It's a long story. - IzzieC'est une des toutes premières phrases de ce comic. En effet, quand j'ai commencé 100 Bullets, je ne savais pas que je m'apprêtais à lire une intrigue aussi tortueuse. Car il s'avère que Brian Azzarello mis sur pied une histoire particulièrement complexe. D'ici 5-6 mois le 100ème numéro achèvera cette gigantesque série.
The answer to my question is right there...in the details - Agent Graves
Mais 100 Bullets, c'est avant tout des petites histoires.

Imaginez : un beau jour un mec en costard vous aborde. Il vous donne une mallette contenant un flingue et une centaine de munitions. Puis il vous sort un truc du genre : "vous faites ce que vous voulez avec cette arme, si vous vous faites arrêter avec, vous serez relâché immédiatement. Toute investigation reliant un crime à cette arme stoppera net. Vous ne serez jamais inquiété."
Le pitch est assez accrocheur. Comment vont réagir les différents personnages face à cette situation hautement improbable. Chaque tome (il y en aura 13 en tout) traite d'un différent protagoniste qui se voit remettre cette fameuse valise. Viennent s'y ajouter des petites histoires assez intéressantes.
Everyone is connected - Agent Sheppard
Mais le tour de force de cette BD est que plus on avance dans le récit, plus on se rend compte ces histoires ne sont pas aussi indépendantes qu'elles en ont l'air. Au fil des épisodes, une intrigue extrêmement complexe se met en place. C'est comme un gigantesque puzzle, chaque histoire toute seule n'apporte pas grand chose, mais quand on commence à rassembler tous les morceaux et que l'on met tout ça bout à bout, on se rend compte que c'est assez gigantesque.Par contre, les informations sont vraiment données au compte goutes. Il ne faut pas avoir peur des séries qui nous laissent volontairement dans le brouillard. J'en suis à l'épisode 60 environ, et je ne suis pas sûr de tout avoir compris. Dans ce sens, c'est un peu comme dans la série Lost, où chaque révélation se amène vers un nouveau mystère.
We might not know the rules of the game - Benito
A quel jeu joue le mystérieux agent Graves ? Pour qui travaille-t'il ? Quelles sont ses motivations. De multitudes de questions taraudent le lecteur.
C'est la grande force, mais un peu la faiblesse de cette série. Si l'intrigue principale est de plus en plus passionnante, les petites histoires, elles, ne sont pas toujours très prenantes. Il est parfois difficile d'accrocher au style d'écriture d'Azzarelo. Indépendamment, les histoires n'ont pas beaucoup d'intérêt. C'est "the big picture" qui tiendra le lecteur en haleine.
Fuck ! Fuck ! Fuck ! Fuck... - Wylie

Je préfère vous prévenir, c'est assez difficile de suivre cette série en VO. Le langage est très familier, et il vaut mieux avoir quelques notions d'argots américain si vous voulez avoir une chance de comprendre tous les dialogues. Il faut aussi préciser que ce comic s'adresse à un public averti. En plus de la vulgarité, certaines scènes sont assez violentes et pas forcément à prendre au second degré.
The old man, he gave me a hundred bullets...
So I figure, I really only gotta save one... - Jack
Car 100 Bullets n'est pas vraiment accessible à tous. Il faut faire de gros efforts pour s'y retrouver parmis la multitude de personnages. Pour ceux qui souhaitent s'y mettre, il y a déjà 12 tomes qui sont sortis (sur 13), c'est donc un gros investissement de temps et d'argent. Car lire juste le tome 1 tout seul n'a pas vraiment d'intérêt.
Pour toutes ces raisons, il est difficille d'accrocher à cette série. Mais si vous arrivez à franchir ce cap, c'est du tout bon. Car on sent que l'auteur ne nous mène pas en bateau. Il sait où il va et il n'improvise pas au fur et à mesure. On a vraiment l'impression que l'auteur avait tout prévu depuis le premier épisode. Et pour le lecteur, c'est une sensation très agréable. Est ce que 100 Bullets tiendra ses promesses jusque dans sa révélation finale ? La réponse dans 6 mois.

- So how's the story end ?
- Like any good ones...In tears. - Victor Ray
7 commentaires:
Dur à suivre en VO, OK...
Mais la question avant d'attaquer est "as-tu essayé la VF" ?
Parce que tant l'expérience que les diatribes de l'ami Neault (il est fort, en diatribes l'ami Neault) incite plutôt à se méfier des traductions de la sandwicherie...
La seconde question est donc : "vaut-il mieux se lamenter à chaque page de ce que la trad est consternante ou ramer un peu à déchiffre le slang mais conserver un plaisir intact ?".
Je précise que c'est une vraie questions sérieuse d'un type que ton post a alléché...
Pour le profil je ne lis qu'en VO d'ordinaire...
Merci d'avance pour ta réponse...
Non, je n'ai pas essayé la VF.
J'ai feuilleté quelques tomes en librairie, mais pas assez pour me faire une idée précise de la traduction.
Il n'empêche qu'il y a de nombreux jeux de mots et d'allusions qui me semblent très difficilement traduisibles.
Mais l'argument qui m'a poussé à choisir la VO uniquement est la manière dont la série est publiée aux Etats-Unis.
Il y a une logique très cohérente dans la publication. Il y aura 13 tomes (le chiffre 13 ayant une très grande importance à l'histoire). Et les titres des histoires correspondent au numéro du tome.
Par exemple, le tome 6 correspond à l'histoire "Six Feet Under The Gun", le tome 1 s'intitule "First Shot, Last Call".
La VF ne respecte pas vraiment cet ordre de publication. Je n'avais pas envie de briser cette logique voulue par l'auteur lorsqu'il a créé cette histoire. Ça fait plus joli dans ma bibliothèque. ;)
Mais je dois avouer qu'il est pour moi assez difficile de tout comprendre du premier coup lorsque je la lis en VO. Il faut vraiment s'accrocher.
Ils expliquent très bien l'ordre de publication sur wikipedia :
http://en.wikipedia.org/wiki/100_Bullets
"Parce que tant l'expérience que les diatribes de l'ami Neault (il est fort, en diatribes l'ami Neault) incite plutôt à se méfier des traductions de la sandwicherie..."
--> Mes "diatribes" visent des points essentiels qui devraient faire honte à une véritable maison d'édition, comme par exemple le fait de ne pas savoir différencier un futur simple d'un conditionnel présent ou, pire encore, le fait de traduire sans même comprendre l'histoire.
Quand on traduit Storm par Tornade alors qu'elle ne figure même pas dans la scène, c'est ahurissant, tout comme le fait de mettre un "09 novembre" à la place du 11 septembre lors d'une énumération d'évènements historiques.
Il ne s'agit donc pas de se "lamenter" mais de relever des fautes inacceptables.
"vaut-il mieux se lamenter à chaque page de ce que la trad est consternante ou ramer un peu à déchiffre le slang mais conserver un plaisir intact ?"
--> Ce n'est pas une vraie question puisque, en la formulant ainsi, tu y réponds toi-même.
J'ajoute que je ne vois pas comment l'on peut espérer conserver un "plaisir intact" en "déchiffrant" de l'argot.
Chacun son truc...
"mettre un "09 novembre" à la place du 11 septembre lors d'une énumération d'évènements historiques."
Vraiment ???
Ils ont fait ça ?
Dans le X-Men Extra #58 : http://comicsmarvel.blogspot.com/2006/09/les-198-et-le-09-novembre.html
C'est vrai que c'est si énorme qu'on a du mal à le croire.
09 Novembre...à ce niveau-là c'est plus de l'incompétence ou du jemenfoutisme...c'est carrément de la débilité mentale...quoique les traiter de débiles risque de faire penser qu'ils ne sont pas responsables de leurs actes.
@ Neault...
Je suis en tous points d'accord avec toi, et encore une fois c'était une vraie question...
Pour la reformuler en l'associant à la précision sur le profil, c'était : "est-ce que pour un gars qui lit tout le temps ses comics en VO, c'est vraiment plus dur que le reste, au point éventuellement de tolérer pour une fois d'acheter de la VF... en prenant le risque de le regretter (les lamentations étaient bien les miennes) ?"
Maintenant, avec la réponse de Matt, mon point de vue est fait... Merde à la sandwicherie, je prends le risque, et puis j'attendrais moins longtemps pour connaître la fin, comme ça...
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