mercredi 21 décembre 2011

Idée Cadeau #2 : Stumptown


L’univers heroic fantasy de Joe The Barbarian vous rebute ? Je vous comprends. Et vous ne savez toujours pas quoi offrir à votre patron/meilleur pote/petit copain (rayez la mention inutile, sauf si c’est les trois à la fois et dans ce cas là vous avez une vie sociale compliquée). Pas de panique, il vous reste encore trois jours pour trouver une boutique de comics en VO et lui acheter la bande dessinée dont il n'a jamais entendu parler mais pour laquelle il vous remerciera de lui avoir fait découvrir.
Pourquoi pas offrir une histoire policière. Et quoi de mieux dans le genre que la dernière série creator owned de Greg Rucka, auteur de Whiteout, Queen & Country, Batwoman et j’en passe ?

Au risque de surprendre, le personnage principal du dernier roman de Rucka est une femme (si si !). Elle est détective privée, elle conduit une bagnole classe mais toute pourave, elle ne se laisse pas faire bien qu’elle passe son temps à se faire tabasser ou tirer dessus.

Cette première histoire sortie il y a quelques mois (et pas la dernière j'espère) est intitulée : "the case of the girl who took her shampoo (but left her mini)".

Pour effacer sa dette de jeu, Dex Parios accepte de retrouver la nièce d'une patronne de casino qui aurait fuguée dans des circonstances plus que mystérieuses. Notre détective va très vite comprendre que son enquête dérage beaucoup de monde et que ces gens n’hésiteront pas à l’abattre si elle devient trop gênante.
Rucka ne cherche pas à révolutionner le genre policier avec ce comics. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne va pas s’appliquer. Les dialogues sont bons. Dex à du répondant, on sent l'influence des grands romans de détective privés. Tous les personnages sont travaillés et même les rôles secondaires ont une personnalité. Donc sur ce point là, pas de souci, nous avons une histoire solide de Greg Rucka qui commence à avoir de la bouteille.
Deuxième point très positif qui permet à ce comics de décoller : l’ambiance est réussie. Nous sommes à Portland, Oregon. Il fait moche, c’est complètement paumé, et ça se ressent dans les dessins. D’ailleurs, la première scène, une exécution près d’un lac, met bien dans l’ambiance. Le dessinateur Mathew Southworth fait du bon boulot et le coloriste aussi qui sait quelle tonalité choisir. Petit bémol quand même : j’ai trouvé une petite baisse de qualité dans les dessins dans la deuxième moitié du bouquin. Le dessinateur a-t-il été pressé par les délais ?

Quoi qu’il en soit, Stumptown se situe déjà bien au dessus du lot. C'est le cadeau original et qui fait plaisir pour la personne qui aime les histoires policières. Le Hardcover contient également une petite histoire (très courte) bonus en noir et blanc qui n'est pas dénué d'humour.

mardi 20 décembre 2011

Idée Cadeau #1 : Joe The Barbarian


Vous n’avez toujours pas trouvé quoi offrir pour noël ? Votre ami/neveu/filleul/petit frère/fiston/cousin (rayez la mention inutile) aime les comics ? Est-ce qu’il comprend l’anglais ? Ou bien est ce que vous avez envie qu’il fasse des progrès en Anglais (dans ce cas là vous êtes une maman/grand-mère/tante très vicieuse) ?
Ne cherchez plus ! Voici quelques idées de bons comics à offrir.

Joe The Barbarian est une minisérie de 8 épisodes écrite par Grant Morrisson et magnifiquement mise en page par Sean Murphy. Elle est sortie il y a quelques temps dans un très joli Hardcover chez Vertigo.

Joe est un adolescent comme tant d’autres qui passe plus de temps dans les nuages que dans la réalité. Sa mère est peu présente et son père militaire est mort au combat. Le voilà seul dans son grenier qui lui sert de chambre à dessiner aux côtés de ses figurines et de son rat de compagnie. Mais Joe va se mettre à faire une majeure crise de diabète. Des hallucinations surviennent transformant son univers imaginaire en une réalité bien concrète. Conscient de son état, Joe comprend qu’il doit à tout prix descendre de sa chambre et atteindre la cuisine pour boire une canette de soda ou une barre chocolatée afin de ne pas mourir d’hypoglycémie. Mais ce qui pour nous s’apparente à un simple aller-retour jusqu’au frigo va devenir une véritable quête fantastique pour Joe, les hallucinations prenant le dessus sur la réalité.

J’ai personnellement un peu de mal avec l’écriture de Grant Morrisson d’une manière générale. Mais là, je suis bien obligé d’avouer qu’elle est fort superbement soutenue par les dessins de Sean Murphy. Le design des personnages est particulièrement bien travaillé. Que ce soit le rat ou tous les autres jouets qui prennent vie. Mais la plus grande force de ce bouquin va être dans les scènes de transition entre l’imaginaire et la réalité. La maison tient une place très importante dans l’histoire, son décor va directement influencer l’univers de Joe. Une baignoire qui déborde se traduit pour notre héros à la traversée d’un océan et de multiples cascades. Descendre un escalier n’a jamais été aussi périlleux. Ce sont tous ses petits éléments de transition qui font toute la saveur du récit.

Bref, je le recommande, pour la qualité de l’univers mis en place. On pourra dire que le quête reste très basique et sans surprise, mais c’est le voyage en lui-même qui vaut le détour.

dimanche 6 novembre 2011

Frank Milller's Holy Terror


C'est le genre de comics auquel personne n'aurait porté attention si il n'y avait pas écrit Frank Miller sur la couv' et qu'un léger vent de controverse n'avait pas accompagnée sa sortie.

Reprenons la petite histoire depuis le début. Ce récit germe depuis 10 ans dans l'esprit de Frank Miller. Après le 11 septembre, l'auteur se met en tête de sortir un "Batman contre Ben Laden". Bien entendu, l'idée passe mal chez les responsables de DC, surtout que Miller est considéré comme un auteur assez réactionnaire. Enfin bref, on ne va pas refaire le débat (qui a eu lieu ici chez Neault, ici, ici et ici sur ce blog).

Du coup, suite au refus de DC, ce bon vieux Frank va quand même sortir son histoire en changeant les noms des personnages. Ainsi Batman devient "The Fixer", Catwoman devient "Cat Burglar" et le commissaire Gordon s'appelle Dan Donegal. D'ailleurs, pour ce dernier, il n'y a vraiment que le nom qui change ; les lunettes et la moustaches sont toujours là.

Une fois ces changements cosmétiques effectués, Milller peut vraiment faire l'histoire qu'il veut sans aucune contrainte. L'histoire est particulièrement simple. Après qu'une vague d'attentats particulièrement violent frappent Empire City, The Fixer décide de partir en guerre et de casser du terrorisme. Ce qu'il fera.

C'est le genre de comics que l'on ne sait pas trop comment aborder. Tout d'abord, c'est clairement un pur produit de Frank Milller. On reconnait sa patte tout de suite, presque trop. Les dessins sont à la Sin City, le format est à la 300 et l'univers est à la DK2. Bon, ensuite, quand on mélange tout ça ensemble, cela ne fait pas forcément un bon truc. Comme je l'ai dit plus haut, c'est le genre de chose que l'on achète pour son auteur. Une forme de curiosité (malsaine ?) de voir ce que devient ce bon vieux Frank. Car sur le plan narratif, l'histoire n'apporte pas grand chose. Ce qu'on lit quand on ouvre ce comics, c'est la rage de Frank Miller. C'est comme si il utilisait ses propres œuvres comme une psychothérapie. C'est un défouloir.
"We engage in postmodern diplomacy"

Les dessins sont très nerveux, on il y a clairement une impression de défouloir dans les scènes d'actions. Au final, je trouve qu'à ce niveau on s'éloigne pas mal de Sin City qui était beaucoup plus maitrisé. Ici, il y a un aspect très brouillon.

Concernant la polémique en elle-même. Oui c'est tendancieux. Mais j'ai presque envie de dire "et alors ?". Car soyons honnête, et je vous le répète pour la troisième fois, on a acheté cette BD pour lire du Frank Miller. Si on voulait une analyse subtile sur la problématique géopolitique du terrorisme dans le monde, il fallait vraiment lire autre chose. Sur un sujet comme celui-ci, avec un auteur comme celui-là, on s'attendait tous à une bonne dose de sulfureux. Et d'ailleurs, on aurait été déçu de lire un Milller consensuel. J'irais même encore plus loin : on peut se demander si Miller, qui a conscience de sa réputation, n'aurait pas grossi le trait, histoire de faire ce que l'on attend de lui. Peut être que la provoc faisait partie de son cahier des charges.
The Fixer torture et sort des banalités racistes.

La vision que nous présente l'auteur est certes unilatérale et étriquée. Mais d'un autre côté on sent que le 11 septembre ne l'a pas laissé indifférent. Car au final, ce que l'on retiendra de ce Holy Terror, c'est un ressenti. Si certains sont passés à autre choses, d'autres ne le peuvent tout simplement pas. Comme il nous le montre bien à la dernière page, le but des attentats n'est pas le nombre de victimes, mais de laisser les populations dans un état de terreur permanent.

Au final, je ne recommande pas cette lecture. Les dessins sont inférieurs à ce à quoi l'auteur nous a habitué et l'histoire n'est pas terrible (si tenté que l'on puisse dire qu'il y en ait une). Mais on ne peut pas dire non plus que ce soit raté. Miller arrive à s'exprimer et à nous expliquer le point de vue qui est le sien. Et je préfère cent fois lire un auteur dont le message est désagréable mais qui a quelque chose à faire passer plutôt de lire un auteur qui n'a rien à dire.
A noisy, busy, cranky city turned all quiet and scary polite. [...] A bed gone lonely. Children's toys, turning up in strange places. And the same sounds, the same smells. Every damn night. No wonder we call it terror.

jeudi 3 novembre 2011

Osborn - Evil Incarcerated

Ce comics n'a rien d'exceptionnel. Pourtant, je suis particulièrement bien rentré dedans. La plupart de ceux qui liront cette histoire l'apprécieront, mais sans plus. Moi, j'ai vraiment accroché, sans que je sois bien sûr de pouvoir expliquer pourquoi. Je vais essayer de le faire quand même.

Osborn est une mini série de 5 épisodes. Elle fait directement suite aux évènements de Siege. Après avoir dirigé les Thunderbolts puis le H.A.M.M.E.R., Norman Osborn est allé trop loin et se retrouve en prison. Mais pour le gouvernement Américain, l'ex Bouffon Vert est un prisonnier bien embarrassant. Comment le juger ? L'inculper, d'accord, mais de quoi ? Pourrait-il plaider la folie ? (D'ailleurs, Norman était sous l'influence de Loki au moment de Siege). De plus, la dimension politique n'est pas à négliger. Osborn garde un nombre impressionnant d'adeptes partageant sa sinistre (mais réaliste) vision du monde.

Quelques sénateurs vont se réunir en comité secret et trouver la solution miracle : envoyer Osborn dans une prison secrète, une sorte de Guantánamo pour Super Vilains où il ne gênera plus personne. Bien entendu, cette idée ne plait pas du tout à notre cher Norman qui va devoir utiliser tous ses talents de manipulateurs pour retourner sous le feu des projecteurs.

Les dessins sont d'Emma Rios. Ils ne frappent pas par leur qualité, mais l'ambiance est travaillée et les visages sont expressifs. Kelly Sue DeConnick est au scénario. Et il faut dire que celle-ci va mettre un point d'honneur à bien travailler ses personnages, mêmes secondaires. D'ailleurs chaque chapitre commence par un petit monologue d'un des protagonistes. L'intérêt de cette histoire ne se situera pas dans les rares scènes d'actions, mais dans les manipulations que s'exercent les personnages les uns sur les autres.

En ce sens, les dialogues sont très bons car ils arrivent à parfaitement faire ressortir la psychologie des personnages. J'avoue qu'après avoir finie cette mini série, j'ai eu l'impression de mieux connaitre Osborn, ce qui l'anime, ce qui le motive. Pour lui, l'oubli et la perte de dignité sont des châtiments pires que la mort. Bien que grand opportuniste et mégalomane, le bonhomme a des principes, des convictions, bien que son code moral soit très éloigné du notre. Bref, DeConnnick dresse ici le portrait d'un très bon méchant.

D'ailleurs, l'histoire donne une très grande place à Norah Winters (vu dans Spider-Man). Entre les coups de couteaux dans le dos de politiciens et les ripostes d'Osborn, la pauvre journaliste va comprendre à ses dépends qu'elle ne pèse pas grand chose. La morale de l'histoire est au final assez sinique. Nous vivons dans un monde sans pitié où le moindre signe d'humanité est une faiblesse que nos ennemis s'empresseront d'exploiter.

Le récit m'a beaucoup plus donc. Pas pour ses scènes d'actions assez rares. Pas pour son rythme assez lent. Mais plus pour son intrigue par son jeu de chat et de la souris et surtout pour le sens des dialogues et la psychologie travaillée qu'a eu l'auteur à l'égard de ses personnages.

mercredi 2 novembre 2011

Fear Itself : une crise purement Asgardienne ?

La polémique fait rage sur l'avenir d'Asgard suite aux évènements récents. Cette ville divine, autrefois glorieuse, a-t-elle réellement vocation à rester sur notre belle planète ?
Asgard ravagé par la crise.

La question n'est pas nouvelle. Mais depuis l'écroulement de cette belle cité par The Sentry suite au Siege lancé par Norman Osborn, c'est une citée en ruine. Un gros tas de gravas situé en plein milieu des champs de l’Oklahoma. L'agence S.H.I.E.L.D. n'a donc eu d'autres choix que de baisser l'indice de sûreté d'Asgard en la faisant passer de "Mighty" à "Moderate".

L'ampleur des travaux.

La faiblesse structurelle de la cité nordique la laissait donc à la proie des spéculateurs. Mais la crise ne commença vraiment que lorsque la fille du Crane Rouge libéra le Serpent (Dieu Nordique de la peur ndlr), ayant une rancune particulièrement tenace à l'égard d'Odin, le Premier Ministre d'Asgard.

Mais malheureusement, il ne s'agit pas d'un problème purement Nordique. En effet, la contagion de la peur lâchée par le Dieu Serpent semble toucher l'ensemble de l'Univers 616. New-York est ravagé et les habitants de Paris sont changés en statues de pierre. Nous avons là un effet "crossover" indiquent les grands économistes et scientifiques tels que Reed Richards. "Il faut que la planète agisse de concert pour enrayer cette menace", précise t-il.
"Cette menace appelle une réponse globale." Reed Richards

Mais dans d'autres pays, certains héros semblent sceptiques. Tony Stark est d'avis que nous n'aurions jamais du laisser rentrer Asgard en Oklahoma. "Le retard technologique d'Asgard est évident, les dieux Nordiques n'ont pris aucune mesures pour éviter ce genre de catastrophes et regardez le résultat aujourd'hui !" s'est-il exclamé lors d'une conférence de presse. Selon lui, les Asgardiens "doivent prendre leurs responsabilités". Des sommes colossales ont déjà été englouties pour financer la reconstruction de la ville, mais rien y fait. Stark suspecte les fonds d'être dilapidés dans la consommation de bières et en organisation de banquets.
Sommet tendu pour sortir de la crise.

Steve Roger a passé la moitié de la semaine à essayer de convaincre son partenaire que la décadence d'Asgard entrainerait le reste du monde dans sa chute. Tony Stark n'est pas de cet avis. Pour lui, la seule alternative viable, serait qu'Asgard coupe définitivement les ponts avec l'univers 616 et change de dimension astrale comme elle l'a déjà fait auparavant. Selon les spécialistes, cette solution ne ferait qu'aggraver le problème, renforçant l'armée du Serpent et nous laissant seul pour gérer cette crise. Le ton est monté entre Roger et Stark, mais il semble qu'un accord soit sur le point d'être trouvé.
Des négociations houleuses.

Thor semble pourtant avoir été le grand absent de ces négociations. Il estime que la crise Nordique actuelle le concerne "un petit peu" et que les Asgardiens devraient être capable de décider par eux même de leur avenir par référendum. Ces déclarations ont suscités de nombreux rires dans le manoir des Avengers. On lui a gentiment fait comprendre que c'était le moment pour lui de se faire discret.

Thor exclu du processus de décision.

dimanche 30 janvier 2011

Rat Catcher d'Andy Diggle

Un petit polar de 180 pages en noir et blanc est sorti la semaine dernière dans la collection Vertigo Crime. Cette branche de Vertigo édite des petites histoires policières dans un format livre de poche, on leur doit notamment Dark Entries de Ian Rankin (décevant) ou Filthy Rich de Brian Azzarello (je viens de le commencer).

Vous avez probablement déjà entendu du système de protection des témoins aux États-Unis. Lorsqu'un criminel décide de témoigner contre son ancien employeur, il rentre dans le programme et le gouvernement lui offre une nouvelle vie sous une nouvelle identité. Mais cette fois, rien ne se passe comme prévu. Un témoin clé qui avait été mis sous protection vient de se faire assassiner par le mystérieux Rat Catcher (Rat = balance en argot) tuant plusieurs agents du FBI au passage. Toutes les forces de l'ordre du Texas sont aux abois, le FBI et les US Marshall sont en alerte maximum. La traque peut commencer.

Cette fois, c'est Andy Diggle qui s'y colle, le tout illustré par Victor Ibañez. Diggle est un plutôt bon auteur de comics. On lui doit le sympathique The Losers, un très bon run sur Hellblazer et il a jusque là fait de l'assez bon travail sur Daredevil malgré quelques fausses notes. Alors que vaut ce Rat Catcher ?

L'histoire commence plutôt bien. On est tout de suite dans l'action. Mais si on ne comprend pas forcément tout ce qui se passe, on sent que la tension est bien présente. Et c'est là que la Rat Catcher se distingue des autres Vertigo Crime ; Si les autres romans sont très orienté vers le polar noir, celui là est plus un thriller d'action directement inspiré du fugitif. Diggle gère bien la mécanique de son bouquin et nous offre quelques gros retournements de situations de taille.

Mais ce polar va tout de même montrer assez vite ses limites. Le problème est que si l'auteur sait parfaitement jouer avec les grosses ficelles du thriller, il ne va pas au delà. Les amateurs des films d'actions à rebondissement (genre US Marshall avec Tommy Lee Jones) verront venir assez vite le gros rebondissement au milieu du bouquin. Victor Ibañez retranscrit parfaitement l'ambiance du genre qu'il exploite dans ses dessins. Les fusillades et autres scènes d'action sont plutôt lisses et très bien rendues. Mais on ne sort pas des sentiers battus.

Vous savez c'est comme tous ces films d'actions/policiers qui sont rediffusés tous les 6 mois sur nos chaines hertziennes. On sait exactement ce qui va se passer, on sait comment ça finit, mais on les regarde quand même. Car après tous, ça reste un moment de détente fort sympathique. Ben là c'est pareil. Tous les ingrédients sont là, c'est pas mauvais du tout, mais on en a déjà mangé 100 fois.

Donc, je le recommande néanmoins, mais plutôt d'occasion, quand le prix aura un peu baissé. très franchement, je trouve cette collection un peu trop chère. 20 dollars c'est trop pour du noir et blanc petit format. Surtout que souvent ces bouquins sont réédités avec une couverture souple (ce qui est d'ailleurs la seule chose qui change) pour un prix un plus raisonnable. C'est le genre de truc qui fait plaisir à lire mais qui ne se lit qu'une seule fois.


Niveau d'anglais requis : Correct. Facile à comprendre malgré quelques expressions liées aux usages des forces de l'ordre (a Rat, the Bureau=FBI, etc...)

dimanche 23 janvier 2011

Marvel a t-il vendu son âme à Disney ? L'histoire de la souris, l'arraignée et de Joe Quesada

Joe Quesada laisse place à Alex Alonso en tant qu'éditeur en chef chez Marvel. Je ne vais pas revenir sur les 10 ans qu'il a passé à la tête de la maison des idées. Il y a eu du bon que l'on connait tous, Les qualités de Quesada en tant que scénariste et dessinateur sont indéniables (Daredevil : Father). Mais il y a également du très mauvais, et cela en tant qu'éditeur. Je n'ai même pas besoin de le citer tellement l'évènement nous est toujours resté en travers de la gorge.

D'un point de vue économique, son bilan est un franc succès. Tout le monde n'arrête pas de parler comment Marvel était mal en point et le le vaillant Joe a su remonter la pente et braver la crise en recherchant des nouveaux talent et en faisant preuve d'innovation bla bla bla. Pas faux.

Et il y a un point culminant à ce succès. C'est bien sûr la vente de Marvel aux studios Disney pour 4 Milliars de dollars (!).

Et là, on a tous senti une grande gêne. On ne savait pas trop pourquoi d'ailleurs. D'un côté on se dit tant mieux pour eux. De l'autre on a le spider-sens qui titille sans que l'on soit capable de mettre exactement le doigt sur ce que cela implique vraiment.


Maintenant que l'on a un peu de recul faisons un petit bilan.


Disney censure t-il Marvel
?
Probablement pas.
La toute première crainte, était que Disney fasse subir des contraintes éditoriales sur le contenu des comics. Car oui, Disney c'est la chaine ABC, c'est les Jonas Brothers, c'est Narnia et c'est une boite avec de fortes valeurs conservatrices et chrétiennes.
L'inquiétude est peut être légitime, mais au final elle n'est pas vraiment fondée, Disney possède Miramax qui produit les Tarantino et plein d'autres œuvres subversives. Au final c'est une boite commerciale avant tout qui n'a pas l'intention d'aliéner son public. Seul le temps permettra vraiment de dire s'il il y a eu des changements profonds dans la politique éditoriale. Ce que je ne crois pas. Le Punisher tue toujours des gens et Wiccan n'a pas encore été exclu des Young Avengers.

Disney place t-il ses produits chez Marvel ?
Oui, hélas.
Pour le moment ce n'est pas trop voyant, ni même gênant. Juste, ceux qui ont lu les derniers spider-man en VO ont pu constater un changement dans le costume (temporaire, je vous rassure).

Comme la comparaison est flagrante avec une des dernières productions Disney, Dan Slott le scénariste blague là dessus. "De quoi j'ai l'air" demande Spidey dans son nouveau costume. "A une promo pour le tout nouveau Tron" répond Black Cat.
Ah ah! quelle référence opportune! Ils font ostensiblement de la pub sous forme de product placement qu'ils intègrent dans le scénario même du comics. Mais comme ils savent que nous ne sommes pas dupes, ils essayent de tourner ça au second degré en espérant que cela soit perçu comme un "clin d'œil" plutôt que pour ce que c'est vraiment : un coup de pub au détriment de l'histoire.
C'est le genre de truc que à la limite on aurait pu pardonner si le scénario n'était pas aussi merdique. Je pèse mes mots.

On va espérer que les pubs imposées par Disney se limitent dorénavant aux variant covers. Car voir nos super-héros qui changent leurs costumes pour faire plaisir à Disney, ça flirte avec le racolage.

Disney va t-il influer sur la qualité des comics ?
Oui. Mais en fait non. En fait c'est déjà trop tard.
C'est parce que les scénarios de Marvel sont devenus pourris que Marvel à pu se vendre à Disney. Car la vraie censure s'est opérée bien en amont de la fusion.

Est ce que vous pensez sincèrement qu'une boîte qui vend des bandes-dessinées peut valoir 4 milliards de dollars. 4 milliards de dollars. 4 milliards de dollars!!!!

La réponse est non. La vérité est que Marvel a quelque part cessé d'être entièrement dans le business de la publication de comics. Ce que fait Marvel maintenant c'est du commerce de franchises.
Il faut que quand le type qui sort du cinéma soit capable de repérer les similitudes entre la BD et le film. Et malheureusement on ne peut pas écrire sur des personnages comme on écrit pour des franchises. Une franchise est un personnage statique, condamné à rester toujours dans le même cadre. Il ne peut pas grandir et ne pourra jamais évoluer. Il ne pourra jamais, par exemple, se marier...

One More Day est la conséquence évidente de ce bouleversement dans la série. Ce sont les films qui ont bousillé la série sur papier. Peter Parker a bien vendu son âme, mais pas à Mephisto, à un démon aux grandes oreilles.
Bien entendu, cela s'est produit avant le rachat de Marvel par Disney. Joe Quesada a en amont formaté sa boîte pour la rendre plus compatible avec les exigences de l'entertainment. Il a fait en sorte que Marvel soit achetable, et cela au détriment de la qualité de sa série principale. C'est un peu ça vendre son âme. D'ailleurs si Joe Laisse sa place à Alex Alonso, il ne quitte par Marvel pour autant. Il est promu "Chief Creative Officer". En quoi ça consiste ? C'est tout ce qui n'est pas l'aspect papier des comics. Film, tv, etc... L'aspect franchise quoi.
Donc au final, ma conviction est que Disney ne changera rien. C'est déjà trop tard. Mon article est assez amer et enfonce des portes ouvertes, je l'avoue.

Ce qu'il faut retenir est que Marvel reste toujours capable de produire de très bonnes séries. Beaucoup de comics valent vraiment le coup et la boite est toujours habitué par des gens talentueux. C'est juste que quand je lis Spider-Man, je me dis que certaines séries continueront à payer la rançon de leur succès.