
Depuis un moment déjà (avant la création de ce blog) est sorti en France le Volume 1 de Criminal. Une série écrite par le maitre du polar en comics : le grand Ed Brubaker (notre scénariste de DD). De son propre aveux, Ed Affirme que Criminal fait parti de ce qu'il a fait de mieux en matière de BD. Le volume 2 a d'ailleurs reçu un Eisner Award de la meilleur nouvelle série. Difficile de faire l'impasse dessus donc.
Criminal est composé de plusieurs mini-séries. Chaque volume est une histoire complètement indépendante, il y a bien sûr quelques petits clins d'oeils entre les histoires pour les lecteurs les plus attentifs, mais cela ne vas pas plus loin.
Le volume 1 parle de Leo, un truand qui se distingue de ses collègues sur de nombreux points. Leo est une sorte de cerveau, il ne rentrera jamais tête baissé dans un coup sans avoir prévus toute les possibilités possibles. Il ne fera jamais un cass sans une sortie de secours. Leo est du genre à tout planifier. Bref, Leo est un penseur, ce qui le rend très respecté de la part de ses partenaires de crime. Cependant, Leo est aussi un trouillard. Depuis l'enfance, il est animé par la peur de se faire prendre et d'aller en taule, comme son père.
Des policiers ripoux lui proposent un coup bien juteux, sous la pression, il accepte. Bien entendu, le lecteur se doute que tout ne se passera pas comme prévu...
L'auteur respecte scrupuleusement les codes du polar. La préparation d'un cass qui ne se passe pas comme prévu, tout le monde a vu/lu/entendu ça des centaines de fois. Ce serait presque banal si Brubaker n'était pas aux commandes. Si la bd commence comme un policier quelconque, on se rend vite compte du réel travail effectué sur les personnages. On navigue habilement entre le polar et le drame familial, ce qui n'enlève rien à la tension du récit, bien au contraire. Brubaker a d'ailleurs déclaré dans une interview que ce qui l'intéressait, c'était de parler de la famille sous toute ses formes. Que ce soit une famille classique, recomposée, ou même une famille de truands.
Qu'est ce que cela apporte au récit ? Cela fait tout simplement que l'on s'attache aux personnages et que leurs soucis ne laissent pas indifférents. C'est le petit plus que les autres polars n'ont pas.
Les personnages de Brubaker font donc toute la différence, on pourrait faire un vague rapprochement entre Criminal et les polars en noir et blanc de Bendis (Jinx et autres Goldfish), mais la comparaison ne tiens pas longtemps. Si Bendis a lui aussi des personnages attachants et des dialogues solides, Brubaker préfère s'appuyer sur une intrigue crédible et s'approprie les codes du policiers noir pour mieux les détourner à sa façon.
Vous l'aurez compris, si vous aimez les polars en BD (car il faut aimer le genre, je comprends que l'on puisse ne pas apprécier), Criminal rentre dans les indispensables à mettre dans votre bibliothèque. Il fait parti des ouvrages qui ne laissent pas indifférent.
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