Il n'y a pas si longtemps, je n'y connaissais rien en comics. J'étais super calé en terme de bandes-dessinées franco-belges, mais quasiment rien coté Outre-atlantique. Alors j'ai demandé à mon libraire ce qu'il y avait de très bien à lire comme comics. Il m'en a montré deux : Watchmen et The Dark Knight.Parce que oui, quand on cherche les œuvres qui ont marqué définitivement l'histoire du comics, on retrouve inlassablement The Dark Knight dans cette liste.
Pour ceux qui ne l'ont encore jamais lu, une édition de luxe (par "de luxe", il faut comprendre "super chère") regroupant TDK et sa suite sortira d'ici une semaine environ. Je traiterais de sa séquel une autre fois.
Bruce Wayne a bien vieilli, cela fait plus de 10 ans qu'il a rangé son costume de justicier au placard. Mais le crime, lui, ne s'est pas arrêtté. Les rues de Gotham sont un vrai coupe-gorge, et la ville est au main d'un gang sanguinaire qui passe son temps à semer la terreur. Bruce aimerait reprendre du service. Ses tripes lui ordonnent de retourner sur le terrain, mais son état de santé l'implore de de ne pas le faire.
Mais l'age de Bruce Wayne ne sera pas le plus grand obstacle au retour de Batman, il comprendra assez vite que c'est surtout la société qui a évolué et ne veut plus de lui.

Car ici, Frank Miller fait un excellent travail en dépeignant une civilisation au bord de la décadence. Cet auteur qui a déjà fait l'objet de diverses controverses verse ici une charge politique assez lourde. L'Amérique a perdu ses valeures et semble avoir baissé les bras, Batman s'impose ici comme une figure presque messianique se dressant contre ses enemis et remettant Gotham City dans le droit chemin.
Dis comme ça, le message de The Dark Knight parait très orienté en faveur du parti Républicain. Si Frank Miller semble adhérer à une partie de son idéologie, le propos reste général et garde sa cohérence avec l'oeuvre. Car malgré tout, cette histoire ne véhicule pas une politique, mais des valeures, j'insiste là dessus car il y a une grosse différence.
Par conséquent, on ne peut pas voir dans les oeuvres de Miller un instrument de propagande comme le clame certains de ses détractaires. C'est un vaste sujet et j'essaierais d'y revenir lorsque je traiterais d'autres oeuvres de l'auteur comme 300.
Mais contrairement à DK2, le le thème ne dépasse pas le cadre de l'histoire. Le combat intérieur de Bruce Wayne est le même que celui d'une société en perte de repères. Ici, le messsage sert directement l'histoire.
Il en ressort une très grande force de l'oeuvre. Certaines scènes sont à couper le souffle. Le combat Batman/Superman est une scène d'anthologie qui restera à jamais dans les annales des plus grands combats jamais vuu dans un comics.
C'est ce qui se passe lorsque l'on a des personnages très bien écrits, le récit y gagne énormément en intensité, et l'on vibre presque à la lecture de certaines pages.
Donc oui, avec The Dark Knight Returns, Miller laisse une trace indélébile dans l'histoire du comics. Sa lecture devient donc indispensable à tous ceux qui prétendent aimer la bande-dessinée.

Sur ce, je vous laisse, je dois me rendre au cinéma. Inutile de me demander ce que je vais voir...
3 commentaires:
Et tu vas voir quoi ?
;o)
"Alors j'ai demandé à mon libraire ce qu'il y avait de très bien à lire comme comics. Il m'en a montré deux : Watchmen et The Dark Knight."
--> Il s'est pas foulé ! ;o)
Perso, je trouve Watchmen mieux construit et même plus plaisant à lire (alors que je déteste Moore en tant qu'individu).
Il y a un côté intemporel, et même une crédibilité, dans Watchmen que DKR n'a pas (ou perd avec les années, je sais pas trop).
Chez Miller, je pencherais plus pour 300 (qui est vraiment une oeuvre aboutie et qui risque de ne jamais se démoder). Je suis curieux de voir ton article à ce sujet.
Euh, c'est pas pour tout de suite.
Ce mois ci je dois finir de parler de tous les batman dont je veux parler (tout en sachant pertinemment que je n'y arriverais pas avant la fin du mois).
Puis les mois suivants, je vais faire comme j'avais fais pour les œuvres peu connu de Bendis, mais avec Greg Rucka, puis avec Brubaker. Bref, j'ai un planning chargé sur ce blog.
En fait, j'ai envie de parler de 300 à cause du message que l'œuvre essaye de faire passer et qui est souvent mal interprètés.
Je suis assez vite exaspéré en lisant pas mal sur internet des gens qui sont à la limite de traiter Miller de fachiste.
J'aimerais bien arriver à expliquer en quoi ce n'est pas le cas. Et aussi pourquoi le film ne rend pas vraiment service à l'idéologie véhiculé dans la bd. Oui, Miller vote probablement Républicain, mais il y a plus que ça à comprendre dans ce qu'il dit.
Ça devient une manie de coller une étiquette politique à une œuvre ou à un auteur sans vraiment comprendre le message qu'ils essayent de véhiculer.
J'ai un autre exemple : récemment, j'ai lu un article (parmis d'autres)de Wall Street journal sur ce Batman expliquant en quoi ce serait un film pro-bush. C'est donc un vaste sujet.
(http://online.wsj.com/article/SB1216942473434828
21.html?mod=googlenews_wsj)
Mais bon, il faut beaucoup de temps pour écrire ce genre d'article. J'ai un peu commencé, mais pas vraiment fini.
Bref, c'est en projet, parmi beaucoup d'autres choses.
Ah oui, je te rejoins tout à fait sur le soi-disant "fascisme" de Miller. J'en avais un peu parlé dans mon article sur "300".
Bah, que veux-tu, c'est une question de mode. Pis s'en prendre aux "fascistes" (c'est à dire à peu près tout ceux qui ne sont ni hippie ni communiste pour certains), ce n'est pas très risqué.
Ce sont souvent des gens qui, dans le même genre, pourraient tout aussi bien dénoncer les gladiateurs, ces salauds de mousquetaires, Robert Mitchum ou les crêpes au sucre. ;o))
Peu importe en fait du moment qu'ils se donnent bonne conscience et qu'ils ont l'impression d'être "courageux".
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