jeudi 31 juillet 2008

Batman : The Long Halloween

Continuons notre rétrospective sur Batman avec cet opus assez volumineux écrit par Jeph Loeb.

Gotham City ne va pas bien. Et pour cause, elle est au main des "Romans", une famille mafieuse qui contrôle la ville. Carmine Falcone est le chef de ce clan. Il pense que Gotham lui appartient, il se croit au dessus de la loi. Un soir Batman, le procureur Harvey Dent et le commissaire Gordon se réunissent sur le toit du commissariat. Ils se font une promesse : faire tomber Falcone, par tous les moyens possibles.

Peu de temps après, la famille Falcone est la cible d'un tueur en série particulièrement vicieux qui ne tue que les jours de fêtes. Pour Batman, la traque commence, mais il a peur que son enquête fasse de Harvey son premier suspect...

Le fait que je parle de The Long Halloween juste après Year One n'est pas un choix innocent. En effet, les auteurs se sont volontairement servis de personnages présentés dans le Year One pour bâtir leur intrigue. Ainsi, le clan des Romans a été entièrement inventé par Frank Miller. Mais cette fois ce ne sont plus de simples personnages secondaires, ils sont vraiment au cœur de l'intrigue, Loeb a donc beaucoup étoffé ses personnages pour leur donner une réelle consistance.

Je n'ai pas encore vu le film, mais il y a de fortes chances qu'il reprenne certains éléments de cette BD. En effet, The Long Halloween est également axé sur Harvey Dent et sur son tragique basculement vers le coté obscur. Car le véritable point fort de cet arc se situe justement dans ses personnages secondaires. Harvey, les Falcone, Catwoman et même Gordon sont parfaitement bien cernés par Jeph Loeb. C'est à mon avis là que se situe le talent de cet auteur, il appréhende avec aisance les personnages secondaires qu'il exploite. On en viendrait presque à dire que Bruce Wayne est de loin le personnage le moins intéressant de cette histoire. Mais ce n'est pas gênant du tout, le récit fonctionne très bien de cette manière.


D'ailleurs, l'histoire n'est pas avare en terme de méchants. Chaque chapitre, en plus de l'enquête principale contient des histoires secondaires utilisant les méchants les plus connus de Batman. Entre le Joker, l'Epouvantail, Poison Ivy, l'Homme-Mystère et bien sûr Double-Face, on a quasiment droit au panel complet. Ces petites histoires secondaires ne sont pas forcément passionnantes, mais il est intéressant de voir comment elles s'imbriquent avec brio dans la trame principale.

Par contre, un des points faibles de The Long Halloween réside dans son style narratif. Comme le tueur ne frappe que les jours de fêtes, le récit dure une année. Chaque chapitre représente une date différente du calendrier. On a donc presque l'impression que Batman ne poursuit le tueur que 12 jours sur 365. Mais bon, c'est un peu du détail car l'enquête est très bien construite.

En effet, le deuxième gros "plus" de ce comics réside dans son intrigue très habilement ficelé. Qui est donc ce mystérieux tueur en série ? Est ce Harvey Dent qui a décidé de poussé beaucoup plus loin sa lutte contre le crime ? Serait-ce Catwoman qui entretient de mystérieuses relations avec ce clan ? Ou bien un autre membre de la famille Falcone qui souhaiterait monter dans la hiérarchie ? On nage dans le mystère le plus total. On passe de révélations en révélations et les rebondissements (plus ou moins crédibles) s'enchainent à une vitesse fulgurante. Il faudra attendre les toutes dernières pages pour connaitre la vérité sur ce mystérieux tueur.

Sans être un chef d'œuvre pour autant, Jeph Loeb signe ici un de ses meilleurs travaux. Il a su capter et comprendre avec justesse le potentiel de ses personnages et en a ressorti une très bonne histoire. Il n'en faut pas plus pour qualifier The Long Halloween de "réussite".


Voici quelques planches qui vous permettrons de vous faire une idée sur les dessins de Tim Sale :


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I believe in Jim Gordon.
I believe in Harvey Dent.
I believe in Gotham City.

1 commentaires:

JP Nguyen a dit…

Batman Begins avait déjà repris un élément du Batman de Loeb/Sale, quand Bruce dit à Alfred qu'il considère Wayne Manor comme la maison de son père (à moins que Loeb ait repris ça d'un autre scénariste...)
Dernièrement, Loeb a pondu pas mal de bouses mais sur ses Batman avec Sale, il ne s'était pas trop mal débrouillé (ça manquait un peu de "grands moments d'action qui déchirent").
En fait, je préfère cette mini-série pour certaines scènes intimistes (les flirts avec Catwoman, les réunions Gordon-Dent-Batman) plus que pour l'intrigue Scooby-Doo Whodunit (qui au final est un peu bancale...)