Depuis quelques mois, on nous annonçait que Brubaker allait sortir son tout dernier bébé : Incognito. On était curieux de voir ce que ce cher Ed allait nous inventer, malheureusement, l'innovation ne semble pas de la partie.Prenez Criminal, ajoutez y du Sleeper et saupoudrez le tout d'une sauce super-héros un peu sombre : vous obtiendrez un pur produit Brubaker. N'oubliez pas de prendre Sean Philips en dessinateur, il deviendra alors quasiment impossible de distinguer cette série des autres.
Bon, j'arrête de me plaindre, Incognito, c'est bien. C'est même rempli de très bonnes idées. On a tous les éléments pour faire une bonne série. On a un ex-criminel qui s'est rangé dans un programme de protection gouvernemental. Sa vie est monotone, sans surprises, bref, il regrette son ancienne vie. Y'aurait-il encore pour lui un moyen de se sentir vivant à nouveau ?
Ça reste bien écrit, et on a des bonnes scènes. Surtout, quand le héros se comporte comme un gros salaud. Le costume est le seul moyen pour lui d'être lui même, libre de toutes contraintes. Sans cela, il reste le petit employé de bureau brimé par ses collègues et son officier de probation. Brubaker tient peut être quelque chose lorsqu'il explore cet aspect du costume chez les supers-vilains. On verra ce que tout ça donne donc.
Paradoxalement, j'aime bien, mais je suis déçu. Notre auteur applique avec beaucoup trop de soins sa bonne vieille recette. C'est toujours aussi bon, mais on aimerait parfois varier un peu le menu, se laisser surprendre, sortir des terrains connus. Une prochaine fois peut être ?
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