vendredi 8 août 2008

DMZ, tome 4 : Friendly Fire

Le tome 5 vient de sortir aux Etats-Unis, je devrais bientôt le recevoir, mais si je veux vous en parler correctement, il serait préférable que je traite du tome 4 d'abord.

Je vais vous gâcher immédiatement la surprise en vous affirmant que c'est pour l'instant le tome le moins réussi de la série. Il n'est pas mauvais pour autant, mais il souffre d'un défaut majeur qui est sa volonté de trop se détacher de la fiction.

Matt Roth s'apprête à interroger quelques soldats à la veille d'un des procès les plus médiatisés depuisle début de la guerre. Le "jour 204" est gravé dans la mémoire de tous les habitants de la DMZ. C'est le surnom que l'on donne à une des plus grandes bavures militaires que Manhattan n'ait jamais connu. Des militaires ouvrent le feu sur des manifestants pacifistes. Le bilan humain est désastreux et la tension est à son comble. Le procès étant imminent, Matt va tout faire pour comprendre ce qui s'est réellement passé ce jour là. Mais y a t'il vraiment quoi que ce soit à comprendre ?

Chaque tome de DMZ comporte un thème bien spécifique. Les tomes 1 et 2 portaient sur la manipulations des médias en temps de guerre et le tome 3 s'intéressait aux intérêts des compagnies privés dans les conflits. Friendly Fire, lui, va essayer de traiter des bavures militaires.

Le sujet n'est pas forcément évident, mais Brian Wood arrive à parfaitement cerner les tenants et aboutissants de ce problème. Seulement, le problème de ce tome 4 est justement là. Le scénariste, sur un sujet aussi sensible a voulu se coller le plus fidèlement à la réalité possible. A tel point que l'intrigue en elle même se retrouve presque dénué de tout intérêt. On à donc droit à une dissertation intéressante sur les "tirs amis" en temps de guerre. On comprend mieux ce qui se passe dans la tête des militaires dans ces moments là, mais toutes ces explications se font au détriment de l'histoire. Ces épisodes s'assimilent plus à du documentaire que de la fiction. On accroche donc plus difficilement et le message passe de fait beaucoup moins bien. De plus, ce tome 4 n'apporte pas vraiment d'élements de réflexions à son sujet puisque Brian Wood nous apporte toutes ses réponses sur un plateau d'argent.

Le problème de Friendly Fire est donc le problème que rencontre de nombreux auteurs qui tiennent beaucoup trop à se coller à leur message au détriment du matériaux qu'ils exploitent.

Je suis conscient que je suis assez critique, mais vous devez comprendre que lorsque je dis du mal d'une série, c'est justement parce que je l'aime beaucoup. Qui aime bien, chatie bien. Je suis beaucoup plus exigent lorsque je lis un DMZ que lorsque je lis une série comme Spider-Man. Donc ne vous laissez pas induire en erreur par les reproches que je fais à cette histoire, DMZ reste une très bonne série que je conseille. Friendly Fire contient de très bons passages et apporte quelques informations pas inintéressantes traitant de termes toujours d'actualité.



PS : Il est probable que je ne pourrais rien mettre de nouveau sur ce blog avant lundi.