dimanche 29 juillet 2012

Secret Avengers de Warren Ellis

Run the mission, don't get seen, save the world!

Warren Ellis refait un petit détour chez Marvel le temps de 6 petits épisodes pour s'occuper des Secret Avengers. Je précise tout de suite : je ne suis pas d'ordinaire cette série. Je n'ai lu que le passage écrit par Warren. D'ailleurs, pas besoin d'avoir lu les précédents pour comprendre, cela peut se lire complètement indépendamment du reste et en dehors de toute continuité.

D'ailleurs, ce n'est pas un grand arc mais six petites histoires différentes (pour le prix d'une !) que l'on retrouve dans ce tome (sorti entre autres dans un joli hardcover). D'ailleurs, Ellis va se faire plaisir et nous envoyer du très lourd côté artistes en changeant à chaque histoire et avec des grosses pointures. On retrouve donc sur la couverture les grands noms que sont David Aja, Michael Lark, Alex Maleev, Stuart Immoen ainsi que Jamie Mc Kelvie et Kevin Walker qui sont moins connus mais s'en sortent quand même avec les honneurs.

C'est du Warren Ellis, alors les histoires sont bien barrées. Cités souterraines, monstres robots, voyages temporels, dimensionnels et j'en passe. On sent que Ellis s'amuse et met les trucs qui lui font plaisir. C'est le genre de petits scénarios qu'il ne pourrait pas mettre en temps normal car ils ne conviendraient pas nécessairement à un long arc. On est dans l'expérimentation par moments, ce qui donne des pages stimulantes à dessiner pour ses artistes.

Ce sont des histoires extrêmement simples et compliquées à la fois. je vous propose une rapide présentation.

"Subland Empire" de Warren Ellis et Jamie McKelvie

Captain America, Moon Knight, Black Widow et the Beast se rendent dans une cité souterraine située sous Cincinnati. Celle-ci semble représenter une grave menace pour les habitants du dessus. L'histoire est très minimaliste. Ils rentrent, ils combattent, ils cassent tout. Mais les immeubles sont bizarres et il y a des voitures atomiques. Du coup c'est sympa. De plus, on sent que Warren Ellis aime écrire les dialogues de the Beast et lui faire parler de voyages transdimensionnelles et autres concepts scientifiques fumeux.

 
Je ne peux pas tirer avec une arme, j'ai des pattes !
                          The Beast



"Beast Box" de Warren Ellis et Kev Walker

Rogers, War Machine et Valkyrie se lancent à la poursuite d'un camion-robot tueur en Serbie détruisant tout sur son passage. Mais qui conduit ce camion ? Est-ce au moins humain ? Gros froissages de tôles en perspective.

  • - Qu'est ce que "séparation de combat" veut dire ? (Valkyrie) 
  • - Que l'on va probablement mourir dans une explosion de feu. (War Machine) 
  • - Magnifique. (Valkyrie) 
  • - Le pire c'est que je sais que tu n'est pas sarcastique. (War Machine)

"No Zone" de Warren Ellis et David Aja

Encore une infiltration dans une base secrète en perspective dans cet épisode. Sauf que dans cette base les lois physiques ne s'appliquent plus. Et puis c'est magnifiquement dessiné par David Aja qui nous fait des sort des planches vraiment destabilisantes. Shang-Chi fait du kung-fu, casse des cranes et va aider Rogers à contrecarrer une version endommagée d'Arnim Zola. Un épisode qui s'admire et qui dépote.

J'ai rencontré des dieux. Toi tu n'est qu'un téléphone cassé.
       Steve Rogers, Captain America

"Aniana" de Warren Ellis et Michael Lark

Bienvenu à Aniana, capitale de la Symkaria, pays frontalier de la Latvérie. Il fait froid. La neige tombe à flots. La mafia reigne. Moon Knight, Sharon Carter et Black Widow sous la direction de Steve Rogers vont tenter de récupérer un sérum maléfique attribuant des super-pouvoirs à ses utilisateurs. Pas bien original non plus, mais là encore l'intérêt vient de Michael Lark qui délivre une très bonne ambiance.

Ceci n'est pas une drogue. Faites moi confiance là dessus.
       Moon Knight


"Encircle" de Warren Ellis et Alex Maleev

James Rhodes, Sharon Carter et Steve Rogers sont morts. La mission était trop périlleuse. Black Widow doit remonter dans le temps pour sauver tout le monde. Mais elle va vite comprendre que les voyages dans le temps c'est compliqué. Très très très très compliqué. Celui-là, c'est mon épisode préféré. Ellis nous apporte ses propres concepts de voyages dans le temps, mais c'est très bien pensé. Et puis, c'est Maleev qui dessine. Par contre il faut s'accrocher pour tout suivre.

En gros, Natasha doit remonter le temps, mais n'a pas le droit de modifier la ligne temporelle qu'elle a déjà vécue. "Time flow must be preserved". Elle doit donc modifier des détails qui doivent donner l'apparence que le le futur n'a pas été changé tout en permettant à ses coéquipiers de survivre la mission. Comment faire ? C'est très compliqué...

Je déteste les voyages dans le temps.
       Natasha Romanov

"Final Level" de Warren Ellis et Stuart Immoen

Dernière histoire avec son lot de suspense, de comptes à rebours et de mutant hybrides aux effets dévastateur. Dans les sous sols règnent quelque chose de très dangereux. Les Secret Avengers seront-ils de taille à l'affronter ? Stuart Immoen avait déjà bossé avec Warren Ellis sur la série comique Nextwave. Mais le bonhomme est aussi très à l'aise sur un registre d'action voir de l'effrayant.

Je ne crois pas en la torture. C'est sale, déshonorant et peu fiable. Donc je vais laisser mes collègues le faire.
    Steve Rogers


Bref, en conclusion, si certaines histoires sont dispensables, se ressemblent dans leur concept (on rentre, on casse tout, on gagne), il y a néanmoins derrière tout ça de très bonne idées, de l'inventivité et des artistes qui se sont tous surpassés dans cet ouvrage.Non seulement, on sent qu'ils se sont tous appliqués, mais Warren Ellis leur a donné des choses originales à mettre en œuvre. Du coup, je profite de mes trop rares articles sur ce blog pour vous le recommander. Voilà.








PS : D'ailleurs, pour ceux qui se posent la question, non, ce blog n'est pas mort. C'est juste que avec tous mes concours (j'en passe plusieurs en plus) qui s'enchainent, je ne peux me mettre à mon blog que quand j'ai du temps devant moi. Ce qui est rare. Du coup, je préfère faire les articles dont j'ai envie, quitte à mettre plus de temps, plutôt que de bâcler la chose en deux phrases (j'ai un compte twitter pour ça). Du coup, cela donne un article tous les 6 mois, ça m'ennuie aussi, mais c'est comme ça. Quand le temps libre reviendra, les articles aussi. En tout cas je lis toujours mes confrères blogueurs, et même si je reste silencieux, je ne suis jamais loin. ;-)

lundi 7 mai 2012

Extrait choisi : la chute de Norman Osborn

Norman Osborn a été démis de ses fonctions à la tête du H.A.M.M.E.R., ancien S.H.I.E.L.D. après ces quelques semaines durant lesquelles ce dernier à pris des positionnements particulièrement extrême.

Sa défaite s'est joué à peu de choses près. Norman jouissait d'une popularité particulièrement forte malgré son image controversée. C'était le personnage que l'on adorait détester. Il aurait très vraisemblablement pu rester à la tête du pouvoir s'il n'avait pas écouté son conseiller le plus controversé : Loki.
                                            
En effet, c'est ce dernier qui l'a poussé à axer sa campagne contre l'intrusion des  étrangers Asgardiens en Oklahoma. Norman Osborn s'est fait rattraper par ses vieux démons. Face à une opposition à son égard particulièrement virulente, il choisit d'écouter le Green Gobelin tapi au fond de lui. Il se serait maintenu s'il avait gardé la tête froide mais sa mauvaise conscience aura eu raison de lui. Il reste au final est pleinement responsable de sa défaite.

Ce n'est qu'à la toute fin, une fois dans sa cellule, que Norman a fait preuve d'une étonnante lucidité.


Voici une de mes scènes préférée :

                             
-Eh bien, Norman, je dois te l'accorder, quand tu déconnes, tu ne fais pas les choses à moitié.

 - Tu peux te moquer de moi autant que tu veux, mais tu sais que ce que je dis est vrai
.
"J'avais raison. Ce monde est délabré et il avait besoin de moi pour le rétablir. Et je l'aurais fait. J'aurais pu le faire. Ce monde est un asile de fou plein de mutants, de terroristes, de psychotiques, d'aliens et de monstruosité. Tous se confrontent et rentrent en collision chaque seconde de chaque journée."



 
Les gens mettent des costumes et décident tout simplement par eux même qu'ils sont les sauveurs du monde. Que ça ne pose pas de problèmes pour eux de faire tout ce qu'ils souhaitent à qui ils le veulent parce qu'ils ont un costume.
Et bien je te le dis, le monde arrive à sa fin, un jour, très bientôt, il va véritablement exploser. La mauvaise créature va heurter le mauvais mutant et boum. Et ce sera tout. Tout ça... Tout ceci n'aura servi à rien. Et tout ce que  je voulais faire c'était l'empêcher. Tout ce que je voulais faire était de régler le problème avant qu'il ne se produise.
.
"Je sais que les mutants de ce monde vont se soulever et nous tuer. Je sais que le Hulk décidera un jour de détruire tout ce qu'il voit. Je sais que le Punisher tuera un jour la mauvaise personne et déclenchera une réaction en chaine d'évènements qui nous conduiront à un holocauste nucléaire. Je sais que ces héros plongeront tête baissée dans quelque chose qu'ils ne comprendront pas et causeront des dégâts insensés dans notre monde y rendant la vie humaine impossible. Victor Von Doom nous écrasera de la pointe de son pied dans son dernier souffle. Je sais que c'est vrai."
Je le sais. Et j'aurais pu l'arrêter.  Si ce n'est pour le fait que tu continues de te mettre dans mon putain de chemin... 


Oh. Pauvre petit.
- Laisse moi tranquille. - J'peux pas. Chuis coincé ici.


dimanche 22 avril 2012

Nick Fury grand vainqueur du premier tour des élections du S.H.I.E.L.D. avec 42% des voix

C'est un risque énorme que je prend aujourd'hui en vous dévoilant les résultants du premier tour de l'élection avant 20h. En effet, MODOK, l'actuel président du CSA, contrôle d'une main de fer les publications du web et menace d’annihilation tous les contrevenants.
Le CSA veille à la sincérité du scrutin.
Mais n'ayant peur de rien (cf : titre du blog), voici les résultats :

1er : Nick Fury, 42% des voix
 Finalement, l'écart fut beaucoup moins serré que ce que l'on aurait pu le penser. Fury bénéficie d'une forte crédibilité auprès d'un l'électorat qui le voit comme un "homme d'action". C'est un candidat qui a de l'expérience et qui s'est montré capable de gérer de nombreuses crises. En plus il a un film qui sort bientôt.







2ème : Iron Man, 23% des voix
C'est un échec cuisant pour Tony Stark. Il faut dire que ce dernier possède un bilan désastreux. Iron Man n'a jamais su faire oublier son rôle central dans la Civil War ayant divisé la nation. Beaucoup ne lui ont jamais pardonné. De nombreuses libertés fondamentales ont été bafouées, notamment les conditions de détentions des super-héros non enregistrés. Si l'on ajoute à ça son incapacité à prévoir l'invasion Skrull, le second tour s'annonce particulièrement difficile pour le président-candidat sortant.





3ème : Norman Osborn, 16% des voix
Comme à son habitude, Norman Osborn a su sortir son épingle du jeu. Axant sa campagne principalement axée sur l'immigration extra-terrestre qui "remplacent et prennent l'apparence des vrais humains", le candidat excelle dans l'art de la manipulation des foules. Jouant sur les peurs et rappelant son rôle dans la Secret Invasion, Osborn finit 3ème de cette course.




4ème : Hulk Rouge, 15% des voix
Voici un score tout à fait honorable pour un candidat "rouge" et donc à tendance communiste. Finalement les gens aiment quand Hulk s'énerve lors de ses meetings. Les thèmes étaient assez classiques et particulièrement virulents à l'égard du système. Son message simpliste "Hulk casser capitalisme !" a su convaincre une grande partie de l'électorat d'extrême gauche. Néanmoins, Hulk Rouge n'a pas réussi son objectif, à savoir finir 3ème "homme" et faire plus que Norman Osborn. Hulk triste.




5ème : Madame Hydra, 8% des voix
Il semblerait que le vote nazi n'ai pas trop la côte dans les rangs du SHIELD. Madame Hydra avait pourtant fait particulièrement attention à redorer image en s'offrant une aura de respectabilité. Malgré une campagne particulièrement dynamique avec son slogan "Coupez une tête, deux autres repousseront", le résultat reste particulièrement modeste. La faute revient sans doute à Norman Osborn qui a fait campagne directement sur leurs terres, prenant même par moment le contrôle de l'organisation.





6ème : Daredevil, 4% des voix
Ce fut la candidature la plus fantaisiste du lot. Le personnage manquait cruellement de crédibilité et était connu pour ses diverses dépressions nerveuses par le passé. Daredevil tablait essentiellement sur le vote ninja, mais après la débâcle de Shadowland, de nombreuses voix se sont déportées vers l'Hydra. Le score n'est pas non plus excessivement mauvais quand on sait que le héros a fait exclusivement campagne dans Hell's Kitchen.





mercredi 21 décembre 2011

Idée Cadeau #2 : Stumptown


L’univers heroic fantasy de Joe The Barbarian vous rebute ? Je vous comprends. Et vous ne savez toujours pas quoi offrir à votre patron/meilleur pote/petit copain (rayez la mention inutile, sauf si c’est les trois à la fois et dans ce cas là vous avez une vie sociale compliquée). Pas de panique, il vous reste encore trois jours pour trouver une boutique de comics en VO et lui acheter la bande dessinée dont il n'a jamais entendu parler mais pour laquelle il vous remerciera de lui avoir fait découvrir.
Pourquoi pas offrir une histoire policière. Et quoi de mieux dans le genre que la dernière série creator owned de Greg Rucka, auteur de Whiteout, Queen & Country, Batwoman et j’en passe ?

Au risque de surprendre, le personnage principal du dernier roman de Rucka est une femme (si si !). Elle est détective privée, elle conduit une bagnole classe mais toute pourave, elle ne se laisse pas faire bien qu’elle passe son temps à se faire tabasser ou tirer dessus.

Cette première histoire sortie il y a quelques mois (et pas la dernière j'espère) est intitulée : "the case of the girl who took her shampoo (but left her mini)".

Pour effacer sa dette de jeu, Dex Parios accepte de retrouver la nièce d'une patronne de casino qui aurait fuguée dans des circonstances plus que mystérieuses. Notre détective va très vite comprendre que son enquête dérage beaucoup de monde et que ces gens n’hésiteront pas à l’abattre si elle devient trop gênante.
Rucka ne cherche pas à révolutionner le genre policier avec ce comics. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne va pas s’appliquer. Les dialogues sont bons. Dex à du répondant, on sent l'influence des grands romans de détective privés. Tous les personnages sont travaillés et même les rôles secondaires ont une personnalité. Donc sur ce point là, pas de souci, nous avons une histoire solide de Greg Rucka qui commence à avoir de la bouteille.
Deuxième point très positif qui permet à ce comics de décoller : l’ambiance est réussie. Nous sommes à Portland, Oregon. Il fait moche, c’est complètement paumé, et ça se ressent dans les dessins. D’ailleurs, la première scène, une exécution près d’un lac, met bien dans l’ambiance. Le dessinateur Mathew Southworth fait du bon boulot et le coloriste aussi qui sait quelle tonalité choisir. Petit bémol quand même : j’ai trouvé une petite baisse de qualité dans les dessins dans la deuxième moitié du bouquin. Le dessinateur a-t-il été pressé par les délais ?

Quoi qu’il en soit, Stumptown se situe déjà bien au dessus du lot. C'est le cadeau original et qui fait plaisir pour la personne qui aime les histoires policières. Le Hardcover contient également une petite histoire (très courte) bonus en noir et blanc qui n'est pas dénué d'humour.

mardi 20 décembre 2011

Idée Cadeau #1 : Joe The Barbarian


Vous n’avez toujours pas trouvé quoi offrir pour noël ? Votre ami/neveu/filleul/petit frère/fiston/cousin (rayez la mention inutile) aime les comics ? Est-ce qu’il comprend l’anglais ? Ou bien est ce que vous avez envie qu’il fasse des progrès en Anglais (dans ce cas là vous êtes une maman/grand-mère/tante très vicieuse) ?
Ne cherchez plus ! Voici quelques idées de bons comics à offrir.

Joe The Barbarian est une minisérie de 8 épisodes écrite par Grant Morrisson et magnifiquement mise en page par Sean Murphy. Elle est sortie il y a quelques temps dans un très joli Hardcover chez Vertigo.

Joe est un adolescent comme tant d’autres qui passe plus de temps dans les nuages que dans la réalité. Sa mère est peu présente et son père militaire est mort au combat. Le voilà seul dans son grenier qui lui sert de chambre à dessiner aux côtés de ses figurines et de son rat de compagnie. Mais Joe va se mettre à faire une majeure crise de diabète. Des hallucinations surviennent transformant son univers imaginaire en une réalité bien concrète. Conscient de son état, Joe comprend qu’il doit à tout prix descendre de sa chambre et atteindre la cuisine pour boire une canette de soda ou une barre chocolatée afin de ne pas mourir d’hypoglycémie. Mais ce qui pour nous s’apparente à un simple aller-retour jusqu’au frigo va devenir une véritable quête fantastique pour Joe, les hallucinations prenant le dessus sur la réalité.

J’ai personnellement un peu de mal avec l’écriture de Grant Morrisson d’une manière générale. Mais là, je suis bien obligé d’avouer qu’elle est fort superbement soutenue par les dessins de Sean Murphy. Le design des personnages est particulièrement bien travaillé. Que ce soit le rat ou tous les autres jouets qui prennent vie. Mais la plus grande force de ce bouquin va être dans les scènes de transition entre l’imaginaire et la réalité. La maison tient une place très importante dans l’histoire, son décor va directement influencer l’univers de Joe. Une baignoire qui déborde se traduit pour notre héros à la traversée d’un océan et de multiples cascades. Descendre un escalier n’a jamais été aussi périlleux. Ce sont tous ses petits éléments de transition qui font toute la saveur du récit.

Bref, je le recommande, pour la qualité de l’univers mis en place. On pourra dire que le quête reste très basique et sans surprise, mais c’est le voyage en lui-même qui vaut le détour.

dimanche 6 novembre 2011

Frank Milller's Holy Terror


C'est le genre de comics auquel personne n'aurait porté attention si il n'y avait pas écrit Frank Miller sur la couv' et qu'un léger vent de controverse n'avait pas accompagnée sa sortie.

Reprenons la petite histoire depuis le début. Ce récit germe depuis 10 ans dans l'esprit de Frank Miller. Après le 11 septembre, l'auteur se met en tête de sortir un "Batman contre Ben Laden". Bien entendu, l'idée passe mal chez les responsables de DC, surtout que Miller est considéré comme un auteur assez réactionnaire. Enfin bref, on ne va pas refaire le débat (qui a eu lieu ici chez Neault, ici, ici et ici sur ce blog).

Du coup, suite au refus de DC, ce bon vieux Frank va quand même sortir son histoire en changeant les noms des personnages. Ainsi Batman devient "The Fixer", Catwoman devient "Cat Burglar" et le commissaire Gordon s'appelle Dan Donegal. D'ailleurs, pour ce dernier, il n'y a vraiment que le nom qui change ; les lunettes et la moustaches sont toujours là.

Une fois ces changements cosmétiques effectués, Milller peut vraiment faire l'histoire qu'il veut sans aucune contrainte. L'histoire est particulièrement simple. Après qu'une vague d'attentats particulièrement violent frappent Empire City, The Fixer décide de partir en guerre et de casser du terrorisme. Ce qu'il fera.

C'est le genre de comics que l'on ne sait pas trop comment aborder. Tout d'abord, c'est clairement un pur produit de Frank Milller. On reconnait sa patte tout de suite, presque trop. Les dessins sont à la Sin City, le format est à la 300 et l'univers est à la DK2. Bon, ensuite, quand on mélange tout ça ensemble, cela ne fait pas forcément un bon truc. Comme je l'ai dit plus haut, c'est le genre de chose que l'on achète pour son auteur. Une forme de curiosité (malsaine ?) de voir ce que devient ce bon vieux Frank. Car sur le plan narratif, l'histoire n'apporte pas grand chose. Ce qu'on lit quand on ouvre ce comics, c'est la rage de Frank Miller. C'est comme si il utilisait ses propres œuvres comme une psychothérapie. C'est un défouloir.
"We engage in postmodern diplomacy"

Les dessins sont très nerveux, on il y a clairement une impression de défouloir dans les scènes d'actions. Au final, je trouve qu'à ce niveau on s'éloigne pas mal de Sin City qui était beaucoup plus maitrisé. Ici, il y a un aspect très brouillon.

Concernant la polémique en elle-même. Oui c'est tendancieux. Mais j'ai presque envie de dire "et alors ?". Car soyons honnête, et je vous le répète pour la troisième fois, on a acheté cette BD pour lire du Frank Miller. Si on voulait une analyse subtile sur la problématique géopolitique du terrorisme dans le monde, il fallait vraiment lire autre chose. Sur un sujet comme celui-ci, avec un auteur comme celui-là, on s'attendait tous à une bonne dose de sulfureux. Et d'ailleurs, on aurait été déçu de lire un Milller consensuel. J'irais même encore plus loin : on peut se demander si Miller, qui a conscience de sa réputation, n'aurait pas grossi le trait, histoire de faire ce que l'on attend de lui. Peut être que la provoc faisait partie de son cahier des charges.
The Fixer torture et sort des banalités racistes.

La vision que nous présente l'auteur est certes unilatérale et étriquée. Mais d'un autre côté on sent que le 11 septembre ne l'a pas laissé indifférent. Car au final, ce que l'on retiendra de ce Holy Terror, c'est un ressenti. Si certains sont passés à autre choses, d'autres ne le peuvent tout simplement pas. Comme il nous le montre bien à la dernière page, le but des attentats n'est pas le nombre de victimes, mais de laisser les populations dans un état de terreur permanent.

Au final, je ne recommande pas cette lecture. Les dessins sont inférieurs à ce à quoi l'auteur nous a habitué et l'histoire n'est pas terrible (si tenté que l'on puisse dire qu'il y en ait une). Mais on ne peut pas dire non plus que ce soit raté. Miller arrive à s'exprimer et à nous expliquer le point de vue qui est le sien. Et je préfère cent fois lire un auteur dont le message est désagréable mais qui a quelque chose à faire passer plutôt de lire un auteur qui n'a rien à dire.
A noisy, busy, cranky city turned all quiet and scary polite. [...] A bed gone lonely. Children's toys, turning up in strange places. And the same sounds, the same smells. Every damn night. No wonder we call it terror.

jeudi 3 novembre 2011

Osborn - Evil Incarcerated

Ce comics n'a rien d'exceptionnel. Pourtant, je suis particulièrement bien rentré dedans. La plupart de ceux qui liront cette histoire l'apprécieront, mais sans plus. Moi, j'ai vraiment accroché, sans que je sois bien sûr de pouvoir expliquer pourquoi. Je vais essayer de le faire quand même.

Osborn est une mini série de 5 épisodes. Elle fait directement suite aux évènements de Siege. Après avoir dirigé les Thunderbolts puis le H.A.M.M.E.R., Norman Osborn est allé trop loin et se retrouve en prison. Mais pour le gouvernement Américain, l'ex Bouffon Vert est un prisonnier bien embarrassant. Comment le juger ? L'inculper, d'accord, mais de quoi ? Pourrait-il plaider la folie ? (D'ailleurs, Norman était sous l'influence de Loki au moment de Siege). De plus, la dimension politique n'est pas à négliger. Osborn garde un nombre impressionnant d'adeptes partageant sa sinistre (mais réaliste) vision du monde.

Quelques sénateurs vont se réunir en comité secret et trouver la solution miracle : envoyer Osborn dans une prison secrète, une sorte de Guantánamo pour Super Vilains où il ne gênera plus personne. Bien entendu, cette idée ne plait pas du tout à notre cher Norman qui va devoir utiliser tous ses talents de manipulateurs pour retourner sous le feu des projecteurs.

Les dessins sont d'Emma Rios. Ils ne frappent pas par leur qualité, mais l'ambiance est travaillée et les visages sont expressifs. Kelly Sue DeConnick est au scénario. Et il faut dire que celle-ci va mettre un point d'honneur à bien travailler ses personnages, mêmes secondaires. D'ailleurs chaque chapitre commence par un petit monologue d'un des protagonistes. L'intérêt de cette histoire ne se situera pas dans les rares scènes d'actions, mais dans les manipulations que s'exercent les personnages les uns sur les autres.

En ce sens, les dialogues sont très bons car ils arrivent à parfaitement faire ressortir la psychologie des personnages. J'avoue qu'après avoir finie cette mini série, j'ai eu l'impression de mieux connaitre Osborn, ce qui l'anime, ce qui le motive. Pour lui, l'oubli et la perte de dignité sont des châtiments pires que la mort. Bien que grand opportuniste et mégalomane, le bonhomme a des principes, des convictions, bien que son code moral soit très éloigné du notre. Bref, DeConnnick dresse ici le portrait d'un très bon méchant.

D'ailleurs, l'histoire donne une très grande place à Norah Winters (vu dans Spider-Man). Entre les coups de couteaux dans le dos de politiciens et les ripostes d'Osborn, la pauvre journaliste va comprendre à ses dépends qu'elle ne pèse pas grand chose. La morale de l'histoire est au final assez sinique. Nous vivons dans un monde sans pitié où le moindre signe d'humanité est une faiblesse que nos ennemis s'empresseront d'exploiter.

Le récit m'a beaucoup plus donc. Pas pour ses scènes d'actions assez rares. Pas pour son rythme assez lent. Mais plus pour son intrigue par son jeu de chat et de la souris et surtout pour le sens des dialogues et la psychologie travaillée qu'a eu l'auteur à l'égard de ses personnages.