
Quand je regarde une couverture de comic, la première chose à laquelle je fais attention d'habitude est le nom du scénariste. D'ailleurs, sur ce blog, j'essaye de les mettre à l'honneur en essayant de retracer certaines de leurs œuvres avec mes "rétrospectives". A tel point que j'en délaisserait presque les dessinateurs qui font pourtant bien plus que retranscrire les mots du scénaristes sur du papier. Ce Captain America #601 en est un exemple.
Car, il y a des moments où le scénariste importe peu, où il devient complètement effacé par rapport au dessinateur. Cela ne veut pas dire non plus que l'histoire est tellement mauvaise que l'on ne peut se raccrocher qu'aux dessins. Non, cela veut dire que la place de l'image dans l'œuvre est tellement essentielle que l'on en oublie les mots et le résultat d'ensemble devient une forme d'art. Ceux qui connaissent bien David Mack savent exactement de quoi je parle.
Gene Colan est à l'honneur dans ce numéro spécial d'une quarantaine de pages. Brubaker l'a bien compris et écris une histoire très simple en apparence permettant à l'artiste de montrer pleinement la mesure de son talent.
Les dessins sont donc grandioses. Mais je ne vais pas m'étaler là dessus. Pour rester fidèle à mon propos, un dessin valant mieux qu'un long discours, je vous laisse vous faire votre propre opinion sur le travail de notre artiste avec le lien ci-dessous. Car malgré sa maladie, c'est bien lui qui semble être le héros inavoué de cet épisode.
Extraits disponibles un peu partout, dont ici.
9 commentaires:
Bravo pour cet hommage au grand Gene Colan. J'ai lu des commentaires sur certains sites où la "jeune génération" se plaignait que ses dessins dans ce numéro de Cap étaient pourris. S'ils se renseignaient avant d'ouvrir leur gueule, ils éviteraient peut-être de critiquer en voyant ce qu'un véritable artiste peut encore faire à 80 ans! Encore bravo.
Très, très grand artiste en effet. Un des derniers dinosaures de l’univers des comics. J’ai encore en mémoire son Dracula ou son Daredevil. Ces dessins resterons a jamais dans un coin de ma mémoire car avec son style a la fois réaliste sombre et parfaitement nuancé d’ombres et de lumières a réussi à atteindre mon subconscient. Dracula, le Hibou ou Mister Fear ont hanté bien des nuits dans ma jeunesse. ;-)
"cela veut dire que la place de l'image dans l'œuvre est tellement essentielle que l'on en oublie les mots et le résultat d'ensemble devient une forme d'art."
--> A part dans certains cas, genre french comics, le résultat est toujours une forme d'art non ?
Sinon, j'attends ça avec impatience, d'autant que la comparaison avec Mack place la barre bien haute tout de même.
A mon humble avis je pense qu’on ne peu pas comparer les 2.
Mack est un aussi grand artiste et son talent est incontestable, ses dessins son dignes de peintures de grands maitres. Mais son style est peu adapté aux comics d’action par un manque évident de dynamisme. Je le vois mal sur le run complet d’un personnage, par contre c’est quelqu’un qui peu être génial sur une mini série un ou un graphic novel.
Colan lui est plus de la vieille école au même titre qu’un Kirby, un Buscéma ou un Adams.
Son style est parfaitement taillé pour les comics, découpages dynamiques, scènes d’action maitrisés. Il est même un précurseur dans certains domaines : certaines de ses œuvres ont été colorisées directement sans passer par l’habituel encrage. Technique reprise il n’y a pas très longtemps par Doug Braithwaite dans la mini série de Thor parue dans secret invasion hors série N°2
Pour finir je pense que Colan peu dessiner n’importe quels comics alors que ce n’est pas forcément vrai pour Mack. Mais bon, je le répète ce n’est que mon humble avis.
A part dans certains cas, genre french comics, le résultat est toujours une forme d'art non ?
Certes.
Mais une forme d'art légèrement différente. Dans les comics "classiques", le travail du scénariste porte essentiellement sur des personnages qui évoluent et dont nous partageons l'aventure.
Ici, on en oublie complètement l'histoire et ce qui se dégage ce sont plus des sentiments, une humeur à partager, bref, des sensations.
C'est ma conception (peut être erronée) mais assez personnelle sur certains comics.
David Mack est un mauvais exemple, car avec son Echo, il parvient à faire les deux. Mais comme il le dit si bien à la toute dernière page, ce n'est pas dans les mots, mais dans les silences entre les deux "que la magie opère" (voir citation)
Oups, le lien marche pas.
Je recommence :
Citation de la semaine #20
Oh la la ! Je relis mon post ce matin et je m’aperçois que j’ai oublié un mot dans une phrase qui pour le coup ne veut plus rien dire ! Quand j’écris : « Je le vois mal sur le run complet d’un personnage » je voulais dire : « Je le vois mal sur le run complet d’un scénariste sur un personnage ». Je devais être un peu fatigué hier soir !
J'ai fait bien bien pire...
N'oublions pas les Docteur Strange dessinés par sa main; c'est bien le seul à avoir réussi à nimber les aventures du bon docteur d'une aura occulte tout simplement terrifiante...
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