C'est à Jamie Delano que revient l'honneur de poser les bases du personnage de John Constantine. Ce dernier va dresser un portrait peu flatteur du personnage.La toute première histoire semble être de la "routine" pour John. Il doit lutter contre le démon de la faim. Ce démon faisait rage en Afrique où il était très puissant. Il a été enfermé mais Gary Lester, un ami de Constantine l'a malencontreusement libéré et il sévit maintenant dans les rues de New-York. Remettre les démons à leur place est le quotidien de notre héros. Cependant, on va vite s'apercevoir qu'il n'y a rien d'héroïque là dedans. Pour arriver à ses fins, Constantine va devoir manipuler tout le monde, y compris ses amis, et les trahir au besoin.
C'est le genre d'attitude qui devrait horipiler le lecteur. Pourtant Delano va bien s'y prendre et rendre le personnage presque émouvant. Hanté par les fantomes de ses amis, Constantine porte un lourd poid sur ses épaules. L'auteur laisse deviner un passé lourd et mystérieux ayant marqué à jamais le personnage.
Un autre élément frappant dans ce tome est le cynisme que Delano prête à son personnage. Nous sommes à Londres à l'époque de Margaret Thatcher et l'auteur n'hésite pas à placer quelques charges politiques bien sentis contre une société qui déshumanise ses habitants. On notera un épisode très amusant durant lequel notre héros va tenter de faire crasher la bourse démoniaque en faisant chuter le marché des âmes. Les éléments fantastiques sont toujours liés à notre contemporain. Et beaucoup de critiques de ce bouquin écrit il y a 20 ans maintenant restent d'actualité.
D'ailleurs, si les dessins ont un peu vieillis, l'émotion est toujours présente. Certaines scènes entre John et ses fantômes m'ont bien marqués, ce qui me fait dire que Delano est bon auteur.
Notons que si les petites histoires sont légions dans ce premier tome, elles laissent entrevoir un fil rouge un peu plus consistant. D'ailleurs, la dernière page s'achève par un assez gros suspense.
1 commentaires:
excellent celui-là ! dommage que je n'avais pas le blog à l'époque où je l'ai lu.
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