samedi 29 novembre 2008

Batman R.I.P.

De grands changements approchent dans le Batuniverse !
Du moins, c'est ce que nous promet la maison DC. Ce Batman RIP est censé nous amener la fin de Bruce Wayne en tant que Batman. Le début d'un nouveau chapitre. C'est ce qu'ils nous promettent en tout cas. A quel genre de changement avons-nous affaire ici ? Serait ce quelque chose de vraiment énorme ou bien juste un changement à la One More Day ?

La mystérieuse organisation "The Black Glove" (le gant noir) met en place une machination longuement préparée afin de détruire Batman. Une destruction qui se voudrait autant physique que psychologique. Car tuer un héros ne suffit pas, pour que la victoire soit totale, il faut le détruire mentalement, l'anéantir dans son esprit afin qu'il ne possède même plus la volonté de se battre.

Tout le tumulte autour de cet évènement majeur casse un peu le suspense. On sait que Bruce Wayne ne s'en sortira pas indemne. La question est donc "comment" ? L'histoire est de Grant Morrisson et les dessins de Tony Daniel. Ces deux là connaissent bien leur métier. L'écriture est bonne et les dessins collent très bien à l'ambiance. Mais ce Batman R.I.P. souffre d'un défaut majeur : on y comprend rien.

Oui, on y comprend vraiment rien. Si Morrison a mis beaucoup de son talent pour élaborer son histoire, il l'a également construite d'une manière extrêmement tortueuse. Et là, il faut vraiment s'accrocher pour tout comprendre. Ou bien le relire plus d'une fois. Car à travers cette histoire, c'est un véritable voyage dans les méandres de l'esprit de Bruce Wayne que l'on entreprend. L'auteur nous place dans la tête de Bruce Wayne à un moment où sa raison est des plus fragiles. Au final, on a l'impression d'être dans un film de David Lynch, ceux dans lesquelles le spectateur n'a aucune idée de ce qui se passe mais essaye quand même d'assembler les morceaux.

Mais le fait d'être dans le brouillard n'est pas complètement négatif. On sent l'immense travail de découpage, de mise en scène et de construction narrative qui a été mis en place afin de permettre l'élaboration de ce récit. Par moment, l'auteur pousse la chose assez loin en arrivant même à nous faire comprendre comment l'esprit de notre héros fonctionne en allant jusqu'à nous expliquer les mécanismes de son inconscient. C'est assez fort de la part de Morrison, et bien que je n'ai quasiment rien lu de la part de cet auteur, je sens que c'est quelqu'un qui a du talent.

L'expérience est donc assez intéressante, mais pour une histoire ayant autant de conséquences pour l'univers de Batman, on pouvait s'attendre à un mode de narration un peu plus classique. Batman RIP peut donc surprendre, décevoir et enerver (à juste titre) le fan de la première heure. Mais c'est loin d'être une oeuvre sans intérêt. Pour les uns, ce sera un chef d'oeuvre majeur, pour les autres, ce ne sera qu'une curiosité à découvrir sans plus.

1 commentaires:

Steve a dit…

Je suis entièrement d'accord avec ton analyse, Batman R.I.P. est compliqué mais c'est aussi l'achèvement du run de Morrison, ce qui n'arrange rien. De plus les délais de sortie n'ont pas aidé à garder un bon rythme et c'est dommage. La lecture sera peut-être plus simple en TPB.