lundi 29 décembre 2008

X-Men Noir

J'avais commencé à vous parler de la série "Noir" de Marvel en commençant par Spider-Man. Bien que les qualités de ce dernier étaient indéniables, son problème était de trop vouloir se coller à l'univers "noir" sans jamais vraiment se l'approprier. Tout le monde me disait que les X-Men étaient mieux. Après l'avoir lu, je dois admettre qu'ils avaient raison.

Tout commence par un meurtre. Le corps d'une certaine Jean Grey est retrouvée flottant sur la rivière. Sur son corps, on peut retrouver des traces de griffes ainsi qu'un mystérieux tatouage représentant un "X". La jeune recrue Peter semble vouloir comprendre le fin mot de l'histoire, mais il semble bien être le seul à s'intéresser à cette affaire.

Déjà, l'ambiance "noir" est beaucoup plus marquante, un petit peu cliché, mais pas trop. Juste ce qu'il faut pour donner le ton "années 30". Ensuite, l'idée de départ semble bien meilleure : ce ne sont plus des mutants, mais un groupes tout autant méprisé par le reste de la société. L'exploit de cette série est de conserver la substance "X-Men" tout en retirant les supers pouvoirs de l'équation.

Les dessins de Dennis Calero fonctionnent et se démarquent par une certaine singularité. Le comics joue beaucoup sur les ombres et lumières et les effets de couleurs. Je ne dis pas que c'est forcément agréable à regarder, mais cela pose bien l'atmosphère.

Il semblerait donc que Fred Van Lente fasse du bon travail. L'intrigue semble assez obscure pour le moment, j'attends donc de voir comment tout cela va se démêler.

mercredi 24 décembre 2008

mardi 23 décembre 2008

Amazing Spider-Man #574 à #577

Il s'avère que je suis pas mal en retard dans mes chroniques sur Spider-Man. Tentons d'arranger ça pour retrouver le rythme des sorties US.

ASM #574

Exit Spidey, place à un autre héros : Flash Thompson. Cette fois, le scénariste tente de démontrer qu'il y a d'autres types de héros que ceux que l'ont trouve chez Marvel, des héros plus normaux, plus humains, dont la vie est mise en danger aux quotidiens. Flash y raconte son périple en tant que soldat en Irak. Voyage dont il ne sera pas ressorti indemne. Son histoire est ponctuée par des scènes connues tirées des aventures de Spider-Man. Le but étant bien sûr de comparer ces deux formes d'héroïsmes. Parallèle un peu maladroit, mais l'épisode est plus un hommage aux soldats combattant en Irak, donc il ne faut pas non plus chercher trop loin et prendre l'épisode pour ce qu'il est.

ASM #575 et 576


Bonne nouvelle : Chris Baccalo revient aux dessins ! Mauvaise nouvelle pour Spidey : Hammerhead revient et il est plus redoutable que jamais.
Cette histoire double est fort sympathique et agréable à regarder. Dommage tout de même que au final elle ne se résume qu'à peu de choses. L'histoire tient sur un timbre poste. Conscient des lacunes de son scénario, l'auteur rajoute tout de même quelques personnages secondaires intéressants en ajoutant un fond de guerre entre gangs. On nous présente également une nouvelle reporter travaillant avec Peter qui est fort sympathique.
Comme d'habitude avec ce dessinateur, les planches sont excellentes, et ce à tel point que l'on finit par se moquer des vacuités du scénario. On rentre dans l'histoire vite fait bien fait, on ne pose pas trop de question et on passe un bon moment au final. Que demander de plus ?`

ASM #577

Le Punisher débarque chez Spidey ! Episode unique, mais plus long que d'habitude. On a un méchant. Le Punisher et Spider-Man ne s'aiment pas mais vont être contraint de faire équipe. Je pense ne spoiler personne en disant ça...
Rien de bien original donc de ce coté là. La confrontation est intéressante mais ne fait pas d'étincelles non plus. La relation Daredevil/Punisher est elle beaucoup plus poussée. D'ailleurs, on sent bien que psychologiquement parlant, Frank Castle à l'avantage dans la relation. Parker, lui, se contente de subir.
Notons tout de même une scène très drôle en début d'épisode : Peter Parker qui passe la conduite accompagnée ! Le mec se balance de toiles en toiles à une vitesse extraordinaire, mais n'est pas fichu d'avoir son permis.

lundi 22 décembre 2008

Spider-Man : Noir

La maison des idées a eu une idée : transposer la plupart de nos superhéros marvel en 1933 et en faire des aventures à la sauce polar de l'époque. C'est donc sombre, un peu glauque et reprend l'atmosphère de films du type le Dalhia Noir de De Palma (c'est pas une grosse référence, je sais, mais c'est le seul qui me vient à l'esprit en ce moment).

Donc, nous voilà en 1933, l'histoire commence au moment où un JJJ, directeur de journal, se fait mystérieusement assassiner. Tout laisse à penser que cet horrible crime a été perpétré par un homme dans un costume d'araignée. Il nous faudra revenir en arrière pour comprendre ce qui a bien pu se passer.

C'est David Hine qui se colle au scénario. On n'en est qu'au premier numéro, ce n'est pas encore très passionnant, mais j'ai confiance en l'auteur qui a su nous pondre Daredevil : Redemption (un très bon volume hors-série).

Pour l'instant Ben Urich est au centre de l'histoire. On s'amuse un peu de voir comment la marvel s'est amusée à transformer la plupart des persos de l'univers de Spider-Man en une variante correspondant mieux à leur époque. Le Vautour ressemble plus à un Nosferatu tiré des vieux films en noir et blanc. C'est amusant, mais pas indispensable. Ce comics s'adresse d'abord et avant tout aux fans. Et encore, ceux-ci risquent de ne pas retrouver tous les aspects qui font le charme de la série originelle.

Donc en gros, le Noir, est ce que c'est bien ?
Moui et non. C'est encore trop tôt pour dire. D'ailleurs, je n'ai lu que le Spider-Man, je n'ai pas eu le temps de lire le X-Men (ceux qui ont vus une de mes récentes bannières savent pourquoi). Pour l'instant, c'est rigolo, c'est original, il y a des idées mais j'attends peut être un peu plus (je suis exigeant, je sais). J'espère qu'une véritable histoire va se profiler et non un simple agencement de clichés sur l'époque.

Donc je réserve mon jugement pour le moment. Comme je l'ai dit plus haut, j'ai confiance en David Hine qui est capable de nous sortir une bonne histoire de son chapeau.

En attendant, si vous voulez lire une bande dessinée "Noire", lisez Blacksad. Les 3 tomes sont excellents (particulièrement le deuxième).

D'ailleurs, si vous voulez offrir une BD pour noël, Blacksad est le cadeau idéal. Bon, je sens que je m'éloigne du sujet...

dimanche 21 décembre 2008

Dark Reign


C'est comme cela que ça commence...

J'ai pas mal hésité à vous en parler, car je me vois mal chroniquer cet épisode sans trop en dire pour ne pas vous gacher la fin de la Secret Invasion.

Je vais donc rester très vague...

- 5 individus se retrouvent autour d'une table et discutent des conséquences que va avoir l'invasion Skrullienne...

- C'est du Bendis, qui nous raconte une réunion secrète qui plus est. On a donc énormément de dialogues. Est ce que l'on s'ennuie pour autant ? Non, en fait ça se lit très vite. Trop vite...

- On se croirait presque dans le premier épisode des Illuminatis. Sauf que là c'est assez différent...

- D'ailleurs, le dessinateur est Alex Maleev, cela renforce la comparaison. Le bonhomme est très doué comme à son habitude.

- Ca ne fais que 22 pages, mais mine de rien, l'épisode va reconstruire entièrement les bases de l'univers Marvel. Non, ce n'est pas un petit changement...

Bon, voilà, je peux pas faire plus vague. Mais je peux vraiment pas en dire plus sans spoiler.

samedi 20 décembre 2008

Greg Rucka


Ma rétrospective sur Greg Rucka n'est pas encore finie, mais je l'ajoute d'ores et déjà dans la rubrique dossier (à droite de ce blog).

Vous pouvez donc accéder plus facilement à tous mes articles concernant cet auteur.
Les articles avec une étoile sont ceux que je recommande le plus.

Whiteout***

Whiteout : Fusion*
Elektra vue par Rucka
Daredevil, Cruel & Unusual*****
Queen & Country
Queen & Country : Déclassifié *
Queen & Country, t6 - Opération : Saddlebag
Queen & Country, t7 - Opération : Red Panda
Gotham Central *(petite précision : après les avoir tous lus, je conseille surtout le tome 1, les autres, un peu moins)
Hiketeia **


Greg Rucka : Mode d'emploi



A venir si j'arrive à les trouver :
Felon
52
Checkmate
Black Widow
et quelques Batman

Je mettrais ce dossier à jour au fur et à mesure.

Le prochain dossier de ce blog, quand j'en aurais fini avec Rucka, sera tout naturellement consacré à Ed Brubaker. Je pense que cela ne surprendra personne...

vendredi 19 décembre 2008

Largo Winch



Tiens, une bonne surprise. Et oui, surprise, car quand nous, européeens, essayons de faire un film d'action de type hollywoodien, on se casse la gueule. Mais là surprise, c'est une réussite.

C'était pas gagné. En effet, si la bande-dessinée à ses qualités, son adaptation en série tv fut merdique (de même que son adaptation en jeu vidéo). L'histoire s'est inspirée pour beaucoup des deux premiers tomes, mais elle tire certains éléments des tomes 3 et 4 et une scène d'action en particulier rappelle étrangement le tout dernier tome (le 16). Mais les scénaristes ont reservé quelques surprises aux fans de la BD en ajoutant des éléments inédits à l'intrigue. Ainsi, si le lecteur se retrouve en premier lieu en terrain connu, l'histoire lui reservera tout de même quelques bons rebondissements.

Car, oui, l'intrigue est bonne, tout en étant fidèle à l'oeuvre originale. C'est bien écrit, on a de bons retournements de situations, et le tout n'est pas trop tiré par les cheveux (pas trop).

A côté de ça, on a une très bonne réalisation. Jerôme Salle fait du très bon boulot. Si son Anthony Zimmer était plutôt lent, son Largo Winch arrive à mettre en scène de très bonnes séquences d'actions, neveuses comme les films de Paul Greengrass, mais beaucoup plus compréhensibles pour le spectateur.

A côté de ça, les acteurs sont bons, les décors sont superbes, bref, on rentre très vite dedans. Le cinéma français n'est donc pas si désespérant que ça, Largo Winch est la preuvve que nous aussi, on peut faire des bons films d'action.


Petit jeu pour ceux qui vont voir le film : essayez de trouver tous les logos "master card" dissimulés vraiment partout. Pas besoin d'être un très gros observateur je vous rassure...

Chuis pas là...

De ce samedi 20, jusqu'au dimanche 28, je ne serai pas là.

Je souhaite donc par avance un très joyeux noël à tout le monde (ou un joyeux Hanouka, ou Kwanza, ou ce que vous voulez)...

Si vous ne savez pas quoi lire pendant mon absence, vous pouvez visiter le blog du Red Shaker. Un site qui parle de comics, mais surtout de boissons. Le thème de cette semaine est justement les boissons de Daredevil. A consommer sans modération donc...

vendredi 12 décembre 2008

Citation de la semaine #18

Luke Cage vient voir Jessica Jones pour utiliser ses talents de détective privée. C'est un épisode flashback du temps où les deux tourtereaux ne se connaissaient pas encore.
Luke avoue que ce n'est pas la première détective à qui il rend visite.








Jessica - I'm flattered you thought of me.

Luke - Well, to be honest, I sorta hired Dakota North first.

Jessica - Oh.

Luke - She's kind of a wacky chick.

Jessica - I know, right ?

Luke - Even for us in our circles. Something wrong with her.

Jessica - Thank you. Everyone's all in love with her and I'm like, hello ?

Luke - And I couldn't find Jessica Drew, so... I thought, hey...

Jessica - Well I'm glad I was somewhere on the list.


Ce dialogue est encore plus savoureux pour ceux qui sont à jour dans leurs Daredevil. Dakota North y est en effet devenu un personnage récurent et est en train d'y prendre de plus en plus d'importance...

New Avengers #47

Alias, The Pulse, c'est fini. Mais cela ne veut pas dire que l'on ne peut plus revoir notre chère Jessica Jones. Elle reste un personnage important des New Avengers et de temps à autres, Bendis nous offre un épisode centré sur elle. On avait déjà eu dans le New Avengers #38 un presqu'épisode d'Alias (sorti en France récemment), l'auteur récidive avec l'épisode de ce mois-ci.

Ce numéro sert un peu de transition entre la Secret Invasion et l'arc suivant. Je ne vais pas vous raconter ce qui se passe, mais sachez juste que ce crossover n'est pas sans répercussions majeures sur notre pauvre Jessica.

Pour les dessins, nous avons Billy Tan et Michael Gaydos qui se partagent les crayons. En fait, une grosse partie de l'épisode est un flashback (c'est la partie de Gaydos) relatant un moment important de la relation Luke/Jessica du temps où ils ne se connaissaient pas vraiment. Luke Cage vient voir notre détective privée pour requérir ses services. Grâce à ce petit épisode, on a l'impression de lire une aventure inédite de Alias. En plus de retrouver le style de dessins de Gaydos, nous avons droit à une mini intrigue qui respecte les codes de la série et apporte même certaines séquences particulièrement émouvantes. Bref, les fans de l'ancienne série seront ravis. Les autres ne seront pas en reste non plus puisque l'épisode lance le prochain arc qui s'avérera particulièrement palpitant.

mercredi 10 décembre 2008

The Mortal Iron Fist

J'en avais un peu parlé lors de la sortie du premier numéro. Cette nouvelle histoire est marquée par le remplacement du duo Fraction/Aja par l'équipe Swierczinsky/Foreman. J'étais un peu inquiet à la lecture de leur premier numéro. Maintenant que cet arc est fini, je peux affirmer sans hésitation que je suis déçu.

Le pitch est plutôt prometteur. D'ailleurs, Matt Fraction et David Aja nous avaient sortis un excellentissime numéro pour faire le lien entre les deux histoires. Danny Rand découvre que tous les Iron Fist avant lui sont morts avant ou à l'age de 33 ans. Pas de bol, c'est justement son anniversaire aujourd'hui. Devinez quel age ça lui fait ? Peu de temps après un homme assez étrange fait son apparition, lui annonçant qu'il tue tous les Iron Fist et que c'est son tour...

En fait, l'histoire est à peu près similaire à celle qu'il y avait entre Spider-Man et Morlun du temps ou Straz était aux commandes (cela semble si lointain déjà). Mais le gros problèmeme ici ne vient pas tant de l'histoire, il ne vient pas non plus des dessins disproportionnés du nouvel artiste, le problème vient de Swierczinsky, non pas qu'il soit mauvais, mais juste qu'il n'arrive pas à la cheville de Matt Fraction.

Et oui, passer après un tel auteur est un défi beaucoup trop dur à relever pour le premier venu. Pourtant il y a tout ce qu'il faut pour faire un bon arc : un bon méchant, une mythologie propre à Iron Fist et même des bonnes scènes d'action. Sauf que la sauce ne prend pas. Swierczinsky ne manie pas aussi bien les mots (mais on sent qu'il fait des efforts), et au delà de la prose, la narration est beaucoup moins bien amenée. Bref, la sauce ne prend pas. L'auteur tente de faire quelque chose d'intéressant avec son personnage sans vraiment y parvenir. Pourtant, il y avait vraiment matière à faire quelque chose de bien.

Mais cette histoire me rappelle surtout à quel point je respecte les scénaristes que ce soit pour les comics ou n'importe quel autre support. Certains pensent que c'est un métier facile. Eh bien non, ça ne l'est pas. C'est des années d'expérience et d'apprentissage. Savoir raconter et construire une histoire est quelque chose qui recquiert énormément de talent. Je ne vous pas un culte à des gens comme Bendis, Rucka ou Brubaker, mais je respecte énormément ce qu'ils font et je fais ce que je peux, avec ce blog pour leur rendre un modeste hommage.
Peut être qu'un jour Swierczinsky arrivera à leur niveau. Mais on n'y est pas encore. Son album n'est pas mauvais, mais il souffre juste de la comparaison.

Tant pis, je me consolerais avec Invicible Iron Man. Il faut croire que Fraction change en or tout ce qu'il touche...

mardi 9 décembre 2008

Dis donc Jeph, elle est un peu grosse ta pub...

Pas mal d'entre vous connaissent probablement la série "Heroes" de Tim Kring. Vous savez peut être que la saison 3 a été faite sous la direction de Jeph Loeb, scénariste de Batman : The long Halloween, Daredevil : Jaune, Spider-Man : bleu, Hulk : Rouge et plein d'autres séries hautes en couleurs.

Nommer quelqu'un comme Loeb est à la base une plutôt bonne idée. En effet, la série s'est attachée dans ses premières saisons à reprendre le mythe du super héros, mais sans jamais vraiment comprendre tout ce que cela implique. Si cette nouvelle saison est légèrement mieux que la précédente, les audiences ne suivent pas beaucoup. Ce qui signifie que le père Loeb ne restera pas assez longtemps sur la série pour porter cette troisième saison à son terme

Mais avant de partir, le monsieur à pris soin de disséminer un peu de publicité sur ses œuvres dans la série.

Par exemple, Hiro rentre dans un magasin de comics et s'exclame "Quoi, Hulk est rouge ? Qu'est ce qui s'est passé ?"

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Avant de quitter le magasin de comics, Hiro prend également soin d'acheter un numéro d'Ultimatum (cf : première photo). On peu également noter que le Hulk : Rouge est posé bien en évidence sur un piédestal.


Alors, gros coup de marketing ? Ou bien clin d'œil amical ? Probablement entre les deux. Aux Etats-Unis, la publicité fonctionne beaucoup au donnant-donnant. Jeph Loeb apporte son nom à la production d'Heroes, en retour, il peut faire aussi parler de ses comics. Tout le monde y gagne.

Au fait, savez-vous qui fait les peintures du futur dans la série ? Tim Sale. Comme le monde est petit...
PS : Merci à Zerocool pour les captures d'écran.

lundi 8 décembre 2008

Elektra, vu par Rucka (t.2, 3 et 4)

Il est temps de poursuivre notre rétrospective sur Greg Rucka. Il y a plus d'une semaine, je vous ai parlé du premier Elektra de Bendis. Il se trouve que Rucka est le scénariste des tomes suivants. Après Gotham Central, Whiteout 1 et 2, Daredevil : Cruel & Unusual et Queen & Country, regardons ce que vaut la suite de cette série sous la plume de notre auteur ?

Je vous casse de suite le suspense, ce n'est pas indispensable. D'ailleurs, si je n'avais pas commencé ma rétrospective sur cet auteur, je n'aurais probablement jamais lu cette série. Mais cela reste loin d'être mauvais. En fait, ces 3 tomes durant lesquels le scénariste a travaillé sur Elektra sont symptomatique de son approche sur un personnage en tant qu'écrivain. Qu'est ce que je veux dire par là ? Mes explications sont juste en dessous.

Hubris
Le tome 2 commence de manière assez classique. Un peu trop peut être. Elektra a un contrat à accomplir, mais pas n'importe lequel. Ainsi elle va se mettre à travailler pour une certaine Ione Katamides qui vit sur une île grecque peuplée uniquement de femmes. Elle doit ramener certaines personnes sur cette île pour que Katamides puisse obtenir sa vengeance. Rucka marque dans cette première histoire son besoin à rattacher son personnage à des bases historiques voir mythologiques. Ainsi, on voyage dans des décors et des coutumes propres à celles de la Grèce antique. Ce genre de rattachement est encore plus frappant dans une autre de ses œuvres : Hikétia (qui sera l'objet d'un prochain article).
Pour l'info, l'hubris correspond à l'outrance, la démesure et l'orgueil. Il s'agit d'un sentiment violent. C'est un élément très présent dans les tragédies grecques? C'est aussi un crime recouvrant les vols, les voies de fait et, en ce qui nous concerne, le viol. (Merci google). Ainsi, l'auteur s'est délibérément inspiré d'élément propres à la tragédie grecque.

Mais ces seuls éléments ne suffisent pas à faire une bonne histoire. L'auteur rattache une petite histoire de services gouvernementaux comme il en a si bien pris l'expérience dans Queen & Country. Il s'efforce également d'apporter un petit côté humain à Elektra en forçant son personnage à se questionner sur son éthique de travail. Mais la sauce ne rend pas vraiment et l'intrigue est beaucoup trop basique pour être intéressante.


Unemployment

Sa grande histoire suivante est tout de suite beaucoup plus prometteuse. Du jour au lendemain, Elektra se retrouve au chômage. Aucun de ses anciens employeurs ne veut d'elle. Quelqu'un tire les ficelles, c'est évident. Mais dans quel but ? Greg Rucka commence son histoire qui durera jusqu'à la fin de son run. Il a l'intention de s'approprier ce personnage et va l'amener exactement là où il le souhaite.


Introspection
Rucka choisit bien ses titres. Pour lui, dans la majorité de ses œuvres, une histoire n'a d'intérêt que si l'intrigue exerce une vraie influence sur le personnage. Le but est de nous montrer comment après telle ou telle aventure, le héros se mettra à voir ou penser différemment. Ne serait ce qu'un tout petit peu.
Or Elektra est une héroïne assez stoïque dénuée de scrupules lorsqu'il s'agit de prendre la vie de quelqu'un. Comment faire évoluer donc un personnage aussi stoïque ?
C'est justement tout l'intérêt cette histoire. Pas à pas, l'auteur va briser son personnage psychologiquement afin de la reconstruire à sa manière. Le traitement est assez intéressant. Mais cette fois, Rucka n'oublie pas non plus de nous servir de bonnes scènes d'actions qui s'avéreront assez intenses. Il s'agit du point culminant de la série.

Standing Outside the Temple in the Rain
Elektra n'est donc plus tout à fait la même. C'était une tueuse sans remord, c'est maintenant une fillette en perte de repères. Maintenant qu'elle est brisée psychologiquement, c'est toute son éducation qui est à refaire. Ca tombe bien, Rucka introduit un nouveau personnage : un sensei qui semble parfait pour Elektra. Tout comme Stick pour Daredevil. Cette fois, l'intrigue est beaucoup plus molle. L'auteur laisse tomber l'action pour ce concentrer uniquement sur l'apprentissage de son héroïne.


Everything Old is New Again
Mais jusqu'où une tueuse de sang froid peut changer ? Est elle vraiment prête à accepter sa nouvelle condition et renier ainsi ce qu'elle est vraiment ? La réponse se trouve dans le tout dernier tome. On reste un peu sur sa faim, mais la fin, bien que abrupte, clôture de manière correcte ce que l'auteur à tenté de faire sur son run.

Rucka a donc fait ce qu'il avait à faire pour rendre cette série intéressante. Ce volume 2 souffrait du fait d'une héroïne stoïque, trop détachée, pour laquelle il était impossible au lecteur de s'identifier. Il remédie donc à ce problème en lui apportant un caractère humain, en la faisant changer et en nous faisant assister étape par étape à cette transformation.

C'est surtout par cet aspect là que l'on retrouve la patte de Rucka sur cette série. Je ne la conseille pas forcément, la fin, bien qu'apportant une réponse au questionnement existentiel de l'héroïne, nous laisse sur un amer sentiment d'inachevé.
L'ensemble n'est pas excellent, mais évolution du personnage apporte un aspect intéressant à la série et permet de la situer au dessus de la moyenne par rapport à la plupart des autres comics.

dimanche 7 décembre 2008

Secret Invasion

Depuis mercredi, Secret Invasion, c'est fini.

Quoi fini ? Déjà ? Alors que la série n'a même pas commencé en France, la conclusion arrive de manière retentissante Outre-Atlantique. Alors ? Sait-on qui étaient les Skrulls ? Absolument, voici la liste : Tante May, Deadpool, Foggy Nelson et Bruce Wayne. Je plaisante bien sûr. Je n'ai pas l'intention de vous dévoiler quoi que ce soit. Ni même la fort intéressante conclusion qui s'avère être très prometteuse pour la suite. Mais voyons quelques points intéressants :

Paranoïa :
Ces sales bestioles vertes peuvent prendre l'identité de n'importe qui sans que l'on puisse faire quoi que ce soit pour les démasquer. A partir de là, à qui peut on réellement faire confiance ? C'est un véritable climat de tension que cette série a instaurée. En plus d'être une aventure bourrine pleine de combats, il y a cette once de thriller fort bienvenue qui distingue Secret Invasion des autres crossover. Apparemment pour faire un bon cross, il faut surtout un bon concept. Notez d'ailleurs que ce concept peut souvent se résumer en une petite phrase du genre "who can you trust ?" ou "which side are you on ?". Ici, l'intrigue de base fonctionne parfaitement.

New et Mighty Avengers :

Les histoires parallèles ne sont pas toutes intéressantes, mais certaines valent vraiment le détour. C'est particulièrement le cas pour les New Avengers et les Mighty Avengers. L'histoire principale de Secret Invasion se déroule sur un laps de temps extrêmement court. Pas le temps donc pour Bendis de faire vivre à nos héros une deuxième aventure liée aux Skrulls. Ce que l'auteur va donc faire, c'est se servir de ces deux séries pour mieux expliquer les bases du complot. Ici, on remonte dans le temps et découvre comment tel ou tel héros s'est fait remplacer. Certains personnages qui ressurgiront dans la série se sont préparés face à cette menace, on découvre comment. Certains épisodes iront même jusqu'à prendre le point de vue des skrulls pour savoir comment ils ont pu manigancer cette invasion depuis le début.
Ainsi, on échappe aux histoires secondaires qui rendent souvent incohérente la chronologie de l'histoire. De plus, cela permet de varier la tonalité de l'histoire. Si Secret Invasion se contente la plupart du temps d'être une grosse série d'action, ces deux tie-ins ont un aspect beaucoup plus sombre. On est dans le thriller voir même la série d'espionnage. Cela apporte un vent d'originalité fort bienvenu.

Frontline :
Comme pour Civil War, on a droit à notre mini série mettant en scène Ben Urich qui est pour moi l'un de mes personnages préférés de l'univers marvel. Ici, l'approche est légèrement différente que pour le crossover précédant. Cette fois, on se place du point de vue d'individus normaux, sans super pouvoirs, qui tentent de s'en sortir au beau milieu de toute cette pagaille. Les héros classiques ne sont présentés que comme des personnages secondaires. Il s'agit plus de héros du quotidien qui viennent nous rappeler que quand un freak défonce une bagnole ou démolit un bâtiment, il y a souvent de vrais personnes qui vivent dedans. Cette série contribue vraiment à crédibiliser l'univers dans lequel tous ces personnages évoluent.

Tie-in :
Les autres séries ne sont pas indispensables. Mais restent plaisantes à lire. Miss Marvel par exemple permet de prolonger un petit peu les scènes d'actions en apportant sa perspective sur la bataille. Mais on retiendra surtout celui de Deadpool qui marque son retour délirant par du gros cassage de Skrulls. Puis le Black Panther n'est pas mal du tout non plus. Cependant, ces autres séries n'apportent rien à la compréhension de l'histoire principale. A réserver donc aux fans concernés.

Influence ?
Chaque crossover affirme qu'il bouleversera l'univers Marvel à tout jamais. Ce sont souvent des promesses en l'air, mais ici, cela semble être véridique. La fin est assez surprenante. Le changement n'arrivera pas par là où on l'attend, mais il sera là. Et cela risque avoir de grosses répercussions pour la suite. Cela donne vraiment envie de lire ce qui va suivre et je me retiens vraiment pour ne pas vous raconter de quoi il s'agit. Grr, arrgh, mgnpnuf...ne...rien...dire...

samedi 6 décembre 2008

Désolé, j'ai eu quelques problèmes d'ordinateur cette semaine. Mais tout devrait bientôt reprendre un cour normal. Surtout que cette semaine a été fort intéressante en ce qui concerne les sorties de comics...

Le rythme des publication sera beaucoup plus régulier ces prochains jours.