vendredi 21 août 2009

Hellblazer : Good Intentions/Freezes Over

Allez, on continue avec la suite du run d'Azzarello.

Si la première partie du run était plutôt réussie, la suite se gâte un peu. Non pas que ce soit mauvais, loin de là, juste que le fil rouge qui va guider toute cette période n’arrive pas à susciter l’intérêt du lecteur.

John va parcourir l’Amérique à la recherche d’anciens amis à lui pour s’excuser de la mort de la personne dont il a été accusé du meurtre.

Durant les deux arcs suivants, il se rendra dans une petite ville particulièrement glauque, puis se retrouvera coincé dans un motel avec un serial killer lors d’une tempête de neige.
Ces épisodes sont malheureusement assez lents. Il ne s’y passe pas grand-chose et Constantine se retrouvera plus comme un spectateur passif des évènements autour de lui. Mais surtout, la magie semble quasiment absente de ces arcs. Un peu plus de surnaturel n’aurait pas fait de mal, ici, cela intervient de manière presque trop subtile.
Enfin, comme dirait John : « la magie est l’art de faire croire aux gens ce que l’on veut. »

Notons que ces épisodes n’en restent pas moins très bien écrits, Azzarello n’a pas perdu son talent pour mettre en scène des échanges verbaux plutôt bien sentis.

Notons que ces deux premiers arcs sont disponibles en français aux éditions Toth et sont plutôt bien traduits.
Le tome Freezes Over contient également deux « One shot ». Le premier est dessiné par Steve Dillon mais n’a pas vraiment d’intérêt. Azzarello ne profite pas vraiment du talent de l’artiste qui est à sa portée. A quoi ça sert de le faire venir si ce n’est que pour faire parler les personnages pendant 22 pages ? Quand on a Dillon, la moindre des politesses, est de lui faire dessiner des trucs crades…

Le deuxième one shot est par contre très bon. C’est d’ailleurs le meilleur moment de tous le run selon moi. Il revient sur la jeunesse de Constantine du temps où il était une rockstar. Ce dernier va monter un de ses coups foireux comme il en a le secret. D’ailleurs, cela aura pas mal de conséquences sur les mésaventures de notre héros.



Extrait (j'ai pas eu le temps de vous le scanner, ce sera à mon retour) :
John se fait prendre en stop par un dénommé Craig. Il va lui foutre la trouille de sa vie.

Craig Alors, quoi ? Votre voiture est tombée en panne ?

Constantine Ma voiture ? Non, je conduis pas.

Craig Vraiment ? Vous n’avez pas l’air…J’veux dire, d’habitude je prends pas les auto-stoppeurs. Vous savez ce qu’on dit ?

Constantine J’ai entendu. D’habitude je prends un taxi.

Craig Par ici, y’en a pas. Vous venez d’où d’ailleurs ?

Constantine Prison.

Craig Quoi ?

Constantine Pour meurtre. Tiré à bout portant en pleine face. Son cerveau est sorti de son crane pour se répandre partout sur le mur. On aurait dit un tableau de Jackson Pollock.

(Craig est livide)

Constantine Ça vous dérange si j’fume ?

3 commentaires:

Stéphane a dit…

Bonjour!

Le run Freezes over a le mérite, à mon sens, de montrer comment Constantine manipule les personnes.

J'ai beaucoup aimé les runs d'Azzarello en illustrant commen Constantine est devenu magicien. Ici, pas de boules de feu, pas de manipulation de zombis... Sa vision de la réalité s'impose à vous. Il bluffe, tente et s'engouffre dans les brèches, les peurs et les zones d'ombre. C'est ainsi qu'il contrôle sa réalité.

Là où Ellis ou Ennis nous montraient un Constantine au sommet de son art face au surnaturel, Azzarello nous en montre les bases avec les humains.

Amha.

(et merci pour ce blog, j'aime beaucoup ce que j'y trouve.. et en plus avec beaucoup de comics que je lis ou que j'ai découvert ici).

Matt Murdock a dit…

Tu as en effet assez raison.
D'ailleurs, comme le répète Constantine, la magie, c'est l'art de "bullshitting other people".

De faire croire aux autres ce que l'on veut qu'ils croient. Bref, la magie, c'est la manipulation. Azzarello l'a bien compris.

Francis Bob Ponge a dit…

Je n'ai lu que deux tomes, "freezes over" et "good intentions" et ce n'est pas le meilleur de Constantine, j'ai même détesté le manque de magie au début. En relisant plus tard, je pense qu'Azarrello a tenté le défi de faire du Constantine ultra-light en magie pour mieux rentrer dans son esprit machiavélique et mettre en valeur l'histoire et les dialogues (histoire de dire que les ricains ont aussi un cerveau?)

Pour moi ce run est la face sombre du personnage, pas la plus belle mais certainement indispensable avec sa fascination malsaine pour les cadavres et ses répliques qui tuent (parfois littéralement)