J'aurais pu intituler cette critique "comment j'ai failli ne pas aimer une œuvre de Bendis". Le mot clé étant "failli", car malgré mes quelques appréhensions de départ, cet auteur de talent est parvenu à me faire changer d'avis dans les toutes dernières pages.En plein milieu de la nuit, Elektra s'introduit chez le membre du S.W.A.T. responsable (par accident) de la mort de son père. Mais au lieu de le tuer comme le lecteur aurait pu s'y attendre, elle va se mettre à lui raconter une histoire...
Dans cette histoire, notre tueuse va travailler pour Nick Fury pour voler un mystérieux artéfact en la possession d'un terroriste. L'intrigue semble assez basique (et elle l'est d'ailleurs), mais l'Hydra sera aussi de la partie pour compliquer un peu les choses. Elektra va vite se retrouver entre les feux croisés de ces deux organisations. Coups fourrés, manipulations, que cela vienne du S.h.i.e.l.d. ou de l'Hydra, les camps se valent pour Elektra qui va devoir malgré elle prendre position à un conflit qui lui est extérieur.
Insidieusement, cette aventure pose la problématique suivante : avec ce monde détraqué dans lequel on vit aujourd'hui, est-il encore possible d'avoir confiance en quelqu'un ? A priori non, répond l'auteur à travers des personnages aussi cynique que Nick Fury ou des membres de l'hydra. Cependant, à la toute fin de l'ouvrage, Bendis surprend le lecteur en apportant une réponse beaucoup plus complexe à cette question. Au delà des alliances politiques et opportunismes d'appareils, il existe encore des liens entre des personnes, des rapports humains, des rapports d'honneurs qui peuvent unir les individus et créer des liens qui ne seront jamais trahis.
Pouf pouf, et voilà comment comme par magie on transforme une histoire bancale en une œuvre réussie : en lui donnant un sens. D'un seul coup, le propos de l'auteur gagne en cohérence. Je ne conseille pas ce tome 1 d'Elektra pour autant, c'est pas mauvais, mais loin d'être excellent non plus. Les dessins ne collent pas trop, il y a pas mal de longueurs et certains situations sont incohérentes. Mais la fin semble parvenir à rattraper l'ensemble et au final, je n'ai pas l'impression d'avoir perdu mon temps. Peut être qu'un jour je lirais une histoire de Bendis qui ne me plaira pas, que je trouverais sans intérêt mais cela ne m'est pas arrivé aujourd'hui. Mais je ne désespère pas, j'ai bon espoir...
PS : J'ajoute cette critique dans le dossier Bendis.
2 commentaires:
j'ai que le tome 2 où Rucka prend la main, très bon aussi.
Oui, mais pour en parler, il fallait avant tout que je traite du tome 1.
Le fait que je chronique une série que Rucka a scénarisé au moment où ce blog consacre une rétrospective sur cet auteur n'est pas une coïncidence. ;)
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