Après Garth Ennis et avant Warren Ellis vint Paul Jenkins sur un run qui est vite tombé aux oubliettes. Pour cause, il n’existe aucun TPB de ses arcs. Impossible de mettre la main sur son travail. Sauf sur internet bien sûr. J’avoue, c’est donc sans scrupule que j’ai téléchargé ce run. C’est d’ailleurs très pratique sur un pc de voyage.Ensuite, il y a une raison pour laquelle ce run n’a jamais été éditée. Elle est très simple : ce n’est pas très réussi. Tout d’abord c’est beaucoup trop bavard, l’auteur en fait des tonnes là ou Ennis arrivait à résumer une idée en quelques phrases bien placées. Pourtant, Jenkis collaborait avec Sean Phillips (Criminal, Incognito) qui s’en sortait plutôt bien.
Donc on s’ennuie pas mal durant ces arcs. Jenkis nous sort toute une bande de copains sortis de nulle part dont on se fiche un peu. Mais surtout, le plus énervant, est qu’il va rater des moments clés pour la continuité de la série.
Il ne réussira pas à capter l’essence des personnages laissés avant lui. Le First of the Fallen perd toute son intensité dramatique, les choix d’Ellie sont incohérents. Bref, il casse un peu l’ambiance.
Mais tout n’est pas à jeter non plus. Son premier vrai arc sur son dédoublement est satisfaisant. D’ailleurs, s’en servir comme fil rouge était une plutôt bonne idée. Constantine créé un double de lui-même pour échapper au diable. Mais une fois cette copie effectuée, il ressent comme un vide. Cette idée était plutôt bien exploitée, mais ce fut le seul grand moment d’un run pourtant assez conséquent.Paradoxalement, Jenkis s’en sort mieux sur les one shots que sur les grands arcs. Certains sont plutôt bien trouvés et très émouvants. Ils sont d’ailleurs plus nombreux que les arcs classiques.
Bref, c’est un échec, cependant, quelques passages auraient quand même mérités d’être édités. Mais pour le reste, comme ses délires sur le mythe du roi Arthur ou le pays imaginaire, c’est vrai que ça mérite la poubelle.
L'avis de Youtokine :
Au début, je ne pensais pas lire ce run par manque de temps. J'avais donc demandé à Youtokine qui connait bien cette série, s'il pouvait en parler à ma place. Comme il avait un avis défavorable sur ce le travail de Jenkis, j'ai voulu lire cette période par moi même avant d'en dire du mal. Finalement, nos avis convergent pour beaucoup...
Je poste l'article qu'il m'a écrit, comme ça son travail n'aura pas été vain. Vous pouvez aussi visiter son blog ici.
Paul Jenkins (Hellblazer #89 à #128)
Paul Jenkins aura passé plus de 3 ans à écrire 40 épisodes consécutifs de Hellblazer. La version Trade Paperback de son run est cependant introuvable, aussi bien aux Etats-Unis qu'en France, et pour cause: elle n'existe pas. De là à en déduire que DC a jugé le potentiel commercial de ce run comme trop faible pour se donner la peine de le sortir en TPB, il n'y a qu'un pas que, personnellement, je me permettrai de franchir allègrement.
La période Jenkins divise en effet les fans de Hellblazer en 2 catégories: d'un côté, ceux qui trouvent que ses histoires apportent une rupture de ton bienvenue par rapport au style grandguignol d'Ennis, et de l'autre, ceux qui se sont tout bonnement fait chier au point de décrocher de la série.
D'un point de vue purement quantitatif, la seconde catégorie semble être majoritaire (et donc donner raison à DC) puisque le run de Jenkins est caractérisé, entre autres, par une chute drastique des ventes de Hellblazer.
Qu'est-ce qui a bien pu autant déplaire aux fans?
Une première part de responsabilité pourrait être "attribuée" à la galerie de personnages secondaires introduits par Jenkins. En effet, alors que Garth Ennis, avec la gouaille qu'on lui connait, avait réussi à créer des personnages attachants et haut-en-couleurs pour seconder John Constantine, les seconds couteaux de Jenkins se sont révélés à l'image de ses histoires: banals. Seuls sortent du lot son ami Rich, rescapé de la période "punk" de Constantine, et Dani, une journaliste afro-américaine qui deviendra sa compagne. Face à Chas et Kit, cependant, les personnages de Jenkins ont autant de charisme que des lampadaires et Jenkins ne parvient pas non plus à créer de "vilain" aussi marquant que le First of the Fallen d'Ennis ou le Nergal de Delano.
Une deuxième cause du déclin d'intérêt pour Hellblazer sous Jenkins est probablement aussi à rechercher dans le désir de ce dernier de se distinguer de ses prédécesseurs en s'éloignant du genre horreur qui avait pourtant contribué au succès de la série jusqu'alors. Jenkins, afin de marquer son passage dans la série, décide en effet de puiser son inspiration dans la mythologie celtique (légendes Arthuriennes, Merlin...) et le folklore britannique (Jack in the Green, Abaton...) plutôt que dans les thèmes de prédilection Dieu/Diable/Enfer/Paradis propres à Hellblazer qu'il continue cependant d'utiliser mais, semble-t-il, plus par obligation que par réelle inspiration.
Malheureusement, ce changement d'orientation, plombée de plus par une narration insupportablement lente et des intrigues d'une platitude affligeante, ne convainc pas les lecteurs qui décrochent impertubablement de la série. S'ajoute à cela un timing totalement défavorable à Jenkins puisqu'en 1995 DC/Vertigo sort un nouveau titre appelé... "Preacher", d'un certain Garth Ennis, qui se charge de rallier les déçus de Hellblazer à la recherche du gore qui fait maintenant défaut à la série. Paul Jenkins jettera l'éponge au 128ème numéro de Hellblazer, non sans avoir, comme pour s'excuser de son "échec", fait table rase de sa trop insipide galerie de nouveaux personnages.
Les "points forts" de la période Jenkins:
- arc "Critical Mass" (#92 à #96): Constantine se divise en deux et envoie sa "mauvaise moitié" en enfer
- arc "Difficult Beginnings" (#102 à #104): Constantine se rend compte qu'il ne peut fonctionner correctement sans sa moitié sombre mais, devant le refus de celle-ci de le réintégrer, "souille" son âme en copulant avec Ellie (la démone créée par Ennis)
- arc "Last Man Standing" (#110 - #114): Constantine est chargé de trouver le descendant du roi Arthur et découvre qu'il s'agit de l'un de ses propres amis.
- épisode #120: épisode anniversaire pour les 10 ans de Hellblazer. Cet épisode ne vaut que pour le petit jeu qui consiste à reconnaitre qui est qui parmi les anciens scénaristes et autres membres de DC caricaturés par Sean Philips.
- arc "How to Play with Fire" (#125 - #128): un ami de Constantine est convaincu par le fantôme de son épouse morte que Constantine est responsable de la mort de celle-ci. Le fantôme se révèle en fait être Ellie qui désire se venger de ce que Constantine lui a fait dans "Difficult Beginnings".
2 commentaires:
Ptite remarque sur la frappe : c'est Jenkins, pas Jenkis...
Je n'aime pas trop ce scénariste : son Wolverine Origins était plutôt surfait, ses mini-séries sur Sentry n'allaient nulle part. Seule sa mini sur Inhumans m'avait laissé une bonne impression.
Well, thank you, counsellor!
J'espère que tu nous concoctes un bon petit article pour le numéro 500 de Daredevil, ça a l'air d'être une tuerie :D
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