Je vous ai dit jusque là pas mal de bien du travail de Frank Miller sur Batman. Ce mois-ci est sorti une édition "Absolute" de The Dark Knight comprenant deux histoires : The Dark Knight Returns (dont j'ai déjà parlé) et The Dark Knight Strikes Again qui est sa suite directe.
Mais si la première histoire est un chef d'œuvre quasi incontestable pour de nombreux fans, sa suite, DK2, demeure beaucoup plus controversée. Avant donc de débourser 70 euros dans un très gros coffret, il me parait indispensable de vous faire partager ma déception à la lecture de cette histoire. Même les plus grands peuvent se planter.
Le monde est à la dérive. Luthor contrôle la présidence des États-Unis et semble avoir mis tous les héros à sa botte. Tous ? Non. Tapis dans l'ombre, Bruce Wayne attends et prépare sa contre attaque...

Ce pitch semble assez alléchant. Batman est de retour, plus vieux, mais plus en colère que jamais (il suffit de voir la première couverture avec le point levé). On sent que Miller a versé toutes ses tripes et toute sa rage envers la société dans ce comics. Bruce n'est plus héros, ce n'est plus un justicier, c'est un révolutionnaire qui tente de reprendre le pouvoir des politiques corrompus.
D'accord, pourquoi pas. Sauf que ici, la colère de l'auteur arrive à un niveau rarement atteint dans les œuvres de Miller. Sa fureur est tellement forte que cela en devient la seule chose qui transparait dans cette BD. On en vient presque à croire que Miller se livre ici à sa propre psychanalyse. L'auteur est allongé sur le divan et éclate nous livrant tout ce qu'il a sur le cœur. Il en ressort une bouillie assez indigeste. C'est peut être salvateur pour Frank Miller, mais très peu pour le lecteur qui ne comprend pas forcément ce qu'il a entre les mains.
On a donc un exemple typique du message que l'auteur essaye de faire passer au détriment de l'histoire elle même.
En temps normal pourtant, je suis assez indulgent avec les auteurs qui tentent de nous faire passer un message, même de façon aussi grossière. Sauf que dans ce cas de figure, DK2 souffre de sérieux problèmes de construction et de mise en page qui rend l'histoire quasi impossible à
suivre. Il faudrait le relire plusieurs fois pour essayer de comprendre la logique qui se cache derrière un tel montage. Miller a expérimenté, et il s'est apparemment planté.Difficile également d'adhérer aux choix artistiques de l'œuvre. Les dessins sont moches et faits par ordinateur. Il en ressort quelque chose de froid et impersonnel. Il est très difficile donc d'accrocher à cette BD. On en vient presque à croire que Miller a tout fait pour se mettre le lecteur à dos. En ce sens, il a plutôt bien réussi.
Tout n'est pas à jeter à la poubelle non plus. L'auteur arrive quand même à nous ressortir certaines scènes assez intenses. En ce sens, la fureur de l'écriture y est pour beaucoup. De plus, The Dark Knight Strikes Again étant une des œuvres les plus intimes de Frank Miller, sa lecture en devient indispensable à tous les lecteurs prétendant être un fan de l'auteur. Si vous ne voulez/pouvez pas débourser 70 euros, vous pouvez faire comme moi et aller le lire dans une bibliothèque (il est à la médiathèque de Toulouse par exemple, je suppose donc qu'on peut aussi le trouver dans d'autres grandes villes).
Comme je l'ai dit au début, DK2 est une œuvre controversée. Je fais partie de la catégorie des personnes l'ayant trouvé raté, mais certains en disent aussi beaucoup de bien tout en présentant des arguments forts intéressants. Aussi, je vous conseille cette critique (trouvé sur le net) ainsi que l'article de Vance.
1 commentaires:
Batman contre Luthor? Intéressant... Bon en même temps DC je connais très peu, donc je trouve ça plutôt inédit.
Sinon je suis comme toi pour ls dessins par ordinateur, c'est pas trop ma tasse de thé. Un peu comme les écrans bleus au cinéma, je trouve que ça ôte toute profondeur aux effets spéciaux.
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