dimanche 27 juillet 2008

DMZ : tome 3 - Travaux Publics

Vous connaissez peut être déjà DMZ, ce comics traitant d'une guerre civile fictive se déroulant en plein Manhattan. Le tome 3 de cette très bonne série vient d'arriver en France.

L'ONU est débordée, elle se trouve incapable de contenir la vague de violence frappant la zone démilitarisée. Pour cela, elle va faire appel à Trustwell, une compagnie privée qui va se charger de la reconstruction tout en maintenant la sécurité au sein de la DMZ.
C'est dans ce contexte que Mathew Roth, notre héros journaliste, va décider d'infiltrer une cellule terroriste ayant des motifs pour le moins mystérieux.

Le thème de cet arc est assez évident : il s'agit de traiter de l'impact qu'ont les entreprises privées dans les zones de conflits. Les enjeux sont tellement gros et les bénéfices tellement énormes que certaines compagnies ne reculent devant rien pour obtenir de nouveaux contrats.

L'intrigue de ce troisième tome est assez complexe. Les camps se multiplient et on se perd facilement dans les diverses manipulations qui qui se dévoilent toutes les 3 pages. L'histoire est donc riche en rebondissement et l'on a vraiment pas le temps de s'ennuyer. Les scènes d'actions ne sont pas en reste non plus, on retrouve bien l'ambiance chaotique des deux premiers DMZ. Merci à Burchelli qui fait toujours un travail remarquable sur les dessins.

Cependant, ce tome s'avère être un peu plus faiblard que les autres. En effet, on ressent trop le fait que le scénariste essaye de faire un parallele entre son histoire et la réalité. On pige assez vite que Trustwell est l'équivalent de Blackwater (la société ayant beaucoup fait parler d'elle en Iraq).

Contrairement à Neault, je n'ai pas de problème avec les auteurs qui essayent de faire passer un message dans leurs histoires tant que cela reste mesuré.

Pour moi, quand un auteur essaye de dire quelque chose, il doit respecter certaines conditions :
- cela ne doit pas nuire à l'histoire.
- cela ne doit pas être moralisateur ou vecteur d'une pensée à sens unique (en gros cela doit faire réfléchir le lecteur et non lui donner une solution toute faite, ce n'est pas le rôle de l'auteur de penser pour nous).
- cela doit être fait avec un minimum de subtilité.

Hors, c'est justement ce troisième point qui manque à Brian Wood. En effet, notre scénariste essaye de faire passer son message avec autant de subtilité qu'une otarie bourrée à la bière dans un magasin de porcelaine. Certains raccourcis utilisés sont assez gros rendent et l'histoire encore plus manichéenne.

Malgré tout, DMZ - Travaux Publics reste très agréable à lire et demeure une série de très bonne qualité. Je le recommande vivement malgré ses quelques petits défauts.