètement déshumanisés par une société qui ne les vois que comme une valeur marchande.

Cette mini-série est emprunte tout le long d'un cynisme dérangeant, mais qui sonne tellement juste. Il en résulte un impact assez fort. On sait que cette histoire n'est pas possible, mais on est pas sûr que si cette technologie existait, ils ne s'en serviraient pas... C'est un peu là la force de cette histoire.




Les résultats des Eisner Awards devrait se faire dans la soirée. Peut être que d'ici là, j'aurais le temps de vous parler d'un autre web-comics nominé qui m'a plu. (ps:demain en fait)
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mardi 21 juillet 2009

Captain Gene Colan #601


Quand je regarde une couverture de comic, la première chose à laquelle je fais attention d'habitude est le nom du scénariste. D'ailleurs, sur ce blog, j'essaye de les mettre à l'honneur en essayant de retracer certaines de leurs œuvres avec mes "rétrospectives". A tel point que j'en délaisserait presque les dessinateurs qui font pourtant bien plus que retranscrire les mots du scénaristes sur du papier. Ce Captain America #601 en est un exemple.

Car, il y a des moments où le scénariste importe peu, où il devient complètement effacé par rapport au dessinateur. Cela ne veut pas dire non plus que l'histoire est tellement mauvaise que l'on ne peut se raccrocher qu'aux dessins. Non, cela veut dire que la place de l'image dans l'œuvre est tellement essentielle que l'on en oublie les mots et le résultat d'ensemble devient une forme d'art. Ceux qui connaissent bien David Mack savent exactement de quoi je parle.

Gene Colan est à l'honneur dans ce numéro spécial d'une quarantaine de pages. Brubaker l'a bien compris et écris une histoire très simple en apparence permettant à l'artiste de montrer pleinement la mesure de son talent.

Les dessins sont donc grandioses. Mais je ne vais pas m'étaler là dessus. Pour rester fidèle à mon propos, un dessin valant mieux qu'un long discours, je vous laisse vous faire votre propre opinion sur le travail de notre artiste avec le lien ci-dessous. Car malgré sa maladie, c'est bien lui qui semble être le héros inavoué de cet épisode.

Extraits disponibles un peu partout, dont ici. Lire la suite...

samedi 18 juillet 2009

Barack the Barbarian

Mais quand s'arrêteront-ils ?
Pourraient-ils tomber plus bas ?

Après Savage Dragon, Spider-Man, Youngblood, Drafted et j'en passe, voici Barack le barbare. A voir la couverture, on a l'impression de toucher le fond.

Encore un éditeur de comics prêt à tout pour vendre du papier me suis-je dis. Je suis parti avec pas mal de préjugés, surtout que tout ce que j'ai vu sur Obama n'était pas franchement terrible.

Mais finalement, je l'ai lu. Et c'est selon moi le meilleur comic avec Obama dedans. Enfin quelqu'un qui relève le niveau.

Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est une œuvre intelligente, mais on sent que l'auteur a réfléchit sur l'intérêt d'intégrer le nouveau président dans son travail. C'est peut-être bien le seul.

Cette légende se situe dans une lointaine province de l'Ouest appelée La Merika. Le vaillant Barack de Shikago se rendit à Warshington, dans le but de s'y faire entendre, là où toutes paroles étaient mensonges.

J'ai eu peur. Après avoir lu Drafted, je pensais que ce Barack le Barbare allait se prendre au sérieux. Fort heureusement, il n'en est rien. On a là une satire en bonne et due forme. On s'amuse bien. On a droit à toutes les figures cléfs de l'élection transformées en guerriers barbares. L'image est amusante. Pas mal d'expressions sont retranscrites et les anachronismes sont de rigueur.

Mais l'intérêt n'est pas que là. Le scénariste Larry Hama insiste bien sur le fait qu'il ne s'agit que d'une légende. Et que la plupart des légendes ont un sens caché. Le but n'est pas de se marrer en voyant Hillary ou Sarah Palin en tenues de Viking (quoi que...), mais il s'agit vraiment d'une histoire sur les batailles politiques, au propre, comme au figuré. Il est fait référence à un temps où les hommes s'affrontaient sauvagement, mais souvent pour défendre un honneur ou une idée.

Bien entendu, Hama sert la soupe à son président. Obama est allègrement mis en valeur et ironise pas mal l'effet de sacralisation dont il bénéficie aujourd'hui. Mc Cain et Palin ne s'en sortent pas trop mal non plus. Car cette aventure n'est pas vraiment méchante envers les politiques, le but étant de faire une métaphore gentillette sur ce qu'il faut faire de nos jours pour remporter une élection.

C'est un bon comics. Ce n'est pas excellent, ce n'est pas à mourir de rire non plus. On s'amuse, c'est tout. Mais au moins, il a su mettre son histoire en perspective. On se rend compte que l'auteur n'a pas fait ça juste pour jouir de la popularité du nouveau président. Il a réfléchi avant d'écrire, et rien que pour ça, il balaye d'un revers de la main tous les prédécesseurs qui avant lui ont tenté d'incruster Obama dans leurs comics.

Sauf peut être Andy Diggle et ses Thunderbolts. Car il faut bien l'avouer, le clash Osborn/Obama était excellent. Lire la suite...

dimanche 12 juillet 2009

Drafted - One Hundred Days

La planète subit le plus grand cataclysme qu'elle n'ait jamais connue.
Après de nombreuses batailles contre des extra-terrestres, les terres sont désolées.
La température extérieure est constamment en dessous de zéro. Parmi ce chaos, un petit
groupe de survivant essaye de s'en sortir.
Les conditions sont rudes, il n'y a plus rien à manger.
Et comme si cela ne suffisait pas, il y a les attaques de pirates...
Ce dont ces réfugiés ont besoin, c'est d'un leader.
De quelqu'un qui puisse redonner de l'espoir, apporter du changement.

Mais qui est donc ce leader ?

Il s'agit bien sûr de...


Barack Obama !!!

Bien entendu, il ne touche pas un seul centime de droits dessus (voir mon autre article).

Dans le genre opportuniste, difficile de faire mieux (ou pire, c'est selon).

Mais dans cette histoire, le personnage est muet. Il devra inspirer la population sans utiliser ses fameux "yes we can". Pari difficile donc que notre leader relèvera fièrement.

Essayons d'oublier le côté racoleur un petit instant. Est ce que malgré tout, il y a dans ce comics une bonne histoire ? La réponse est non. Pourtant, si les dessins sont moches, le scénario aurait pu être bien.

On a malheureusement affaire à quelque chose de décevant, mais c'est dommage car l'auteur est passé à côté de l'occasion de faire quelque chose de bien. Il y avait matière à faire une histoire intéressante sur le rôle d'un leader, la façon de montrer l'exemple, etc...

Cependant, Mark Powers rate chaque passage qui aurait pu être réussi en centrant son histoire sur Obama. Au lieu de sortir des dialogues intelligents, il lâche des clins d'œil pas très subtils sur ce qui s'est déroulé durant la campagne. Le cirage de pompe envers le Président est tellement gros que l'on en oublie ce qui aurait du faire l'essence du scénario. Le message ne passe pas tellement il est teinté par l'opportunisme de son auteur.

Je précise que je n'ai rien contre Barack Obama. Ce que je n'aime pas, c'est de voir des histoire s'avilir et perdre tout son intérêt juste pour un coup de marketing. Enfin bref, beaucoup de bruit pour rien.

Bientôt, on parle de Barack The Barbarian. Lire la suite...

samedi 11 juillet 2009

North 40 #1

Voici le seul titre qui me semble un peu original cette semaine.
Et oui, si on en a marre des Batman et autres Dark Reign, la seule solution est de chercher au delà des grosses maisons d'édition.

On est dans une petite bourgade du fin fond des États-Unis. La ville est tout ce qu'elle a de plus typique : avec son shérif, ses serveuses, ses poivrots et quelques rednecks. Bref, tout les éléments pour faire un bon film des frêres Coen mais pas de quoi écrire un comic.

Seulement, vous y ajouter un livre magique qui transforme tous les habitants en créatures monstrueuses et là on obtient quelque chose d'un peu plus accrocheur.

J'adhère pas mal aux dessins de Fiona Staples, le trait est parfois assez simpliste et les couleurs assez pâles, mais tout cela permet de donner une certaine légèreté à l'histoire.

Cette petite ville devient rapidement incontrôlable, il va vite falloir y restaurer l'ordre et trouver un moyen de cohabiter entre monstres. C'est du moins la direction que la série semble prendre. Cela vient tout juste de commencer, et en 22 pages, c'est dur de savoir vers où on se dirige.

Mais tout ça semble prometteur. Le scénariste Aaron Williams semble faire du bon boulot, il tient un bon concept reste à voir comment il va l'exploiter.

Ce n'est que le début, on verra bien ce que ça donne. Mais le tout semble bien parti. Lire la suite...

mercredi 8 juillet 2009

Whiteout -la bande annonce

Je n'ai pas trop l'habitude de faire de l'actu cinéma sur ce blog. Mais lorsqu'il s'agit de l'adaptation du très bon comics de Greg Rucka, je suis prêt à faire une exception.

Voici en exclusivité pas totale du tout la bande annonce de Whiteout.



Pas grand chose d'autre à ajouter. On y retrouve quelques éléments de la BD comme la scène de la corde (un des meilleurs moments).

Dur de dire ce que ça va donner. Cela peut être un bon policier sympathique tout comme cela peut devenir une bonne grosse bouse.

On retrouve à la réalisation on a Dominic Sena (60 secondes Chrono et Opération Espadon). Mouais, le mec sait tenir une caméra mais on ne peut pas dire que ce soit un brillant metteur en scène non plus.

Dans le rôle principal on aura droit à Kate Beckinsale (Underworld). Ça pourrait marcher. Ce que je pense du film Underworld n'étant pas lié à sa prestation...

On parle d'une sortie pour le 4 novembre 2009. On a le temps encore, ça va probablement changer.

Je ne résiste pas à l'envie de vous mettre les affiches du film, plutôt réussies. D'ailleurs, la première est un copié-collé avec la couverture de Miller.



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mardi 7 juillet 2009

Quelques titres Dark Reign (part 2)

Continuons notre petit tour d'horizon (assez limité) sur les nouveaux titres Dark Reign de Marvel. Les deux séries d'aujourd'hui ont en commun les groupements secrets.

Agent of Atlas

Marvel ressuscite un groupe d'héros tout droit sorti des années 50. Au yeux de tous, Atlas est une méchante organisation secrète. Sauf que à leur tête se trouve des agents qui utilisent cette couverture pour faire le bien. Ils se servent de leur statut de criminels pour gagner la confiance d'autres organisations afin de déjouer leurs plans diaboliques. Bien entendu, cette navigation en eaux troubles est fort périlleuse et force parfois nos héros à faire le grand écart.

Bien ce comic me laisse assez indifférent, la série bénéficie d'un assez bon succès critique. Essayons de voir pourquoi.

D'un côté il y a l'ambiance. C'est un peu rétro, ce sont de vieux héros tout droit sorti de bandes-dessinées vieilles de plus de 50 ans. On a donc quelques bon vieux stéréotypes comme Venus "la femme fatale", Ken "le gorille qui parle", Namora la reine des océans et M2 le robot. Tous ces aventuriers nous font penser aux aventures que nos parents lisaient eux même en bande-dessinées. Cette ancienneté apporte malgré tout un certain vent de fraicheur.

Mais de l'autre côté, ces vieux stéréotypes son t raccrochés à un univers bel et bien contemporain. On peut directement le rattacher au Dark Reign et on assiste aux luttes de pouvoirs directement liées à ce qui se passe dans l'univers Marvel. Le scénario est d'ailleurs plutôt pas mal et met en scène d'autres personnages important de l'univers.

Si on ajoute à cela les dessins de Carlo Pagulayan assez bien faits, on obtient au final un produit de plutôt bonne facture.

Il se trouve que cependant j'ai eu du mal à accrocher à ces 5 premiers épisodes. Pourtant, j'aime bien ces petites conspirations, l'ambiance et les liens avec l'univers 616. Le seul problème est que j'ai du mal à adhérer aux personnages, c'est un peu le problème quand on utilise des stéréotypes.

C'est donc une bonne aventure, mis à part ce défaut majeur.

Secret Warriors

Là on est beaucoup plus dans mon registre. Dans du bon gros thriller d'action, un grand jeu d'échec grandeur nature dont les joueurs réfléchissent toujours 10 coups à l'avance ce que va faire l'adversaire. Le perdant peut dire au revoir à sa vie bien entendu...

Le héros est cette fois Nick Fury. Après avoir consacré toute sa vie au S.H.I.E.L.D., il découvre que en fait que cette dernière organisation était tellement corrompue qu'il travaillait pour l'Hydra depuis le début. Ce qui est un peu démoralisant pour notre cher patriote borgne. Ne pouvant faire confiance à personne, il va se servir de son équipe qu'il a fondée durant la Secret Invasion. Seul contre tous, Fury s'apprête à mener son combat le plus important.

Le scénario est signé Bendis et Hickman. Même si l'on y retrouve par endroit la plume de Bendis, il me semble que la majeure partie du travail scénartistique est dû à Hickman qui n'a vraiment pas à rougir de son travail.


On a le parfait mélange entre intrigue et action. Chaque camp prend son temps pour évaluer l'adversaire, mais dès que l'affrontement commence, on a droit à des scènes impressionnantes. Mais que ce soit durant les bagarres ou les dialogues, le suspense est bel et bien là et ne nous lâche pas. Les très bons dessins de Caselli aident à faire passer l'ensemble comme une lettre à la poste.

Mais au delà des guerres de clans, c'est une bataille d'idéaux. Fury, bien que rejetté de tous va prendre sur lui. Il a un combat à mener et même si plus personne ne croit en lui, il a une mission à remplir et il va le faire jusqu'au bout.


Agent of Atlas et Secret Warriors sont toutes les deux de bonnes séries. Mais il est inutile de vous faire deviner où va ma préference. Lire la suite...

lundi 6 juillet 2009

Portail Illuminati


Neault vous l'a annoncé quelques heures plus tôt. Voici notre nouveau portail. Il permet de voir rapidement les nouveaux articles parus sur nos blogs respectifs. Il a aussi une fonction "rechercher" assez pratique surtout pour les blogs comme les miens qui ne mettent jamais leurs tags à jour.

On a également ajouté un espace spécialement créé pour encenser les articles qui nous plaisent. Pas les blogs, juste les articles. On navigue pas mal sur le net, mais on ne peut pas tout connaitre. Si vous avez écrit (ou juste lu) un bon article lié de près ou de très loin aux comics, vous pouvez nous le faire savoir par mail (mattmurdockblog@gmail.com).
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vendredi 3 juillet 2009

Captain America : Reborn


Bucky commençait tout juste à s'intégrer. On se mettait à croire que ça allait durer comme ça. Les gens oubliaient petit à petit Steve Rogers. Mais non, quand on meurt chez Marvel, ce n'est jamais pour très longtemps. Voilà qu'il y a de la résurrection dans l'air...

Et quand on a un gros événement comme ça, la maison d'édition ne fait pas les choses à moitié. Captain America a droit à une mini série spéciale sur le sujet intitulée "Reborn". Cette série à même droit à un prologue d'une dizaine de page.

D'ailleurs, quand on y repense, le numéro 600 de Captain America était lui aussi qu'un gros prologue qui ne disait pas son nom. Marvel met les bouchés doubles pour nous faire comprendre que c'est là bas que ça se passe. Il s'agissait de plusieurs petites histoires successives d'une dizaine de pages chacune environ sur différents personnages de la série. Toutes ces histoires revisitaient à leur façon la mort du héros et laissait entrevoir la possibilité qu'il fasse encore parti de ce monde. C'était de bonnes petites histoires, mais pour un évènement aussi important qu'un numéro 600, on aurait pu s'attendre à quelque chose d'un peu plus conséquent qu'une simple introduction.

Pour ce qui est de la mini série en elle même, le début s'annonce prometteur. Seulement le premier numéro est sorti à ce jour mais jusque là c'est plutôt bon, voir presque sans faute. C'est bien entendu toujours sous la plume de Brubaker et les dessins sont magnifiquement rendus par Brian Hitch (4 fantastiques) qui visiblement connait son boulot.

D'ailleurs, la plume de Brubaker s'améliore dans cet épisode. Les premières pages sont assez bien écrites. Et même par la suite, l'auteur semble avoir renoncé à la voie "off" qu'il utilise à outrance dans ses autres séries.

Beaucoup trouveront cela curieux de ressusciter Steve Rogers alors que son cadavre a été examiné sous toutes ses coutures. Brubaker a trouvé une explication pas trop tirée par les cheveux (un peu quand même mais pas trop). D'ailleurs, cette explication semble offrir une tournure intéressante à la série. Bref, j'attends patiemment la suite, même si, et j'ai honte de l'avouer, qu'il vive ou qu'il reste mort ne me fait ni chaud ni froid.

Marvel devrait quand même se méfier. Quand Superman était mort, c'était le gros évènement. Pour Captain America aussi. Mais l'effet d'annonce commence à s'estomper, les gens commencent à comprendre que de toute façon, à un moment ou un autre, les choses retourneront à la normale. Déjà, personne ne croit vraiment à la mort définitive de Batman malgrée la relève bien installée. C'est un peu l'histoire du petit garçon qui criait au loup. Peut être qu'un jour, il tueront véritablement un de nos héros favoris, et personne ne s'en rendra compte...


PS : Le prologue est disponible intégralement chez nos amis de Superpouvoir. On leur dit merci. :) Lire la suite...