mercredi 4 novembre 2009

Daredevil : un bon gros pavé signé Frank Miller

Est sorti aujourd'hui une très belle édition de Daredevil publiée en français d'un volume assez conséquent. Etant donné que ce blog s'intitule "Journal de Matt Murdock", on ne va quand même passer à côté sans dire quelques mots.


Y a quoi dedans ?
Ben y a du lourd justement, pas moins de 550 pages laissant une assez libre part au bonus. Je l'ai feuilleté en librairie, c'est un bel objet. C'est en gros la contribution de Frank Miller sur la série à l'exception de son run principal de 1981 à 1983 (c'est à dire les épisodes #158 à #191) qui ont déjà été publiés en France sous la forme d'intégrales à l'année.
Ce qu'il y a en revanche, c'est 2 épisodes en stand alone, Man Without Fear, Love & War et surtout, surtout, surtout, l'arc Born Again (!!!) qui mériterait à lui seul l'achat.


Man Without Fear
Il s'agit d'une histoire hors série qui revient sur la jeunesse de Matt Murdock et de tous ses évènements traumatisants qui ont fait qu'il est devenu Daredevil. Par contre, cette aventure a déjà fait l'objet d'une réédition il y a pas si longtemps que ça dans la collection "des incontournables". Et en effet, c'est vraiment un incontournable quand on est fan de la tête à corne. C'est très bien, et ça permet de revenir sur les origines du perso sans se retaper les premiers épisodes qui ont quand même bien vieilli. C'est du hors série, mais comme par magie, Miller arrive à revenir sur des éléments clés sans bousiller la continuité de la série. Ensuite, c'est du Miller à une époque où il était en très bonne forme, on peut se jeter dedans les yeux fermés. De plus Romita tiens les crayons, je ne sais pas ce qu'il vous faut de plus.
Je ne vais pas m'étendre des heures non plus car Neault en a déjà fait un article plus nuancé mais qui correspond en de nombreux points à ce que j'en pense.


Love & War
Celui là est déjà un peu plus dispensable mais pas moins intéressant. Le ton est tout de suite très différent, on est même proche de l'expérimental. Les dessins sont de Bill Sienkiewicz ce qui donne une approche beaucoup plus abstraite des dessins.
Cette histoire tourne autour du Caïd prêt à tout pour soigner sa tendre Vanessa.
La narration est très décousue, tout est fait pour déstabiliser le lecteur.Ensuite, expérimental ne veut pas forcément dire réussi. C'est une expérience visuelle, certes, mais cette partie s'adresse avant tout aux fans de l'artiste dessinateur et non des amateurs des grands thrillers dont Miller nous a habitué.


BORN AGAIN !
Justement à propos d'excellents thrillers digne de Miller, l'arc Born Again a enfin droit à une réédition.Il était temps diront certain. Car oui, à partir de là on a droit à du grand Miller, de l'excellent Miller. Pas le Miller nous exaspère avec ses délires à la DK2. Non, là c'est du Miller digne du The Dark Knight ou du Batman : Year One. Oui, c'est du très lourd.
D'ailleurs, la comapraison avec Year One n'est pas anodine puisque c'est l'excellent Mazzucchelli aux dessins.
De quoi s'agit-il au juste ? Tout simplement du moment où le Caïd à découvert la véritable identité de Daredevil. Et comme c'est un vicelard, il ne va pas le balancer aux médias comme l'a fait la petite frappe dans le run de Bendis, il va préférer le faire souffrir.
Il va user de ses connections pour rendre sa vie misérable. Et il va le faire avec succès. C'est une très longue descente en enfer qui se prépare pour Matt Murdock.
Je ne vous en dis pas plus, mais les surprises seront de taille. L'auteur va nous offrir dans cet arc des passages cultes qui marqueront l'esprit des fans à jamais. C'est du thriller maitrisé avec des personnages complexes et des scènes choquantes, violentes, bref, on n'en ressort pas indifférent.


Donc j'achète ou pas ?
Ben, moi non. Le truc c'est que je les ai tous déjà. Born Again je l'ai déjà en VO (en double même !), Love & War je me suis trouvé une vieille édition en français et Man Without Fear je l'ai aussi en VO et ils se trouve facilement en incontournable pour pas cher. même un des épisodes en stand alone (le #219 est présent dans l'intégrale de 1983). Donc au final beaucoup risquent de se retrouver avec comme seul nouveauté le Born Again. Alors oui, il vaut vraiment le coup, mais c'est un gros pavé à 65 euros. Donc ensuite, ça dépend de vous. C'est un très bel objet, il y a pas mal de bonus et il fera très bien dans votre bibliothèque, c'est évident.
En tout cas,pour ceux qui aiment Daredevil, qui aiment le volume 2 et qui ont envie de se plonger dans la période Miller, c'est alors vraiment un indispensable.
Par contre, je ne l'ai pas lu en tant que tel, je ne peux pas attester de la traduction. Et c'est traduit par Geneviève Coulomb. Vous tapez son nom sur google et la première page qui tombe est celle de Neault, et ce n'est pas pour en dire du bien, vous vous en doutez...


En résumé
Un très bel objet, d'excellentes histoires, du Frank Miller en très grande forme. Mais peu de nouveauté pour le fan averti.
D'ailleurs c'est un peu dommage que Panini n'aille pas chercher ailleurs que chez Frank Miller pour ces rééditions. Mais il y a Born Again dedans, et ça, ça fait toute la différence.

9 commentaires:

Youtokine Toumi a dit…

Salut Matt,
Un petit retour aux sources pour te requinquer de tes examens? ;)
Pour moi, Born Again marque une époque. J'en ai un souvenir... mélangé. Je me souviens avoir été hyper impressioné mais ça coïncide avec le moment où l'éditeur français de l'époque, Lug (eh oui, je suis assez vieux pour avoir lu Born Again dans Strange!), s'est mis à censurer à tout va parce que Marvel devenait trop violent pour eux. J'ai clairement le souvenir de m'être dit un jour "mais putain, cette BD n'a que 18 pages!" et c'est à ce moment là que je me suis mis à sérieusement lire de la VO. Born Again porte bien son nom dans mon cas, c'est un arc qui m'a permis de redécouvrir les comics... Bon, 4 ou 5 ans après je me suis arrêté d'en lire pendant 15 ans mais ça c'est une autre histoire...
Très mélancolique ta nouvelle bannière, au fait.

DDaDDy DDoDDu a dit…

Je suis dans le même cas que toi, je possède dèjà les intégrales, l'incontournable de Daredevil et le guerre et amour, il me manquerait seulement le oh combien important Born Again mais l'ayant déjà lu, je ne me vois pas mettre 65 euros sur du matériel pour moi qui n'a rien d'inédit.

Dommage que Marvel fait une fixation sur Miller concernant les rééditions de Daredevil, j'aurais préféré avoir par exemple la période Nocenti/Romita jr qui était paru en version intégrale chez Semic et très difficile à se procurer ou alors avoir tout simplement la réédition de Born Again seul ça aurait été plus accessible fiancièrement parlant, logique et complémentaire aux autres rééditions de DD.

Surfer a dit…

Idem pour moi, l’omnibus ne me tente pas.
Je possède déjà la plupart des sagas en compilation dans ce bouquin.
Par exemple, j’ai “ Born Again “ et “ Man Without Fear” en edition Béthy.
J’en suis vraiment content: Hard cover avec Jaquette, Papier glacé de qualité, traduction acceptable, bonus etc. En gros une très bonne collection, dommage qu’elle soit arrêté.
Pour ce qui est des rééditions de DD j’aurais aussi préféré Nocenti / Romita JR.
Un période très riche et souvent sous estimé.

Neault a dit…

Tiens, tu m'as devancé d'un jour. ;o)
(j'ai terminé cette lecture tard hier soir).

Alors, effectivement c'est du Coulomb mais y'a pas qu'elle et, en plus, je n'ai pas trouvé tellement d'énormités. A part une belle, à un moment il y a un pavé de texte qui explique que depuis que DD a perdu la vue, ses autres sens sont décuplés. Et dans les autres sens qui sont cités on peut lire "la vue, l'ouïe, le goût..."
;o)

Plus les traditionnelles erreurs de temps, genre un conditionnel à la place du futur de l'indicatif. Mais sinon, ça va.

En fait, ce que je reproche surtout à cet Omnibus, c'est le prix. Parce qu'en comparaison des autres comics de la collection, il fait un peu ridicule.

Et par contre j'ai beaucoup aimé le graphisme de Sienkiewicz. C'est sûr, c'est spécial, mais justement ça crée une ambiance particulière et puis il y a quand même de très belles planches.

Surfer a dit…

@Neault, si tu aimes le graphisme de Sienkiewicz. Je te conseille ElEKTRA ASSASSIN chez Delcourt qui pour moi est un véritable petit chef d'oeuvre (Miller est au scenarii).

DDaDDy DDoDDu a dit…

Charmé par l'équipe artistique de guerre et amour Miller/Sienkiewicz,je me suis procuré ce fameux Elektra : Assassin de chez Delcourt dont tu parles Surfer mais contrairement à toi j'ai pas du tout accroché surtout à cause du traitement du personnage principale que je ne reconnaissait pas et que j'ai trouvé peu charismatique, le style est très particulier d'autant plus que c'est très long (260 pages de Sienkiewicz faut vraiment être fan ou s'accrocher !) et hors continuité mais bon ça reste quand même du Miller

Surfer a dit…

DDaDDyDDoDDu, Si tu parles de Garrett, ce n’est pas son charisme qui détermine la puissance de ce récit. Mais je comprends parfaitement que tu n’es pas accroché car j’ai eu moi aussi beaucoup de mal à entrer dans cette œuvre. Mais une fois dedans, je dois dire que j’ai été pris dans le tourbillon scénaristique et graphique.
L’intrigue, la subtilité dans la manière de raconter, d'amener la réflexion sur la politique et la société américaine, la chute de l’histoire… C’est magistral et Miller atteint là un sommet difficilement égalable.(Selon moi son œuvre la plus aboutie).
Alors après, le graphisme... Et bien, il y a peut être 260 pages mais ce n’est jamais monotone. Suivant les différentes étapes du récit on bascule harmonieusement entre des dessins naïfs et des peintures expressionnistes en passant par des dessins sombres et torturés. Sienkiewiewicz joue avec les couleurs, le découpage pour donner un sens au déroulement de l’histoire. Il utilise même du collage dans certains cas pour rendre son/ses personnages réalistes. Sienkiewiewicz nous démontre aussi qu’il est très doué pour des dessins plus classiques (Certaines planches ou les covers le prouvent).
C’est un véritable tourbillon d’effets et de genre graphique et on ne peut que s’incliner devant autant de talent.
J’ai aussi beaucoup aimé Love and War mais ce n’est pas comparable et c’est un ton en dessous de Elektra Assassin.

DDaDDy DDoDDu a dit…

Garrett étant un nouveau personnage créé pour l'occasion, je parlais en fait d'Elektra que je trouvais méconnaissable mais bon comme apparemment elle est droguée et que le narrateur est principalement Garrett ça peut expliquer la chose.
En tout cas tu parles de ce run avec tellement d'intérêt que je suis prêt à lui redonner une seconde chance et à le relire plus attentivement :)

Vance a dit…

Je l'ai vu mais interdiction d'y toucher vu qu'on entre dans la période de Noël ! Pourvu que quelqu'un entende mes prières (chérie, t'as compris ?) !