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Spectacular Spider-Man - saison 2 "Final"
ASM vient de boucler un arc majeur qui se voudrait être une sorte de season finale des Brand New Day. En effet, cette histoire en 5 épisodes va résoudre en une seule fois l'intrigue tournant autour de Spider-Tracer Killer et l'intrigue sur le Grey Goblin et son implication dans la campagne. C'est d'ailleurs assez impressionnant de voir que même si les deux sont résolues en même temps, elles n'avaient rien à voir l'une avec l'autre. Dommage...
Dans le même temps, SSM termine sa saison 2 sur les chapeaux de roue. Il faut dire que c'était une saison extrêmement bonne, bien meilleur que la précèdente (qui n'était déjà pas si mal). Les scénarios see complexifient et l'on a droit à de bonnes histoires. Certains épisodes s'offrent même le luxe d'adopter un mode de narration original et d'apporter un peu d'humanité dans les méchants habituels. Si on ajoute les romances lycéennes de Peter Parker ultra compliquées, on obtient une saison de très bonne qualité.
Mais pourquoi j'en parle en même temps ? Parce que les deux partagent un assez gros point commun : Le Goblin.

Au début je ne voyais pas trop l'intérêt de ce méchant. Un type qui se balade de vert vêtu et qui balance des citrouilles. Bof, j'ai vu mieux. Mais l'intérêt de ce type de méchant n'est pas dans sa personalité en elle même mais plutôt dans la façon dont les scénaristes s'en servent.
Il y a un mot assez connu aux Etats-Unis, dont il n'existe pas vraiment de traduction en français. Il s'agit du "Whodunit". Si je voulais le traduire ça donnerait "qui a fait le coup ?". En fait, cela consiste à mettre un tueur mystérieux dont l'identité ne sera dévoilé qu'à la fin de l'épisode. De cette manière, le spectateur peut s'intéroger et essayer de deviner avant le détective qui est le vrai coupable.
C'est en effet cette formule qui est applqiuée à la lettre ici pour les Spider-Man. Tout d'abord, le ASM nous fait la révélation fracassante vers le milieu de l'histoire. Effectivement, le visage du Grey Gobelin est dévoilé et on ne le voit pas venir du tout. C'est d'ailleurs un peu le but. Les scénaristes se sont arrangés pour que ce soit la personne à laquelle on s'attende le moins. Comme ça on peut pousser un "oh my god" et avoir la satisfaction d'être berné par les scénaristes. Le procédé est un peu gros et facile, mais reste efficace.

D'ailleurs, pour bien marquer le coup, on a droit un épisode entier dans lequel le méchant fait son monologue sur comment il est devenu méchant et comment on s'est fait avoir. On a droit à l'explication complète et même à quelques flashback en prime. Effectivement, il y avait quelques indices. Mais bon, pas vraiemnt de quoi faire un vrai rapprochement. Ce qui frappe surtout, c'est la manière dont s'y prenne les scénaristes à vouloir faire comme si il s'agit d'une révélation de type hollywoodienne digne des bon films policiers de séries B. Quand on y réfléchit, les Brand New Day fonctionnent un peu comme une série tv. L'expression "Season Finale" n'est pas de moi pour ce Character Assassination, mais bien des créateurs eux-mêmes.
Bon, on ne va pas cracher sur cette histoire qui n'était pas mauvaise, mais je dois dire que je m'attendais à un peu mieux. D'ailleurs, l'intrigue du Spider-Tracer, elle, s'avère être assez plate. Bref ça ressemble à beaucoup de bruit pour rien. La baudruche Brand New Day se dégonfle pas mal.
Spectacular Spider-Man, quand à lui, va aussi jouer sur le whodunit du Green Gobelin, mais va être beaucoup plus malin sur le coup. Tous le monde se doute que ce vilain est très probablement un Osborn. Donc ce que les scénaristes vont faire, c'est jouer avec nos nerfs. Tout d'abord on ne sait pas lequel des deux il s'agit. Norman ou Harry ? Harry se seraient trop simple. Mais Norman semble beaucoup trop prévisible. Puis les scénaristes vont les disculper, les resoupçonner, brouiller les pistes. On n'est jamais vraiment très sûr de qui il peut s'agir. On aura toujours un doute. Au final, quand la révélation interveint dans les dernières minutes de la saison, on reste surpris. Ils se sont plutôt bien débrouillés sur le coup.

Comme je l'ai dis, c'était une très bonne saison. Mais le dessin animé aurait peut être gagné à avoir plus d'épisodes. Certains évènements s'enchainent beaucoup trop rapidement.
Donc, oui, introduire un whodunit c'est rigolo. Cela permet d'éveiller la curiosité du lecteur/spectateur et cela apporte un peu de souffle à l'intrigue. Mias une bonne série ne dois pas se baser uniquement là dessus. Si à côté l'histoire est creuse et que le personnage du méchant est laissé de côté pour se consacrer uniquement sur son aspect secret, c'est souvent un ratage. La révélation du whodunit doit être crédible.
Le lecteur doit pouvoir se dire "oh mais bien sûr, pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ?" Et non pas "ça alors, jamais je n'aurais deviné !". Et oui, intégrer un whodunit, c'est tout un art et cela ne doit pas être fait n'importe comment, sinon cela tombe comme un cheveu sur la soupe.
Paradoxalement, le dessin-animé, malgré toutes ses situations improbables, s'avère plus crédible de ce côté là que la série mère.
5 commentaires:
j'avais découvert le terme "whodunit" dans l'excellent bouquin consacré aux entretiens entre Hitchcock et Truffaut, qui analysait plutôt bien le principe. Les vieilles recettes fonctionnent toujours...
Moi j'ai appris ce que signifiait le Mc Guffin dans ce bouquin.
Tu as aussi les gimmicks de William Castle, réalisateur de films d'horreur dans les années 50 et 60: un squelette qui descendait du plafond à un moment bien précis du film, des sièges vibrants, des assurances décès en vente aux entrées du cinéma... Le roi de la trouvaille ce Castle!
Un peu dépassé le MacGuffin, d'autant que certains, il y a déjà un moment, nous faisaient déjà de faux menus MacGuffin, comme Hergé dans "Les Bijoux de la Castafiore", la seule "vraie-fausse" aventure de Tintin.
Ceci dit le whodunit peut se revisiter à l'infini, parfois même de manière délicieuse. Nuggets, "'dunits" ou muffins, l'essentiel est encore d'inventer la sauce qui va bien. ;o)
(à quand les genres Curry ou Barbecue ? un coup je picote, un coup je te fais cuire le lecteur en plein air !)
C'est plus rare le McGuffin, c'est vrai. Et je ne parle pas que des menus de Mc Donald. Mais on en a de temps en temps. Mission Impossible 3 et sa patte de lapin par exemple...
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